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	<title>Le Pays Emergent &#187; Chronique</title>
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	<description>Le portail de l'émergence au Bénin</description>
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		<title>Chronique de Roger Gbégnonvi: Non pas la paix mais justice et paix</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Dec 2010 23:33:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lepays</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>           En temps de crise ouverte, comme en ce moment en Côte d’Ivoire, ou de tension perceptible, comme en ce moment au Bénin, le mot de paix se retrouve soudain sur toutes les lèvres et s’entend partout. Les gens au pouvoir en deviennent friands. Pour faire fort et crédible, l’on convoque dans le box des colombes la fine fleur des prophètes de Dieu, au rang desquels dans nos pays africains, Jésus-Christ et Mahomet. Et l’on oublie volontiers que l’un et l’autre n’ont jamais envisagé la paix sans la justice. ‘‘Cherchez la justice, et la paix vous sera donnée par surcroît’’, semblent-ils dire à l’unisson. L’on oublie que c’est à coup de bâton que Jésus a chassé du temple les marchands, fauteurs d’injustice traités par lui de brigands. L’on oublie le quatrième pilier de l’Islam, la Zakat, qui n’est pas l’aumône apitoyée mais l’obligation de partager pour que soient équité et justice entre les hommes que Dieu a créés.</p>
<p>            Le problème avec l’équité et la justice, c’est qu’il faut y aller, se mettre en marche, au risque parfois de sa vie, comme un Mandela ou un Martin Luther King, dont le prix Nobel de la Paix s’appelle en vérité le prix Nobel de la Justice. Le Mahatma Gandhi, qui a beaucoup marché pour la justice, est mort trop tôt, a été trop tôt assassiné, sinon il se serait vu attribuer le prix Nobel de la Paix, c’est-à-dire de la Justice. Il est donc fort malhonnête d’écrire le mot de paix sur les murs et le macadam, de le marteler dans tous les discours à la télévision en temps de crise ou de tension en croyant ou en laissant croire que la paix c’est l’inaction, le statu quo, la résignation, l’acceptation du sort dont nous aurait accablés Dieu, Lui qui a voulu la Zakat et laissé son Fils accabler les professionnels de l’injustice attroupés dans son Temple.</p>
<p>            Le Président Houphouët-Boigny avait tout compris lorsque, de son vivant, il répétait cette formule heureuse devenue le logo de Fraternité-Matin, le quotidien gouvernemental ivoirien : ‘‘La paix n’est pas un mot, c’est un comportement’’. Oui, tout à fait. Se comporter, agir l’action de la justice pour la paix, sinon c’est la guerre qui s’installe. Et la guerre n’est pas le contraire de la paix, c’est la résultante de l’injustice. Qui veut la guerre promeut l’injustice, et qui veut la paix promeut la justice. Sortir donc des sentiers battus pour se demander ce qu’a promu Houphouët-Boigny pendant plus de trente ans de règne sans partage pour qu’après lui soit le déluge de la division et de la guerre. A-t-il vraiment, pendant plus de trente ans, acheté le silence des mécontents à coup de coupures de banque et étouffé parfois quelque révolte dans une violence elle-même étouffée ?</p>
<p>            Si nous faisons de la paix un mot d’inaction pour inviter les spoliés á s’en aller dormir tranquilles, c’est la guerre qui peut s’ensuivre et se révéler à nous comme une action dévastatrice, fracassant tout sur son passage y compris la justice qu’elle veut rétablir. Car la guerre pour la justice est un leurre et un contre-sens, et c’est pourquoi un leader conscient et responsable ne doit jamais prêter le flanc à l’injustice au risque de pousser á la guerre son peuple en quête de justice. Car alors, à côté des charniers de Yopougon et d’ailleurs, toute Basilique pieusement dédiée à Notre-Dame de la Paix devient grotesque et cynique.</p>
<p>            Comme peut être objectivement grotesque et cynique la grève sans service minimum des centres de santé béninois. Qu’a-t-on fait du serment d’Hippocrate ? Est-on infirmier ou médecin pour laisser souffrir et mourir les malades ? Certes non ! Mais quand on le rappelle à l’infirmier béninois en grève sans service minimum, il vous parle de l’injustice de son salaire qui ne lui sert plus qu’à vivoter et il vous informe gravement : ‘‘Telle personne, que vous connaissez et qui ne travaille pas, vient de s’acheter une villa à 350 millions f CFA. Son seul mérite est d’être proche du pouvoir’’. Légende ou vérité ? Que lui conseiller s’il le croit ?</p>
<p>            Les hommes et les femmes sont humains, et notre terre n’est pas une jungle. Mais l’injustice peut les transformer en bêtes féroces et rendre notre terre infernale. Il est à Rome, au Vatican, un Dicastère dont feu cardinal Bernardin Gantin fut le Préfet : il s’appelle Justice et Paix. Et tout est là dans notre quête de la paix, tout est là dans cette conjonction : la justice d’abord, et la paix nous sera nécessairement donnée, comme par surcroît.</p>
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		<title>Chronique de Roger Gbégnonvi : CETTE INVITATION QUI NOUS FAIT SI MAL A TOUS</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Jun 2010 19:47:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>paysemergent</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
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		<description><![CDATA[Si l&#8217;invitation en question n&#8217;est pas reprise, rapportée, annulée de quelque façon d&#8217;un commun accord entre la France et les pays concernés, dans le respect mutuel de la dignité de chacun, il se produira sur les Champs-Élysées le 14 juillet 2010 une grande humiliation pour l&#8217;Afrique noire à travers les anciennes colonies françaises qui auront [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si l&#8217;invitation en question n&#8217;est pas reprise, rapportée, annulée de quelque façon d&#8217;un commun accord entre la France et les pays concernés, dans le respect mutuel de la dignité de chacun, il se produira sur les Champs-Élysées le 14 juillet 2010 une grande humiliation pour l&#8217;Afrique noire à travers les anciennes colonies françaises qui auront accepté, au motif de cinquante ans d&#8217;indépendance, de laisser défiler leurs armée aux côtés de l&#8217;armée française. Jamais la France n&#8217;aurait dû nous envoyé une telle invitation. Elle ne l&#8217;enverrait pas à l&#8217;Algérie ou au Vietnam, et elle sait pourquoi. Si elle nous l&#8217;a envoyée à nous autres, c&#8217;est, au fond, par manque de considération pour nous. C&#8217;est dommage, mais il est difficile de voir cette invitation autrement que sous l&#8217;angle du mépris. Elle rappelle trop la Françafrique comme lieu de pratiques humiliantes de la part de la France à l&#8217;encontre de ces anciennes colonies en Afrique noire. Et puisqu&#8217;il en est finalement des individus comme des pays, la France doit savoir qu&#8217;elle ne se grandit pas à ce jeu-là, elle ne se grandit pas à nous piétiner et à nous piéger, à nous faire tomber dans les traquenards de l&#8217;indignité. Si l&#8217;invitation n&#8217;est pas annulée, si elle est &nbsp;&raquo;honorée&nbsp;&raquo;, quel spectacle le 14 juillet 2010 sur les Champs-Élysées ! Le retour anachronique, grotesque et absurde des &nbsp;&raquo;tirailleurs sénégalais&nbsp;&raquo;. Au temps de cette formule englobant tous les nègres qui combattaient aux côtés de la France, les a-t-on jamais vus défiler un 14 juillet sur les Champs-Élysées ? Sinon pourquoi cinquante ans après les indépendances ? Et le comble au passage des anciens tirailleurs, ce sera quelque voix s&#8217;élevant de la foule des spectateurs pour énoncer &nbsp;&raquo;sales nègres&nbsp;&raquo; ou &nbsp;&raquo;singes d&#8217;Afrique&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Jamais les pays d&#8217;Afrique noire concernés n&#8217;auraient dû songer à accepter cette invitation. A supposer un seul instant qu&#8217;elle leur fût adressée, l&#8217;Algérie et le Vietnam l&#8217;eussent rejetée avec la dernière énergie. N&#8217;iraient-ils pas jusqu&#8217;à en faire un casus belli, c&#8217;est-à-dire l&#8217;occasion d&#8217;un grave incident diplomatique ? La puissance invitante aura porté atteinte à leur honneur et à leur dignité. Est-il vraiment exagéré d&#8217;imaginer que la réaction de ces deux pays eût été outrée à ce point ? De toute façon, quelque chose cloche dans cette invitation. Et si elle est consommée comme l&#8217;on consomme un péché, quelque chose de nous sera atteint le 14 juillet 2010 sur les Champs-Élysées à Paris. Une défaite morale. Nous serons allés ou retournés piteusement à Canossa. Nos indépendances, auxquelles dans notre for intérieur nous croyions si peu, cesseront d&#8217;exister après ce défilé de la soumission et de la honte sur les Champs-Élysées. Nos cinquante d&#8217;indépendance, dont nous nous avouons que ce furent cinquante ans d&#8217;errance, se dissoudront en pantalonnade et en indignité sur les Champs-Élysées. Il faudra tout recommencer. Mais qu&#8217;avons-nous jamais commencé pour nous assurer qu&#8217;en recommençant nous ferons mieux, nous améliorerons la donne ?</p>
<p>Il serait trop long, polémique et périlleux de répondre à cette question. Laissons-la donc et revenons à l&#8217;invitation pour dire à son sujet ce qui nous paraît la seule vérité : cette invitation nous fait très mal à tous, mal aux pays africains qu&#8217;elle humilie, mal à la France qu&#8217;elle ne grandit pas en l&#8217;enfonçant dans la Françafrique,. Au moment où l&#8217;on célèbre les 70 ans de l&#8217;Appel du général de Gaulle, cette invitation qui nous fait si mal à tous nous interpelle, nous appelle inopinément à un examen de conscience. La France va-t-elle piétiner indéfiniment ses anciennes colonies tout en les appelant, ironiquement ou cyniquement, des partenaires au développement ? Et quel développement ? L&#8217;Arlésienne ! Les anciennes colonies françaises vont-elles croupir indéfiniment comme &nbsp;&raquo;enfants placés&nbsp;&raquo;, jamais émancipés, toujours prêts à recevoir des coups et à dire &nbsp;&raquo;merci patron&nbsp;&raquo; ? Cette invitation, qui nous fait si mal à tous, nous appelle inopinément à une double résistance : résistance française à une arrogance atavique, résistance africaine à une résignation atavique. La rencontre de ces deux atavismes peut donner naissance à un monstre qui ne dit pas son nom. Puisse cette invitation, qui nous fait si mal à tous, nous révéler le nom du monstre et nous inciter à prendre ensemble les chemins pour le stigmatiser et le sortir de nos comportements. On peut s&#8217;aider.</p>
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		<title>Chronique de Roger Gbégnonvi : Appel aux candidats à changer de langage pour changer la vie</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Jun 2010 09:23:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>paysemergent</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans notre pays, le Bénin, de grands politiciens, incapables toutefois de s’élever à la hauteur de quelque Hegel, Kant ou Marx, s’évertuent apparemment à barboter dans la vase des formules et slogans qui les rabaissent et rabaissent leurs électeurs potentiels à des choses petites, tristes et misérables. Naguère ces grands hommes politiques nous incitaient]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans notre pays, le Bénin, de grands politiciens, incapables toutefois de s’élever à la hauteur de quelque Hegel, Kant ou Marx, s’évertuent apparemment à barboter dans la vase des formules et slogans qui les rabaissent et rabaissent leurs électeurs potentiels à des choses petites, tristes et misérables. Naguère ces grands hommes politiques nous incitaient, à mots couverts ou découverts, à voter soit le sang soit le ventre, c’est-à-dire pour le fils du terroir si incompétent qu’il puisse être. Nous en étions à ces considérations stomacales et carnassières lorsque, l’autre jour à Adjara, sans nous prévenir le moins du monde, certains d’entre nos politiciens ont décidé de descendre plus au fond en nous invitant à passer maintenant au registre salivant et scatologique. 1- ‘‘Votre salive a beau être amère, vous ne prenez pas dans votre bouche la salive de l’autre pour l’avaler à la place de la vôtre.’’ 2- ‘‘Vous ne laissez pas un membre d’une autre famille enterrer le cadavre d’un membre de votre famille.’’</p>
<p>Ces deux truismes furent lancés du haut du tréteau comme nouveaux slogans électoraux, ils furent énoncés en langue fongbe pour être compris de la majorité des auditeurs qui, du reste, s’y reconnurent tout à fait. C’est leur sagesse terre-à-terre qui les a produits, et ils étaient particulièrement heureux de constater que de grands politiciens de leur région vibraient avec eux au même diapason des vérités premières, telluriques, évidentes, fondamentales, universelles et éternelles. Un malotru passant par là aurait hurlé à l’adresse du docteur qui parlait que toute personne ayant le sens du goût se débarrasse de sa salive amère et ne l’ingurgite point, et que le macchabée, qui a perdu tout sens, ne se soucie absolument pas de l’identité de qui l’envoie sous terre pour y être rongé par les vers. Mais ce malotru hurlant se serait fait redresser les bretelles, les grands politicien et le docteur orateur auraient invité la foule à le conspuer, à crier haro sur le bodet. Et la foule aurait obéi aux grands politiciens ressortissants de sa région, cette foule qu’à chaque élection présidentielle les grands et petits politiciens caressent dans le sens des poils, cette foule qui n’est pas allée à l’école et qui est restée collée au sol dans le soleil des champs qu’elle gratte recroquevillée au-dessus de la houe de Mathusalem, cette foule que les grands politiciens ne veulent pas voir et pas faire évoluer. Car alors qui voterait encore pour eux ?</p>
<p>Or il faut précisément ne s’adresser à la foule que pour tenter difficilement d’élever son niveau de science et de conscience, tenter de lui proposer de monter difficilement la pente et non de se laisser rouler paresseusement et dangereusement vers le bas. C’est évidemment un crime de lèse-humanité que commettent ici nos grands et petits politiciens en s’adonnant consciemment à cette basse besogne de bassesse et d’abaissement du peuple. Crime conscient car ils savent la vérité et qu’en lieu et place des bassesses électoralistes, ils devraient engager le dialogue avec la foule sur deux sujets par exemple. 1- Que faire de toute urgence pour doter nos villages d’infrastructures de base pour qu’ils cessent des zones de non vie ou de vie au rabais ? Que faire de toute urgence pour que nos jeunes gens et jeunes filles, titulaires d’une maîtrise, ne finissent pas comme conducteurs de taxi-moto ou revendeuses de cartes de crédit ? Deux sujets qui doivent préoccuper toute formation politique au Bénin, deux sujets qui doivent préoccuper tout candidat à la plus haute fonction de l’Etat au Bénin.</p>
<p>Voilà pourquoi il sera expressément demandé aux candidats coalition ABT, FCBE et Union fait la Nation (c’est l’ordre alphabétique) d’exercer de toute urgence un effort surhumain sur eux-mêmes pour élever le niveau du débat en changeant d’abord de langage. Avec les mots de vérité viendront les choses essentielles. En parlant avec leur électorat potentiel de problèmes sérieux, ils se verront obligés d’envisager avec lui de vraies solutions à nos problèmes les plus cruciaux. Ce ne sera pas facile, ce sera même périlleux pour certains candidats. Mais c’est la seule voie de salut pour eux-mêmes et pour nous tous avec eux. Voilà pourquoi il est urgent que soit entendu cet appel aux candidats à changer de langage pour changer la vie.</p>
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		<title>Chronique de Roger Gbégnonvi : Enseignant à la retraite, le devoir continue</title>
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		<pubDate>Tue, 25 May 2010 08:17:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>paysemergent</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Manchette]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour soutenir un ami enterrant un des siens, le petit convoi s’ébranle de Cotonou le vendredi qui a précédé la Pentecôte pour n’y retourner que le mardi qui l’a suivie. Quatre jours pleins de voyage dont on a profité pour se faire les hôtes impromptus et bienvenus de vieilles connaissances tout le long du trajet jusqu’aux portes de Savê.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour soutenir un ami enterrant un des siens, le petit convoi s’ébranle de Cotonou le vendredi qui a précédé la Pentecôte pour n’y retourner que le mardi qui l’a suivie. Quatre jours pleins de voyage dont on a profité pour se faire les hôtes impromptus et bienvenus de vieilles connaissances tout le long du trajet jusqu’aux portes de Savê. Une randonnée funéraire que se sont offerte quatre retraités pour combler, comme à l’accoutumée, une fin de vie devenue sans objet et sans distraction digne d’estime. Rien que de très normal lorsque l’on considère que les gens se défoulent ainsi tous les week-ends. A fortiori un week-end long !</p>
<p>Rien que de très normal jusqu’à ce que l’on considère que sur les quatre randonneurs funéraires, trois étaient des enseignants à la retraite. Et pourquoi pas ? Oui, mais quand les choses se gâtent, c’est lorsque la réflexion s’en mêle, cette réflexion qui, à l’instar de ‘‘la folle du logis’’ qu’est l’imagination selon La Fontaine, s’en va se nicher où on l’attendait le moins pour donner, par exemple, le raisonnement suivant, raisonnement que l’on prendra avec des pincettes s’il paraît tiré par les cheveux, ou que l’on rejettera carrément s’il paraît irrecevable.</p>
<p>Voici donc. Si le menuisier du village et la vendeuse de cacahouètes devant son établi décident de prendre leur retraite (une idée qui ne leur traverse jamais la tête parce qu’ils n’ont pu cotiser nulle part pour prétendre un jour à être payés à se reposer), ils deviennent semblables au poète selon Malherbe, ‘‘pas plus utile à la nation qu’un joueur de quilles’’, et peuvent donc se ruiner la santé à courir d’un enterrement à l’autre derrière les macchabées. Au contraire de ces deux-là, menuisier et vendeuse de cacahouètes, et au contraire d’autres ordres de métier, tout enseignant à la retraite continue d’être un trésor dans un pays en construction tel que le nôtre, un trésor à solliciter et à exploiter. Et si personne n’y songe pour lui, l’enseignant à la retraite doit y songer lui-même, savoir que, pour lui, le devoir continue dans la mesure où notre pays en devenir doit pouvoir encore compter sur lui pour son devenir.</p>
<p>A la retraite davantage que lorsqu’il était en activité, l’enseignant est habilité à aider sa nation en devenir parce qu’il dispose d’une expérience longue et unique, ayant été en contact durant toute sa carrière avec la génération que l’on a coutume justement d’appeler l’avenir du pays. S’il se trouve, à l’heure de sa retraite, certains de ses anciens élèves et étudiants sont à des postes de décision et désireux de bénéficier de ses avis et conseils. Il doit pouvoir les leur prodiguer généreusement et judicieusement, ayant pris du recul par rapport à l’agitation quotidienne et ayant une vue plus globale, voire plus désintéressée des choses. Il doit pouvoir prodiguer avis et conseils à tous, parce qu’il se sera accordé du temps pour réfléchir et analyser beaucoup mieux qu’il ne le faisait au temps où il était confronté aux cours à préparer et à dispenser, aux exercices à composer et aux copies à corriger. Il doit pouvoir prodiguer avis et conseils généreusement et judicieusement à tous parce que mieux que tous il a l’habitude de la réflexion, l’habitude de s’intéresser aux autres au travers de ses élèves et étudiants, l’habitude de l’altruisme qu’il faut pour se pencher vers l’autre dans le but de lui indiquer les voies et moyens pour lui de se relever s’il est à terre, d’aller plus loin et plus haut s’il est debout, de changer de direction si celle qu’il a prise conduit à une impasse.</p>
<p>Vu sous cet angle, le rôle de l’enseignant à la retraite paraît irremplaçable dans nos nations en devenir ; il est celui de l’ancien qui connaît les gens, qui a pris la mesure des choses, et qui a pris la mesure du temps. S’il ne le joue pas pour nous, ce rôle, dans notre nation en devenir, qui d’autre le jouera ? Personne ! Son collègue européen ou nord-américain, parce qu’il en a les moyens dans une société depuis longtemps constituée et structurée, prend son bâton de pèlerin et va de pays en pays à la découverte du monde en attendant l’ultime appel du destin. C’est une récréation que l’enseignant béninois à la retraite ne peut pas encore s’offrir et qu’il ne doit pas non plus remplacer par la marche forcée le week-end derrière les macchabées. Comme force de réflexion et de proposition il doit se considérer encore. Pour lui, jusqu’à la seconde et dernière retraite, le devoir continue.</p>
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		<title>Chronique de Roger Gbégnonvi: Discipline irradiante de la Sœur directrice</title>
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		<pubDate>Thu, 20 May 2010 23:48:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>paysemergent</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqué]]></category>
		<category><![CDATA[Manchette]]></category>

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		<description><![CDATA[S’il est un défaut qui semble coller à la peau des Béninois, qui les désole eux-mêmes, qui ressemble à une seconde nature devenue, un fait culturel béninois, c’est le retard comme point nodal et fait saillant de leur indiscipline notoire, donnée elle-même comme appartenant à leur nature de Béninois. Fadaise, bien entendu car, en dehors [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>S’il est un défaut qui semble coller à la peau des Béninois, qui les désole eux-mêmes, qui ressemble à une seconde nature devenue, un fait culturel béninois, c’est le retard comme point nodal et fait saillant de leur indiscipline notoire, donnée elle-même comme appartenant à leur nature de Béninois. Fadaise, bien entendu car, en dehors du bégaiement, de l’épilepsie et quelques autres malheurs, le mensonge, la paresse, le larcin, etc., sont des défauts acquis. Et à propos du retard béninois, c’est bien de seconde nature devenue qu’il s’agit, à combattre donc pour revenir à l’originelle nature de la parole donnée et respectée.</p>
<p>A la campagne, où le temps n’est ni compté ni mesuré, nos parents en sont toujours à la précision de l’ombre portée des arbres et des cases à l’aune de ‘‘quand le soleil sera arrivé à tel endroit’’. Cette précision ne devient pas seulement aléatoire mais inexistante quand il pleut ou que les nuages recouvrent l’horloge de Dieu. De toute façon, elle n’est pas fonctionnelle la nuit. Mais ce qui est à retenir essentiellement, c’est l’élan initial de nos parents à la précision.</p>
<p>Elan que l’on retrouve chez nous-.mêmes, sortis des villages, et qui avons toutes sortes de montres pour être à l’heure de jour et de nuit, parce que l’homme a tôt compris que s’il n’organise et n’apprivoise l’informel du temps, ses entreprises sont vouées à l’échec. L’on se souvient qu’au lendemain immédiat de l’indépendance, le Dahoméen, fonctionnaire, savait être à l’heure, comme s’il le tenait du maître colonisateur qui venait de lui remettre les clés de la maison. Le marxisme militarisé du PRPB, avant de se transformer en bamboula pour apparatchiks et de se terminer en eau de boudin pour le peuple, aura renoué avec quelque chose de la ponctualité coloniale ou, tout simplement militaire. Aujourd’hui encore, au temps du retard devenu fait culturel, les parents conduisent leurs tout petits rigoureusement à l’heure à l’école, c’est-à-dire avant l’heure, parce que à 8 h 00, la  Sœur directrice ferme le grand portail d’entrée pour ne le rouvrir qu’au son de la cloche à midi. De même, les Béninois et Béninoises candidats à voyager outre-mer sont à l’aéroport deux heures avant l’envol comme il est exigé ; si l’avion peut se permettre quelque retard au décollage, c’est son affaire et pas la leur, vu qu’il ne les attendra pas au cas où eux se le permettraient.</p>
<p>Voilà pourquoi il est mensonger et injurieux que le Béninois se présente lui-même ou qu’on le présente comme congénitalement non ponctuel. Sa non ponctualité devenue comme un fait culturel n’a rien de naturel et n’est que faussement culturelle, occasionnellement, voire ponctuellement culturelle. Car, si par charité faussement chrétienne, la  Sœur directrice avait décidé de ‘‘comprendre les gens’’ en laissant le grand portail ouvert en permanence, elle recevrait jusqu’à 11 h 45 des enfants poussés par leurs parents en retard pour des raisons qui feraient pleurer la Sainte Vierge Marie elle-même à cause de leur infinie tristesse. Et les avions attendraient, pour voler, que Papa et Maman aient fini de ‘‘saluer rapidement’’ leur belle-fille sous perfusion à cause d’un palu détecté la veille de leur voyage.</p>
<p>La morale de l’histoire :- Comme les Allemands, les Américains et les Japonais, les Béninois sont prêts à toute discipline, à toute ponctualité et à tout développement dès qu’ils auront à leur tête des dirigeants qui ne se prélasseront point en voitures climatisées, gyrophares en fête et sirènes liesse, ignorant superbement et paresseusement la discipline irradiante de la Sœur directrice. Car toute habitude se prend. Surtout les bonnes. Elles se prennent chez les autres. Et la Sœur directrice a bien raison d’inculquer dès la base la ponctualité aux tout petits par le biais de leurs parents qui savent les conduire à l’heure à l’école à cause de sa tranquille fermeté. C’est plus tard, à l’âge adulte, que les choses se gâtent, parce que les gens n’ont plus de vrais chefs et oublient de se transformer eux-mêmes en vrais chefs pour l’honneur de l’homme. Les professeurs d’université qui commencent leur cours avec dix minutes de retard au maximum, ont toujours leurs étudiants à l’heure parce qu’ils se disent que ‘‘celui-là, on ne le comprend pas, mais il est sérieux, il commence ses cours à l’heure’’. Sérieux et ponctuel comme la Sœur directrice avec sa discipline irradiante.</p>
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		<title>Chronique de Roger Gbegnonvi:Cinquante ans de tamis pour pas grand-chose</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Apr 2010 08:29:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>paysemergent</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p> ‘‘Le présent n’a pas d’avenir en Afrique.’’ Est à jeter à la poubelle en tout cas le présent africain de cinquante ans de dite indépendance, qui n’a rien connu du ‘‘in’’ privatif. Et quand on parle de choses pour la poubelle, il ne faut pas penser nécessairement au genre Bokassa, Mobutu, Eyadema, etc., avec, ici, une dictature sanglante et ses hommes et femmes jetés vivants dans la lagune de Bè, avec, là-bas, une dictature également sanglante faite en plus de brigandages échevelés et de gâteaux d’anniversaire amenés de Paris par la flotte présidentielle, avec, plus loin, un empire grand-guignolesque, anthropophage, et qui se sert de la canne impériale pour crever les yeux aux écoliers affamés. Ces présents des cinquante ans d’indépendance dite sont nés dans la poubelle et doivent y rester, et c’est en vain que des fils, ici et là, prennent la relèves des papas fantasques et sanguinaires pour prolonger à l’infini le crime. Il n’y a pas d’infini, il y a le crime qui crève l’œil et sur lesquels nous dons refermer la poubelle pour que leur senteur de putréfaction ne vienne pas flotter sur les temps nouveaux. Or donc, le présent qu’il faut mettre à la poubelle, qu’il faut rajouter aux choses déjà dans la poubelle, et dont on ne se doute pas nécessairement de la putréfaction, c’est ce présent apparemment présentable, fait de Senghor l’agrégé, qui ne s’est jamais consolé de ce que, sur les bords de la Seine, l’on ne l’ait jamais pris pour un homme à part entière, nonobstant l’agrégation de grammaire. Il a beau avoir intégré le club parisien des immortels et être mort français dans l’Hexagone, l’Hexagone, qu’il servit bien sa vie durant, lui fit bien comprendre qu’il ne fut jamais qu’un bon garçon de course, en oubliant de se faire représenter officiellement à ses obsèques en terre sénégalaise. Une délégation officielle, ce n’est pas pour la valetaille, autorisée à venir se faire soigner ‘‘chez nous’’ jusqu’à ce que mort s’ensuive. Mais de grâce, qu’elle aille se faire enterrer chez elle L’Afrique est bonne pour les os destinés à blanchir. Exit donc Senghor avec toutes les littératures de frustration qui font à l’Afrique noire l’âme pleurnicharde et demanderesse de l’aide, encore de l’aide, toujours de l’aide. Et il y a aussi Houphouët le Bélier, littéralement cousu d’or, de l’or massif de la représentation du bélier son animal totem, de l’or massif de son cercueil à ce que l’on dit. Dans son village, natal où les planteurs ne sont pas abonnés à la messe dominicale des catholiques, il a élevé l’équivalent de la Basilique Saint-Pierre de Rome, dont il a fait don au Saint-Père qui ne le lui a rien demandé. Quand on arrive à de telles extravagances au milieu de la savane, c’est sûr qu’il y a du bon pour la poubelle. Malgré la légende qui veut qu’il se soit éteint finalement chez lui, précisément le jour anniversaire de ladite indépendance, Il est bien mort où ils meurent tous, car nonobstant la basilique et sa rutilance, il n’y avait pas et il n’y a toujours pas chez lui un hôpital digne de ce nom et capable de dispenser les soins dont avait besoin son auguste personne. Du moins n’avait-il pas de lui-même une mince opinion. Il se considérait comme un roi qui ne devait pas connaître son successeur de son vivant. Fort de quoi, il a laissé la guerre en héritage au peuple. Et toutes les poubelles du monde ont vocation à accueillir joyeusement de telles putréfactions qui nous cachaient leur nom. Faut-il vraiment faire mention aussi du cas Albert-Bernard converti en Omar ? Les parturientes de la capitale accouchaient et accouchent à même le sol. Lui-même, respectueux de la tradition de ses pairs africains, est allé rendre l’âme dans le luxe hispanique et non hexagonal, car ils ont le choix du luxe pour mourir. Non, on ne fera pas mention nécessairement du cas Omar, car il faudrait ramener aussi tous les sages d’Afrique, encensés par leurs maîtres à l’extérieur pendant que ou parce qu’ils faisaient le malheur des peuples à l’intérieur. A la poubelle donc sans discussion, tant il est évident qu’il faut aller ailleurs. Ailleurs mais où ? Il suffit pour l’instant de savoir que ‘‘le présent n’a pas d’avenir en Afrique’’ et qu’il faille déménager maintenant après cinquante ans de tamis, lequel tamis nous a révélé que nous avions affaire à de la putréfaction avancée parfois cachée sous des dehors recevables. Il faut en finir avec le présent pour inventer l’avenir. C’est ce qu’il y a à faire.</p>
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		<title>Chronique de Roger Gbégnonvi :Les enfants, la rue et la suite</title>
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		<pubDate>Wed, 31 Mar 2010 00:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>paysemergent</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
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		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Une semaine durant, la cité béninoise a brui de la colère des enfants dans la rue pour crier leur ras le bol de tous ces adultes dont les querelles syndicales les empêchaient depuis longtemps d’aller à l’école de façon sensée. Interdits pratiquement de cours et voyant leurs jeunes vies s’étioler déjà entre les quatre murs de la maison des parents, écoliers et collégiens ont fait mouvement vers et dans la rue.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une semaine durant, la cité béninoise a brui de la colère des enfants dans la rue pour crier leur ras le bol de tous ces adultes dont les querelles syndicales les empêchaient depuis longtemps d’aller à l’école de façon sensée. Interdits pratiquement de cours et voyant leurs jeunes vies s’étioler déjà entre les quatre murs de la maison des parents, écoliers et collégiens ont fait mouvement vers et dans la rue. Il faut croire qu’ils ont été vus et entendus puisqu’un arrangement est intervenu entre gouvernement et enseignants pour que s’ouvrent les portes de l’école. C’est heureux. Et l’on doit savoir gré aux artisans de cet arrangement et souhaité qu’il débouche incessamment sur une solution à très longue durée.</p>
<p>Cette descente de nos enfants dans la rue n’est pas, hélas, un phénomène nouveau. Et l’on dira que les mêmes causes produisant les mêmes effets, les régimes du PRPB et du changement se font dans le domaine un clin d’œil dangereux, établissent entre 1989 et 2010 un pont indésirable, le pont du présent sombre pour tous et de l’avenir bouché pour les enfants. En 1989, la tension fut telle qu’une balle réelle atteignit mortellement un enfant aux mains nues. Il n’y eut pas un tel drame récemment en mars 2010, mais l’on peut dire qu’il y a eu un pas nouveau qui pourrait se révéler lourd de conséquences pour la suite.</p>
<p>En effet, alors que sous le PRPB les enfants descendirent dans la rue en rangs serrés sous la poussée des adultes eux-mêmes unis par un même mot d’ordre, récemment, en mars 2010, il descendirent dans la rue, en rangs compactes certes, mais sous la poussée d’adultes dont le mot d’ordre n’était pas nécessairement unitaire. Il semble y avoir eu, d’un côté, les enfants poussés à manifester contre leurs maîtres pour le gouvernement, de l’autre, les enfants poussés à manifester contre le gouvernement pour leurs maîtres. Les casseurs débutants et rapidement maîtrisés proviennent sans doute des deux camps.</p>
<p>Le véritable problème, ce sont les enfants du premier camp, ceux poussés à manifester contre leurs maîtres. Non pas qu’il faille enseigner aux enfants une espèce de malin plaisir à taper sur le gouvernement. Mais ce dernier a l’avantage, si l’on ose dire, de n’avoir pas de visage précis. Ceux qui le composent, y compris le Chef de l’Etat, sont de passage dans une fonction que d’autres assumeront demain. Telle n’est pas la situation des maîtres. De passage eux aussi, certes, mais d’un passage de longue durée. A la fin des grèves et des manifestations, maîtres et écoliers, professeurs et élèves se retrouveront face à face. Et même hors de toute délation, l’atmosphère pourrait être chargée à l’idée entretenue par le maître qu’en face de lui les traîtres sont un certain nombre, à l’idée entretenue par certains enfants qu’en face d’eux se trouve quelqu’un qui n’a pas l’estime de leurs parents. Ce face-à-face empli de soupçon n’est pas qu’une hypothèse d’école à partir du moment où des adultes auront essayé de dresser des enfants contre leurs éducateurs.</p>
<p>L’éducation est un métier (ce n’est pas le mot juste) délicat qui, au niveau de l’école et du collège, a besoin que celui qui l’exerce soit au-dessus de tout soupçon aux yeux des apprenants et que ses défauts reconnus soient ceux de tout maître passablement sévère, un peu injuste parfois et pas toujours compréhensif. Ce sont là des défauts qui n’entament pas la confiance indispensable entre le disciple et le maître, au lieu que l’on a fragilisé voire détruit cette confiance en poussant les enfants à manifester contre leurs maîtres. C’est grave.</p>
<p>Il n’est déjà pas admissible de soumettre les enfants à des années scolaires approximatives, pas blanches mais grisâtres. De telles années accumulées finissent par ne leur conférer qu’une formation terriblement tronquée. A ce danger déjà là, les adultes n’ont pas le droit d’ajouter celui du soupçon entre maîtres et disciples, car ce serait catastrophique. La proximité entre enfants dans la rue et enfants de la rue est suffisamment grande pour nous faire éviter tout risque de gonfler les rangs des seconds par les rangs des premiers. L’effort doit être à éviter absolument l’une et l’autre situation : pas d’enfants dans la rue et pas d’enfant de la rue car, dans les deux cas, la suite pourrait être insupportable pour demain.</p>
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		<title>Chronique de Roger Gbégnonvi :BARACK OBAMA SOIXANTE-DIX-SEPT ANS APRES</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Mar 2010 10:34:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>paysemergent</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Manchette]]></category>

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		<description><![CDATA[Au commencement de l&#8217;assurance maladie pour tous au Etats-Unis n&#8217;était pas Barack Obama, mais un autre président démocrate, Franklin Delano Roosevelt, qui échoua à faire passer la réforme, comme devaient échouer après lui d&#8217;autres présidents démocrates dont Kennedy et Clinton. Le premier mandat de Roosevelt datant de 1933, cela faisait donc 77 ans, le dimanche [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Au commencement de l&#8217;assurance maladie pour tous au Etats-Unis n&#8217;était pas Barack Obama, mais un autre président démocrate, Franklin Delano Roosevelt, qui échoua à faire passer la réforme, comme devaient échouer après lui d&#8217;autres présidents démocrates dont Kennedy et Clinton. Le premier mandat de Roosevelt datant de 1933, cela faisait donc 77 ans, le dimanche 21 mars 2010, que les Démocrates couraient après cette réforme qui fait peur aux Américains (48 % d&#8217;entre eux y restent opposés à ce jour) compte tenu de ce qu&#8217;ils considèrent comme la pierre angulaire de leur credo citoyen, à savoir le moins d&#8217;Etat possible dans le fonctionnement quotidien de la cité. Cette doctrine sacro-sainte fait passer la réforme que vient d&#8217;opérer l&#8217;administration Obama pour une grosse faille socialiste, voire communiste, à l&#8217;intérieur du bastion du capitalisme intégral où c&#8217;est chacun avec son paquet de dollars. Mais les Démocrates, plus proches des classes moyennes, se sont aperçus depuis longtemps que, malgré leurs avoirs en dollars, beaucoup d&#8217;Américains (environ 32 millions) sont laissés sur le bord de la route quand se posent à eux de graves problèmes de santé. Et Barack Obama aura eu le mérite de réaliser le rêve démocrate de faire de l&#8217;assurance maladie un droit pour tous et non plus un privilège pour ceux qui en ont les moyens.</p>
<p>Entré dans l&#8217;histoire des Etats-Unis et du monde du simple fait de son élection, Barack Obama vient de prendre une place à part dans l&#8217;histoire de son pays du fait de l&#8217;adoption, sous sa présidence, de la réforme instaurant l&#8217;assurance maladie pour tous. Il faut nuancer, bien entendu, et on l&#8217;a fait, en indiquant d&#8217;entrée de jeu que Barack Obama n&#8217;était pas seul, qu&#8217;il y avait avec lui depuis soixante-dix-sept ans la longue cordée des Démocrates soucieux que l&#8217;Etat Fédéral vînt en aide aux moins riches, et que le vote enfin positif du 21 mars était l&#8217;aboutissement d&#8217;une longue et agissante tension vers l&#8217;adoption de cette réforme cruciale. Ceux qui aiment les symboles verront d&#8217;ailleurs dans 77 le signe de l&#8217;accomplissement.</p>
<p>Accomplissement arrivé par Barack Obama parce qu&#8217;il a fait de cette réforme sa &nbsp;&raquo;Légende Personnelle&nbsp;&raquo; et un défi à relever dès son entrée à la Maison Blanche. C&#8217;est en travaillant avec les communautés à la base dans les milieux déshérités de Chicago qu&#8217;il a côtoyé la pénurie au cœur de l&#8217;abondance, rencontré la grande pauvreté dans cette Amérique qui lui a tout donné. Il le raconte avec beaucoup d&#8217;émotion dans &nbsp;&raquo;L&#8217;audace d&#8217;espérer&nbsp;&raquo;. C&#8217;est pour mieux aider les petits et les humbles rencontrés sur son chemin qu&#8217;il est allé étudier le droit à Harvard, qu&#8217;il s&#8217;est fait élire sénateur sur le plan local et ensuite sur le plan fédéral et qu&#8217;il est entré en campagne pour conquérir le Bureau Ovale de la Maison Blanche. Depuis qu&#8217;il a croisé les pauvres, il a toujours cherché le moyen de mieux les aider, il a toujours recherché l&#8217;endroit d&#8217;où il pourrait les aider au mieux. Belle constance. Belle endurance.</p>
<p>Barack Obama est l&#8217;exemple vivant de l&#8217;homme politique qu&#8217;il nous faut partout en Afrique, celui qui n&#8217;entre pas en politique pour s&#8217;enrichir mais pour enrichir les autres, qui n&#8217;entre pas en politique pour se servir mais pour servir. Le bon Dieu se souvient que Michelle n&#8217;aimait pas les élans politiques de son mari, élans qui leur faisaient perdre beaucoup d&#8217;argent alors qu&#8217;ils en gagnaient tout juste assez pour vivre avec leurs deux filles. Pour ne pas désespérer sa femme, Obama se lança dans l&#8217;écriture de son premier livre en se promettant d&#8217;en faire un succès de librairie qui rapporterait au jeune ménage un supplément de revenu. Ce fut &nbsp;&raquo;Les rêves de mon père&nbsp;&raquo;, c&#8217;est-à-dire &nbsp;&raquo;les rêves que je fais à partir de (from) mon père&nbsp;&raquo;. Son père qu&#8217;il a à peine connu, qui ne l&#8217;a pas élevé, lui aura-t-il raconté qu&#8217;il les a abandonnés, sa mère et lui, pour aller se mettre au service des siens au pays natal ? Peut-être. Et peut-être est-ce la source de la flamme intérieure qui l&#8217;anime et le pousse à agir et à prendre toutes sortes de mesures pour réduire les frontières de la misère et de la guerre.</p>
<p>Puissent les Africains de la jeune génération regarder vers Barack Obama pour rêver à partir de lui l&#8217;Afrique de nos vœux, l&#8217;Afrique à bâtir dès maintenant en 77 lunes et soleils de tension agissante et généreuse d&#8217;une belle &nbsp;&raquo;Légende Personnelle&nbsp;&raquo;.</p>
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		<title>Chonique de Roger Gbégnonvi : UN MILLIARD D&#8217;AFRICAINS POUR QUEL DESTIN ?</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Dec 2009 13:27:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>paysemergent</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
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		<description><![CDATA[A vrai dire, nous n&#8217;avons pas applaudi mais sommes restés abasourdis à l&#8217;annonce de la naissance qui nous a arrondis. Non pas qu&#8217;il y avait un quelconque bonheur pour nous dans un face-à-face éternel avec le chiffre 9 aligné 9 fois au seuil du 0 aligné 9 fois et précédé du chiffre 1 pour basculer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A vrai dire, nous n&#8217;avons pas applaudi mais sommes restés abasourdis à l&#8217;annonce de la naissance qui nous a arrondis. Non pas qu&#8217;il y avait un quelconque bonheur pour nous dans un face-à-face éternel avec le chiffre 9 aligné 9 fois au seuil du 0 aligné 9 fois et précédé du chiffre 1 pour basculer dans le milliard alarmiste. D&#8217;ailleurs était-ce possible ? A supposer que l&#8217;on ait pu commettre le plus méchant des cerbères à la tâche du massacre systématique de chaque innocent fatidique, il n&#8217;aurait pas pu empêcher un petit malin de passer un jour par derrière lui et d&#8217;échapper au tranchant de son épée. Et le milliard fatal serait advenu. De toute façon, voici le Rubicon franchi. Voici le milliard d&#8217;Africains. Pour quel destin ?</p>
<p>La question se pose car, quand nous étions 300 millions au sud du Sahara (le milliard advenu est pour l&#8217;ensemble de l&#8217;Afrique) au lendemain des indépendances, nous n&#8217;avons pas pu, en cinquante ans bientôt, montrer de grandes performances. En matière de leaders pour nous guider au sens noble du terme, si l&#8217;on excepte Mandela, Sankara, Lumumba, et deux ou trois autres, nous avons surtout engendré des gens dont le petit-fils aujourd&#8217;hui se nomme Dadis. Les richesses de notre sous-sol restent exclusivement identifiables par les Occidentaux qui en disposent à leur guise et fixent le montant des retombées qu&#8217;ils nous payent  en terme de royalties. D&#8217;une façon générale, ce que nous appelons notre agriculture n&#8217;a pas quitté l&#8217;ère de la houe de Mathusalem. Et la plupart d&#8217;entre nous ne savent ni lire ni écrire aucune des langues du monde. Il eût fallu insister sur la production. Nous avons préféré porter l&#8217;accent sur la reproduction. Et nous voici aujourd&#8217;hui, au sud du Sahara, sans doute 600 millions sur le milliard d&#8217;Africains, soit au moins le double de notre nombre au départ des indépendances. De se souvenir qu&#8217;entre 1960 et 2009, le Bénin est passé de 1.500.000 habitants à 8.000.000 d&#8217;habitants environ donnera une certaine idée du bond réalisé en matière de reproduction.</p>
<p>Si ce bond, qui caractérise l&#8217;ensemble de l&#8217;Afrique pour porter aujourd&#8217;hui sa population au milliard fatidique est pour le même destin, ce ne sera pas en tout cas le statu quo ante, puisque cela voudra dire davantage de Dadis, plus d&#8217;enfants de la rue, des péripatéticiennes plus nombreuses et plus engageantes, davantage de sidéens sur fond de paludisme avec anophèle résistant désormais à tous les produits pharmaceutiques, davantage de forêts détruites, plus d&#8217;années blanches dans l&#8217;enseignement, plus de jeunes gens au chômage, affamés et prêts donc à toutes les aventures guerrières n&#8217;ayant plus rien à perdre, plus de gens refoulés ou noyés à Lampedusa, etc. Ce n&#8217;est ni un vie ni un destin.</p>
<p>Il revient à la génération montante de prendre conscience qu&#8217;en l&#8217;état actuel des choses en Afrique au sud du Sahara, elle monte vers plus de catastrophe encore. Elle le sait d&#8217;ailleurs, puisque de plus en plus de quadragénaires, qui plafonnent sans être montés et qui ne voient pas d&#8217;issue à la situation, se demandent s&#8217;ils doivent rependre le chemin de l&#8217;exil avec leurs diplômes pour aller encore s&#8217;essayer là-bas. La quadrature du cercle puisque, au même moment, quelques autres quadragénaires quittent précipitamment l&#8217;exil et reviennent ici au motif que, &nbsp;&raquo;là-bas, il n&#8217;y a plus rien en dehors du pain du mépris que l&#8217;on vous distribue au quotidien&nbsp;&raquo;. Ils déconseillent donc fortement à leurs congénères diplômés et désespérés par la situation ici de refaire le chemin à l&#8217;envers. Kafka n&#8217;a rien vu !</p>
<p>Lors donc que l&#8217;on dit &nbsp;&raquo;prendre conscience&nbsp;&raquo;, cela doit vouloir dire autre chose que le blabla habituel. Autre chose, mais quoi ? On ne le sait pas soi-même. Sauf à suggérer qu&#8217;il est grand temps d&#8217;accorder nos actes avec nos paroles consignées dans les actes de nos innombrables séminaires, qui disent tous les mêmes vérités, savoir que nous ne pouvons pas être analphabètes et prétendre au développement, que nous ne pouvons pas être le continent le plus riche du monde et dépendre de l&#8217;aide au développement, que nous ne pouvons pas nous développer en ayant érigé la mauvaise gouvernance en règle de gouvernance.</p>
<p>Alors grand &nbsp;&raquo;temps de se ceindre les reins comme un vaillant homme&nbsp;&raquo; &#8211; comme une femme forte &#8211; ? Sans doute.</p>
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		<title>Chronique de Roger Gbégnonvi : ANATHEME, OUKASE ET FATWA</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Nov 2009 16:48:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>paysemergent</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Depuis très longtemps, le Vatican a renoncé à l&#8217;anathème. Mais avant qu&#8217;il n&#8217;y renonce, beaucoup de croyants et de non croyants en sont morts, condamnés à être brûlés vifs pour avoir déplacé ou avoir été soupçonnés de déplacer quelque virgule du texte réputé sacré, réputé Parole de Dieu, laquelle Parole est néanmoins revue et réaménagée [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis très longtemps, le Vatican a renoncé à l&#8217;anathème. Mais avant qu&#8217;il n&#8217;y renonce, beaucoup de croyants et de non croyants en sont morts, condamnés à être brûlés vifs pour avoir déplacé ou avoir été soupçonnés de déplacer quelque virgule du texte réputé sacré, réputé Parole de Dieu, laquelle Parole est néanmoins revue et réaménagée périodiquement par les seuls Saints-Pères prononçant lettres encycliques sur le monde urbi et orbi. Pour que les Flammes de la Sainte Inquisition ne le livrent pas aux flammes de l&#8217;Enfer, Copernic a dû renier vaillamment l&#8217;évidence de sa trouvaille, savoir que c&#8217;est la terre qui tourne autour du soleil, et non pas l&#8217;inverse, comme le laisse entendre allégoriquement la Sainte Bible.</p>
<p>Non loin du Vatican et des Saints-Pères, il y avait Saint-Pétersbourg et les Tsars. Ceux-ci émettaient des oukases qui n&#8217;étaient pas sans ressemblance avec les anathèmes. Quand oukase s&#8217;abattait sur paysans récalcitrants de l&#8217;empire russe, récalcitrants ou soupçonnés de l&#8217;être, il provoquait leur pulvérisation. Ces purges massives des moujiks ont cessé depuis la Grande Révolution d&#8217;Octobre suite à l&#8217;assassinat des Romanov.</p>
<p>Les Soviets, qui ont pris la relève du saint Empereur, ont bien essayé de combler le vide des oukases par de simples décisions du Bureau Politique qui rayaient de la carte de l&#8217;Union les paysans qui ne comprenaient rien à la collectivisation des terres et les prolétaires qui ne s&#8217;y entendaient pas bien en matière de Sovkhoz et de Kolkhoz, et quelques apparatchiks soupçonnés de vouloir tourner casaque. Les Soviets ont ainsi mis des tas de gens hors d&#8217;état de nuire au socialisme scientifique. Mais après 71 ans de purge des larges masses laborieuses, c&#8217;est le bon vieux capitalisme qui est revenu suite à la Glasnost, à la Perestroïka et à la &nbsp;&raquo;Maison Commune&nbsp;&raquo; du très cher Gorbatchev. Et il y a donc aujourd&#8217;hui le capitalisme pour tous avec, suspendu au-dessus des têtes, son impératif de sauve-qui-peut, qui coince parfois. Mais il n&#8217;y a plus de mort violente, il n&#8217;y a plus que la mort douce &#8211; sauf pendant les guerres &#8211; et l&#8217;humanité s&#8217;en porte vraiment bien, disons nettement mieux.</p>
<p>Il n&#8217;y a plus rien, mais il y a toujours la fatwa, sœur de l&#8217;anathème et de l&#8217;oukase, encore en activité comme un volcan en voie d&#8217;extinction. Mais en attendant l&#8217;extinction de la fatwa, à l&#8217;instar de ses ci-devant frères, l&#8217;on peut déjà revoir un peu son mode de frappe. L&#8217;on est forcément très peiné pour Salman Rushdie que l&#8217;on s&#8217;en soit pris à lui par fatwa interposée pour avoir mélangé un peu les virgules dans le texte divin. L&#8217;on ne devrait pas se servir de la fatwa contre un Indien naturalisé anglais et faisant métier d&#8217;écrivain. En revanche, partout où l&#8217;on comprend ce qu&#8217;est une fatwa, l&#8217;on devrait s&#8217;en servir pour arrêter la violence. En Guinée, pour obtenir de Dadis qu&#8217;il quitte le pouvoir dans les trois jours qui ont suivi les horreurs sur le stade de Conakry le 28 septembre 2009, assuré que Dieu n&#8217;aime pas ce que Dadis a laissé faire ce jour-là, le massacre de ses créatures et le viol de ses filles à ciel ouvert. La fatwa contre Dadis est encore possible. Une bonne fatwa aussi contre son grand frère ou père Tandja ferait également l&#8217;affaire. Non pas pour que Tandja s&#8217;en aille mais pour qu&#8217;il rétablisse tous les organes républicains et démocratiques qu&#8217;il a jetés dans le fleuve Niger, car à supposer que Dieu ne soit pas lui-même démocrate, il aime le respect de la parole donnée et que l&#8217;on respecte la volonté du peuple. Enfin, une bonne fatwa contre les kamikazes partout.</p>
<p>Telle est la direction que doit prendre maintenant l&#8217;utilisation de la fatwa. Sinon les fidèles et les infidèles finiront par croire que Dieu n&#8217;est pas amour et qu&#8217;Allah n&#8217;est pas miséricordieux, et que nos textes réputés divins ne sont que des arrangements humains pour des besoins &nbsp;&raquo;humains, trop humains&nbsp;&raquo;, des textes revus et réaménagés périodiquement par les grands fonctionnaires de l&#8217;occulte pour berner les petits et les humbles. Ils diraient aussi qu&#8217;il est curieux qu&#8217;aucun de ces livres n&#8217;ait son original dans aucune bibliothèque du monde.</p>
<p>Il faut absolument empêcher le petit reste de croyants de basculer dans la mer de feu du blasphème ou de l&#8217;apostasie, voire de l&#8217;athéisme, en enlevant à la fatwa toute sa nocivité contre les innocents qui ne méritent pas que les grands fonctionnaires du culte les persécutent.</p>
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