Le spectre de prise d’une nouvelle ordonnance pour l’exécution du budget général de l’Etat, exercice 2011 plane encore sur le régime du docteur Thomas Boni Yayi. Les députés ont annoncé les couleurs hier, en boycottant l’ouverture de la session budgétaire.
Sur les 83 députés, seuls 23 ont répondu à l’appel du président de l’Assemblée Mathurin Coffi Nago. Malgré la baisse du budget2011 par rapport à celui de 2010, les députés n’entendent plus apporter leur caution à la gestion de Yayi. Les principales hypothèses macroéconomiques liées au projet de loi de finance de 2011 visent à atteindre, entre autres, un taux de croissance de 3,5% contre 2,8% en 2010 et un taux d’inflation de 2,8% en dessous de la norme communautaire de 3%. Le gouvernement veut également atteindre un taux de pression fiscale de 18% ; un taux d’investissement public d’environ 9,1 % du PIB et enfin un solde budgétaire base ordonnancement, représentant -0,9% du PIB
Le projet de loi de finances du Bénin pour la gestion 2011 est équilibré en ressources et en charges à 1099.375 milliards CFA contre 1346.439 milliards CFA pour l’année précédente, soit une diminution de 247 064 milliards CFA correspondant à un taux de régression de 18,3 pour cent . Ce projet de budget qui vraisemblablement sera rejeté par les députés prévoit, entre autres, des ressources intérieures évaluées à 824 691 milliards CFA contre 949 994 milliards en 2010, soit une réduction de 125 303 milliards de francs correspondant à un taux de régression de 13,2 pour cent. Il découle un besoin de financement évalué à 274 684 milliards de francs, en diminution de 121 761 milliards par rapport à celui de 2010 qui était de 396 445 milliards de francs, soit un taux de régression de 30,7 pour cent. « Cette diminution du déficit s’explique par l’ambition de l’exécutif de poursuivre en 2011 l’œuvre de construction d’une économie émergente c’est-à-dire véritablement prospère ». Dans cette vision et en dépit de nombreuses contraintes, le projet de budget général de 2011 se veut réaliste et renforcera certaines mesures en cours notamment l’amélioration de la productivité, de l’agriculture et la poursuite de l’intensification de la mécanisation. Il s’agit aussi de l’intensification des aménagements hydro agricoles, du développement de l’irrigation et de l’utilisation des énergies. Ce projet consacrera également, la poursuite de la politique des grands travaux à travers la rénovation et la densification du réseau routier, la réhabilitation, la modernisation et l’extension du réseau ferroviaire, de même que la poursuite et l’extension à l’ensemble du territoire national de la politique des logements économiques. Le gouvernement Yayi ambitionne également de poursuivre la modernisation du Port de Cotonou, la reprise du trafic portuaire et des autres services misant notamment sur la fin probable de la crise économique internationale et des bonnes perspectives des relations économiques avec le Nigeria. Les efforts au niveau de l’éducation et de la santé seront également poursuivis de même que la réalisation des infrastructures et le renforcement des ressources humaines. Seulement toutes ces garanties données par le régime n’entament en rien la logique prédéfinie de la majorité parlementaire. Yayi incontestablement devra prendre une troisième ordonnance pour mettre en exécution son budget exercice 2011.


