Si l’invitation en question n’est pas reprise, rapportée, annulée de quelque façon d’un commun accord entre la France et les pays concernés, dans le respect mutuel de la dignité de chacun, il se produira sur les Champs-Élysées le 14 juillet 2010 une grande humiliation pour l’Afrique noire à travers les anciennes colonies françaises qui auront accepté, au motif de cinquante ans d’indépendance, de laisser défiler leurs armée aux côtés de l’armée française. Jamais la France n’aurait dû nous envoyé une telle invitation. Elle ne l’enverrait pas à l’Algérie ou au Vietnam, et elle sait pourquoi. Si elle nous l’a envoyée à nous autres, c’est, au fond, par manque de considération pour nous. C’est dommage, mais il est difficile de voir cette invitation autrement que sous l’angle du mépris. Elle rappelle trop la Françafrique comme lieu de pratiques humiliantes de la part de la France à l’encontre de ces anciennes colonies en Afrique noire. Et puisqu’il en est finalement des individus comme des pays, la France doit savoir qu’elle ne se grandit pas à ce jeu-là, elle ne se grandit pas à nous piétiner et à nous piéger, à nous faire tomber dans les traquenards de l’indignité. Si l’invitation n’est pas annulée, si elle est »honorée », quel spectacle le 14 juillet 2010 sur les Champs-Élysées ! Le retour anachronique, grotesque et absurde des »tirailleurs sénégalais ». Au temps de cette formule englobant tous les nègres qui combattaient aux côtés de la France, les a-t-on jamais vus défiler un 14 juillet sur les Champs-Élysées ? Sinon pourquoi cinquante ans après les indépendances ? Et le comble au passage des anciens tirailleurs, ce sera quelque voix s’élevant de la foule des spectateurs pour énoncer »sales nègres » ou »singes d’Afrique ».
Jamais les pays d’Afrique noire concernés n’auraient dû songer à accepter cette invitation. A supposer un seul instant qu’elle leur fût adressée, l’Algérie et le Vietnam l’eussent rejetée avec la dernière énergie. N’iraient-ils pas jusqu’à en faire un casus belli, c’est-à-dire l’occasion d’un grave incident diplomatique ? La puissance invitante aura porté atteinte à leur honneur et à leur dignité. Est-il vraiment exagéré d’imaginer que la réaction de ces deux pays eût été outrée à ce point ? De toute façon, quelque chose cloche dans cette invitation. Et si elle est consommée comme l’on consomme un péché, quelque chose de nous sera atteint le 14 juillet 2010 sur les Champs-Élysées à Paris. Une défaite morale. Nous serons allés ou retournés piteusement à Canossa. Nos indépendances, auxquelles dans notre for intérieur nous croyions si peu, cesseront d’exister après ce défilé de la soumission et de la honte sur les Champs-Élysées. Nos cinquante d’indépendance, dont nous nous avouons que ce furent cinquante ans d’errance, se dissoudront en pantalonnade et en indignité sur les Champs-Élysées. Il faudra tout recommencer. Mais qu’avons-nous jamais commencé pour nous assurer qu’en recommençant nous ferons mieux, nous améliorerons la donne ?
Il serait trop long, polémique et périlleux de répondre à cette question. Laissons-la donc et revenons à l’invitation pour dire à son sujet ce qui nous paraît la seule vérité : cette invitation nous fait très mal à tous, mal aux pays africains qu’elle humilie, mal à la France qu’elle ne grandit pas en l’enfonçant dans la Françafrique,. Au moment où l’on célèbre les 70 ans de l’Appel du général de Gaulle, cette invitation qui nous fait si mal à tous nous interpelle, nous appelle inopinément à un examen de conscience. La France va-t-elle piétiner indéfiniment ses anciennes colonies tout en les appelant, ironiquement ou cyniquement, des partenaires au développement ? Et quel développement ? L’Arlésienne ! Les anciennes colonies françaises vont-elles croupir indéfiniment comme »enfants placés », jamais émancipés, toujours prêts à recevoir des coups et à dire »merci patron » ? Cette invitation, qui nous fait si mal à tous, nous appelle inopinément à une double résistance : résistance française à une arrogance atavique, résistance africaine à une résignation atavique. La rencontre de ces deux atavismes peut donner naissance à un monstre qui ne dit pas son nom. Puisse cette invitation, qui nous fait si mal à tous, nous révéler le nom du monstre et nous inciter à prendre ensemble les chemins pour le stigmatiser et le sortir de nos comportements. On peut s’aider.


Vraiment je suis depasse par ce que je viens de lire.Pourquoi serait il humiliant aux pays africains de defiler au cote d’une puissance comme la France.En tout cas pour moi en aucune maniere ca ne diminue les peuples africains si telle est que de facon reciproque l’armee francaise peut faire le meme deplacement au cote des pays africains concernes.Ceci releve d’une cooperation militaire car je pense qu’il va de l’interet des peuples quelque soit leur niveau de vie,de s’associer et de creer des mesures essentielles qui leur permettent de garantir leur securite commune.Ceci peut etre vu comme une demontration de cooperation par les observateurs mondiaux.Ne voyons toujours pas le mauvais cote des choses monsieur les journalistes.Voyons plutot l’interet et les inconvemients qui peuvent y avoir.Comme inconvenients par exemple moi je dirai que ceci peut etre dangereux si la france en tant que Grande Puissance ne tient pas compte des avis de leurs allies par rapport a une decision de guerre expliquant un rapport de force en faveur de la France.Ceci est faible pour le moment alors rien n’empeche de saisir cette Grande opportunite qui s’offre aux nations africaines.Une Puissance reste une Puissance mais la Souverainete des autres nations est inviolable.