Le quatrième gouvernement de Boni Yayi tant attendu vient d’être une réalité. Vendredi dernier, Boni Yayi a rendu public la liste de sa nouvelle équipe gouvernementale qualifiée par certains de gouvernement de bataille pour les présidentielles de 2011. Principale remarque est que le nombre de poretefeuilles ministériels n’a pas changé et pire encore la promesse des 40% de femmes n’a pas été respecté. Mais, des changements ont été effectués au sein de l’équipe. Pendant que huit anciens ministres ont été déposés , huit autres ont fait leur entrée au gouvernement. Cette nouvelle équipe pourra t-elle comblée les attentes de Boni Yayi dans la bataille pour le maintien au pouvoir en 2011 ? c’est la question qui revient sur toutes les lèvres au lendemain de la promulgation du nouveau gouvernement. Pour l’instant, il serait difficile de trouver avec certitude une réponse à cette interrogation. Mais quand on fait une analyse , on réalise que politiquement le nouveau gouvernement n’est pas à la hauteur des espérances. Pour appréhender la chose, il suffit juste de voir un peu, l’ossature de ce gouvernement. Même si l’expérience politique de certains ministres au sein de ce gouvernement n’est plus à démontrer, tout le monde est aussi unanime sur le fait qu’au sein de ce même gouvernement beaucoup sne valent moins qu’une plume sur le plan politique. Il faut dire que la nomenclature du nouveau gouvernement de Boni Yayi laisse beaucoup d’inquiétudes. On a tendance à croire que Boni Yayi à travers ce remaniement a voulu d’abord faire plaisir aux anciens présidents de la République du Bénin en l’occurrence le Général Mathieu Kérékou et le président Emile Derlin Zinsou. Ceci se traduit par la nomination de Madame Claudine Prudencio, proche du président Zinsou et de Modeste Kérékou fils du président Kérékou.
Modeste Kérékou, un modèle pour la jeunesse ?
L’autre question qui revient aussi dans les esprits est comment Modeste Kérékou et Réyckiath Madougou vont-il désormais se regarder? Quand on sait qu’au lendemain de la publication de l’ouvrage « Mon combat pour la parole», un roman dans lequel Réyckiath Madougou place le Général Mathieu Kérékou au cœur des scandales de corruption et de détournement de deniers publics. Pour défendre et sauvegarder l’honneur de son père, Modeste Kérékou s’en est pris violemment à Madougou. Il s’est même promis de porter l’affaire devant la justice. Mais si aujourd’hui l’affaire est restée sans suite et que ce même Modeste Kérékou est appelé à collaborer avec Réyckiath Madougou au sein du gouvernement, et bien on se pose des questions . Pour devoir de mémoire, on se souvient aussi que Modeste Kérékou suite à la promulgation du troisième gouvernement de Boni Yayi avait exprimé sa déception. Puisque disait-il, « beaucoup de ministres de Boni Yayi ont des démêlés avec la justice » si aujourd’hui Modeste Kérékou a accepté de travailler avec ces hommes, on se pose aussi des interrogations. En tous cas, on ne peut vouloir une chose et en même temps son contraire. Ce comportement de Modeste Kérékou n’est pas édifiant pour la jeunesse.
Yayi, rompt-il avec l’adage « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut »?
Au lendemain de son investiture en 2006, Boni Yayi a opté au grand bonheur des Béninois à oeuvrer au respect de l’adage qui veut qu’a la place qu’il y ait l’homme qu’il faut. Quatre ans après, peut-on toujours affirmer que Boni Yayi est resté fidèle à cet engagement ? La réponse est indubitablement non. En effet, Boni Yayi à travers ce 4è remaniement ministériel l’a si bien prouvé. En nommant Grégoire Akoffodji au ministère de la justice bien que celui-ci ne maîtrise pas les rouages de la justice, on se pose tout simplement des questions. De l’autre côté, en nommant Candide Azanai, philosophe de renom au ministère de l’industrie, on réalise que Boni Yayi a rompu définitivement avec cet adage. Pourvu que ces facteurs ne jouent pas contre lui en 2011.
Cédric HOUNNOU


