Depuis la dernière déclaration du chef de l’Etat aux syndicalistes, les écoles et collèges ont été entièrement paralysés. Les enseignants ont abandonné pour de bon les enfants à leur triste sort. Sur cinq jours de la semaine, les élèves ne font cours que le vendredi et ce ci selon les humeurs de leurs éducateurs. Fatigués de rester à la maison ou de flâner dans les rues les élèves ont décidé de se faire justice. Et pour manifester leur colère ils ont à leur tour paralysé les écoles et collèges. C’est ainsi que dans plusieurs CEG de la place, les élèves ont bloqué les voies, perturbé les devoirs et les cours et livrés les vacataires à la vindicte. C’est une véritable insurrection qui a commencé à se faire sentir et s’est presque généralisée lundi dernier avec des milliers d’apprenants qui ont pris d’assaut toutes les artères de Cotonou. Ce vaste et gigantesque mouvement des enfants inquiète dangereusement au point où l’on se demande aisément quel sera le sort reservé à l’année acdémique en cours. A priori, c’est légitime. Mais au-delà il faut véritablement s’interroger sur les motifs de ces mouvements qui ne font que semer le désordre dans le monde scolaire. Une chose est sûre, les élèves sont manipulés. Ils sont poussés par des mains invisibles. Et l’objectif c’est de pousser le gouvernement à bout dans un premier temps et dans un second d’empêcher les vacataires de continuer leur travail. Les enfants qu’on dresse aujourd’hui contre un pouvoir seront les mêmes qui vont combattre leurs fabricants demain. Ces élèves sont des apprentis sorciers, plus simplement des bombes que l’on affûte et qui n’hésiteront pas à détoner dans l’avenir. Au lieu de laisser les enfants à leur besogne on les pousse à la délinquance juvénile au gangstérisme, au vol et à la mafia. Ce faisant, ce sont les normes et valeurs de la société qui sont ainsi bafouées. Et les responsables de cette barbarie sont les enseignants eux même ou les syndicalistes ou peut-être les politiciens qui ont pour but de renverser un pouvoir. Comment peut-on accepter de telles déviations alors que des gens font des efforts pour canaliser la jeunesse, d’autres transforment les lieux d’éducation en théâtres de boxe ou de vandalisme ? Devant ce spectacle désolant les parents d’élèves doivent prendre leurs responsabilités pour ne pas livrer leurs enfants à la rue.
Mathieu Dahandé


