Le Bénin court de nos jours le risque de tomber dans un versant profond si la conscience professionnelle et le patriotisme ne priment pas sur les revendications de primes. Les grèves perlées dans l’enseignement, la santé et autres prennent l’aspect d’un chantage et de prise en otage de l’Etat. Et si on n’y prend pas garde à temps, vu la grande vitesse que prend la courbe, la dérive sera vite au sommet de son art. Car toutes ces images donnent l’impression que syndicalisme est aux antipodes du patriotisme, mieux du développement. Du moment où la devise de notre pays à savoir : Fraternité- Justice –Travail semble déserter les rangs. Tous les actes compromettent le rêve d’un avenir radieux. Pour preuve les enquêtes ont prouvé et démontré par le passé que le fonctionnaire béninois fournit moins d’effort dans le service public que dans le privé. Ce qui est déjà regrettable, mais ajouté à ces frondes sociales de tous les jours la productivité de cette administration n’est que catastrophique puisque le virus de la paresse a trouvé son siège. Ceci est d’autant plus vrai qu’on se demande à quand la fin de ce triste spectacle ? On ne saurait le dire parce qu’il est tout simplement impossible à tout joueur de pronostiquer. Pour exemple, depuis une quinzaine d’années il n’y a pas une rentrée scolaire où les enseignants ne brandissent une plate forme revendicative. Mieux malgré les 25% d’augmentation salariale et les reversements, ils sont passés d’une grève de 72 heures à 96 heures depuis le lundi dernier. Une situation qui montre que même ceux qui ont plus bénéficié de l’attention du chef de l’Etat et qui en principe remercier le Bon Dieu pour l’amélioration de leur condition de vie agissent comme des affamés. Au niveau de la santé le serment d’Hippocrate est devenu le serment d’hypocrisie. Un tour dans les hôpitaux et le constat est parlant. On abandonne tout simplement les malades à leur bon vouloir. Si vraiment on aspire à devenir un pays émergent, le sacrifice doit être la lettre d’or du sommet de l’Etat jusqu’au dernier paysan. D’accord pour la liberté syndicale et la satisfaction des revendications mais comme le dit un adage populaire lorsqu’on jette un coup d’œil à la chicote, il faut aussi regarder l’enfant. On pourrait dire que tout est dû au chef de l’Etat qui s’est présenté comme le papa bonheur. A l’arrivée au pouvoir du gouvernement du changement en effet, le chef de l’Etat Boni Yayi a fait l’option de satisfaire les besoins indispensables des fonctionnaires pour aspirer à un Bénin émergent. Ainsi certaines revendications ont été satisfaites et de façon brusque à la place des arriérés salariaux, la question des primes et des reversements a fait son injonction. La plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a dit-on. Mais le président de la république dans ses voeux de promesses illimitées a été coupé par la réalité de nos ressources et la crise économique mondiale. Ce qui a amené aujourd’hui les institutions internationales de Bretton Woods : le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale à demander au gouvernement de revoir la méthode de gestion des primes. Dès lors le gouvernement du changement en particulier son chef qui a fait signifier que sa parole à un sens ne sait plus à quel sain se vouer au même moment les sit-in continuent de pleuvoir. Etant entre le marteau et l’enclume, Boni Yayi doit choisir la bonne carte. Damien Tolomissi
Revendications tous azimuts de primes : Le syndicalisme pour ou contre le peuple ?
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10 mars, 2010
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