Après le cafouillage du lundi dernier, une nouvelle plénière statue mardi sur la proposition de loi abrogeant la réalisation de liste électorale permanente informatisée LEPI. C’est donc plus ou moins certains que sont Bruno Amoussou, Idji Kolawolé et les autres vont enfin atteindre l’objectif qu’ils se sont fixés depuis quelques mois maintenant. L’opposition va pouvoir se débarrasser de cette LEPI qui plane sur sa tête comme l’épée de Damoclès ou qui la fixe comme l’œil de Caïn. D’ailleurs dans les coulisses, les barons de la machine anti-Yayi ont reconnu à plusieurs reprises que cette liste provoquera le suicide collectif de la vielle classe politique dont les manœuvres pour accéder au pouvoir ne sont plus que des secrets de polichinelle. Le système du vote sous les arbres arrange les gens qui sont sûres de contrôler à chaque fois la CENA ou de mettre en place des brigades anti-fraudes chargées de voler les cartes d’électeur, de les acheter ou de faire inscrire sur les listes les revenants, les morts et les mineurs. Il faut donc suspendre le processus de la LEPI, et c’est pourquoi Tidjani Serpos et les siens ont tout fait pour obtenir la plénière actuellement en cours. La loi sur la LEPI sera abrogée puisque ceux qui le veulent sont majoritaires. Mais le processus ne s’arrêtera pas pour autant pour des raisons toutes simples. D’abord, la proposition de loi qui abroge la LEPI a été signée selon ce qui a été dit publiquement par 44 députés. Or, il se fait que sur les 44 signatures, il y en a qui sont fausses. Le document comporte donc de fausses signatures. Ensuite, les initiateurs même de la proposition sont convaincus qu’elle est anticonstitutionnelle. Ils savent que la décision de la plénière telle qu’ils le veulent sera cassée devant la cour constitutionnelle de maître Robert Dossou; mais ils ont poursuivi leur démarche pour empêcher la mobilisation à tant du financement. Or il se fait que sur les 32 millions de dollars, environ 30 sont déjà disponibles. Il ne reste donc qu’une infirme partie. Mieux des membres de la conférence des présidents de l’assemblée nationale ont déjà révélé aux opposants que leurs recours en inconstitutionnalité sont apprêtés et tomberont dans les mains des sept sages au lendemain de l’abrogation par les députés. D’ailleurs c’est l’une des raisons pour lesquelles le chef de l’Etat a demandé des excuses après sa correspondance en irrecevabilité car sa première lettre constitue déjà un excellent recours en inconstitutionnalité contre l’abrogation de la LEPI. Enfin, à supposer que la cour constitutionnelle ne casse pas, la loi ne fait aucune obligation au chef de l’Etat quant à la promulgation de la nouvelle loi. Dans le cas d’espèce en effet, seul le président de l’assemblée nationale est habilité à saisir la cour constitutionnelle pour demander la promulgation et s’il ne le fait pas, la loi tombe dans la poubelle. Et les membres de l’union fait la nation connaissent tout cela avant même d’initier leur démarche. La loi qui abroge la LEPI est alors une loi mort-née. Du coup rien et plus rien ne peut empêcher la réalisation de la LEPI. D’ailleurs les membres de la CPS et de la Miréna sont déjà tournés vers la recherche de solution et de moyens pour réussir le recensement électoral national approfondi. Le peuple béninois et la société civile peuvent donc respirer.
Mathieu Dahandé

