Comment reconnaît- on une prostituée ?
Elles sont faciles à repérer de par leur tenue qui attire et provoque l’attention. On les reconnaît aussi par leur maquillage qui à la limite extravagante, offense l’instinct de l’homme. Très souvent, elles se regroupent par deux où trois dans un coin à l’intérieur comme à l’extérieur des résidences universitaires destinées aux filles. Tout ce cirque dans l’attente d’un « pigeon» qu’elles ont réussi à négocier dans la journée d’avant où même au cours de la soirée vient la prendre en voiture de luxe. Une petite ballade en voiture, une addition assez chère payée dans un maquis de VIP, quelques minutes de plaisirs intenses à coûts de quelques dizaines de billets verts, et après, c’est le retour vers les cabines.
Quelques causes du phénomène
Les raisons qui poussent ces «prostituées le soir et étudiantes la journée d’après» sont multiples et diverses. La première cause qu’on pourrait tenter de trouver à ce phénomène est le manque de moyens financiers. Face à cet argument, on peut se demander, sans faire d’offensé aucun, quels besoins peut avoir une jeune fille de 22 où 23 ans jusqu’à en venir à la prostitution ? Pas grande chose. Ceci pousse alors à chercher ailleurs les causes du phénomène. On peut ainsi affirmer sans doute de se tromper que les étudiantes qui se prostituent sont pour la plupart à la quête de la vie facile et aussi à la quête de gravir académiquement d’échelon sans grande difficulté. En effet, beaucoup d’étudiantes tombent sous le charme de l’argent. Toujours à la quête de mieux vivre, la vie qu’offre les résidences universitaires, elles se voient obligées de chercher cette vie opulente chez les plus nantis. Alors, d’une part la prostitution en milieu universitaire ne se fait pas entre étudiants. Mais plutôt entre étudiantes et personnes d’une classe sociale relativement riche. Une fois livrée, les filles qui se donnent à ce jeu, ont de la facilité à remplir leur garde-robe, à se tresser, bref elles arrivent à vivre au dessus des possibilités que peut offrir la vie universitaire. D’autre part, les causes de la prostitution en milieu estudiantin sont d’ordre académique. L’étudiante qui veut aller en année supérieure sans étudier cible son professeur comme la solution miracle. Elle dresse alors sur le sentier du professeur tout un programme de séduction, pour que le professeur puisse la laisser faire dans sa matière, une fois qu’elle s’est déjà donnée au professeur. C’est dire que la prostitution en milieu universitaire se fait aussi entre étudiantes et Professeurs, même si l’initiative vient toujours des étudiantes. Par ailleurs il a été aussi prouvé que certaines étudiantes se livrent à la prostitution parce qu’elles ont envie de se faire plaisir, de se défouler et même de changer d’air.
Des étudiantes réagissent à propos
- Je suis sakinatou Tchabi, étudiante en 2ème année de Droit. Vous savez, je crois que c’est tout à fait vrai que la prostitution existe en milieu estudiantin et cela se remarque d’ailleurs. Je pense que c’est une mauvaise chose dans la mesure où cela ne donne pas une bonne image dans la société, et la principale source c’est belle et bien la recherche du gain facile, ou on veut tout gagner au même moment. Alors une personne qui se donne à ce métier court le risque d’attraper les MST. Je pense que c’est un problème d’éducation d’où il revient nécessairement aux parents d’assurer l’éducation de base de leurs enfants
- je m’appelle Véronique TONOUKOUIN, étudiante en 2ème année de linguistique à l’UAC. Je pense que la prostitution existe en milieu estudiantin, et selon ce qu’on entend, ceux ou celles qui se livrent à ce plaisir disent que c’est le manque de moyen financier; donc pour subvenir à leurs besoins, ils se donnent à cette activité. Il y a aussi l’ambition démesurée qui conduit à cette étape. Ce qu’il faut faire donc, c’est d’abord l’éducation à la base c’est-à-dire depuis la maison parce que les parents aujourd’hui pour la plupart ne prennent plus leurs responsabilités, ils ne suivent plus leurs enfants pour leur inculquer les bonnes manières d’où les enfants sont livrés à eux-mêmes et nous voyons les résultats.
Ce qu’en pensent les psychologues
Votre journal, dans le but de mieux vous faire comprendre le phénomène s’est rapproché d’une psychologue. Elle explique lors de cette rencontre que la prostitution, acte par lequel une personne consent habituellement à pratiquer des rapports sexuels avec un nombre indéterminé d’autres personnes moyennant rémunération, est le plus vieux métier du monde. « Aujourd’hui, face à l’expansion de ce phénomène en milieu estudiantin béninois, le temps est à se questionner sur ce qui pousse des jeunes étudiantes à se prostituer. L’analyse de la prostitution dans notre société débouche immédiatement sur un bon nombre de sujet les uns plus épineux que les autres et qui la sous-tendent certainement » nous explique-t-elle. Dans le même contexte, elle affirmera qu’une combinaison de facteurs explique certes l’entrée dans la prostitution, dont nous trouverons une multitude de causes tel que la perte de repère, poids de la frustration dans une culture basée sur l’interdit moral, religieux et social, le manque de communication au sein de la cellule familiale, défaillance de l’éducation sexuelle, conditions socioéconomique et familiales déplorables, obligation de survenir à ses besoins à sa sortie de la maison et de faire preuve d’autonomie, relations sexuelles précoces ou des éventuels traumatismes sexuels intrafamiliales ou autre sont autant de motifs qui anticipent l’entrée dans l’univers de la prostitution ».La frustration qui en découle d’une éducation rigide fondée sur le silence, les non-dits et la répression fait que certaines personnes, se trouvant enfin en liberté loin de la pression familiale et inconscientes des dangers qu’elles encourent, livrées à elles-mêmes. « C’est à l’abri de la tyrannie masculine des siens, qu’elles n’hésitent pas à aller à la découverte du monde et notamment de la sexualité et de leur corps, domaine encore inconnu et tabou ». « Certes, gagner de l’argent n’est peut être pas l’idée de départ de ces individus, mais après, appelés à venir à bout de leurs besoins, certaines choisissent de faire commerce de leur chair ». Les origines socioéconomiques et familiales expliquent aisément chez quelques croisées le passage vers ce monde. Seulement, les motifs varient souvent selon l’histoire personnelle de la personne, nous dira notre source. La prostitution reste un problème multifactoriel nourri par une série de facteurs dont les conditions de vie miséreuses qui poussent un grand nombre de personnes à en faire de la prostitution leur gagne-pain. Notre personne ressource n’a pas manqué de donner quelques mesures préventives afin de canaliser le phénomène. C’est ainsi qu’elle affirme que « L’éducation sexuelle précoce de la population, l’initiation de campagne de sensibilisation sur les voies de protection des rapports sexuels, sur les risques encourus en cas de contact non protégés, restent des mesures indispensable afin de minimiser les dégâts de l’ignorance »
Réalisation :Janvier AHISSOU et Cédric HOUNNOU(Stags)



Je pense vraiment que votre article est très bien, vraiment très bien fait!!! Toutes mes félicitations!!!
Loin de fustiger les personnes qui se livrent à la prostitution, ce que vous avez très bien fait d’ailleurs,c’est de les amener à prendre conscience du danger qu’elles encourent en permanence avec de telles pratiques. Et comme votre psychologue l’a si bien dit, l’éducation des parents en amont reste la meilleur arme de lutte contre ce voleur d’âme qu’est la prostitution, car on se dépersonnalise de façon inconsciente, et c’est vraiment dommage en tout cas!!!
Une fois encore un grand merci pour la façon dont vous avez traité le problème!