La grève est un outil utilisé par l’employé pour revendiquer ses droits. S’il s’agit de ses droits alors la grève a toute sa raison d’être car jouir de ses droits est le vœux légitime de tout être humain.
Seulement devons-nous grèver pour des fins politiques ? Ya-t-il intérêt aux grévistes de grève en rangs dispensés dans la même corporation pour être réellement satisfaits ? Dans le milieu scolaire, nous distinguons plusieurs catégories d’enseignements exerçant curieusement les mêmes fonctions mais dans de différentes conditions. Certains ne seront-ils pas être tentés d’envier d’autres ? A qui la faute ? Le pouvoir politique qui devrait être l’arbitre social est malheureusement essoufflé aujourd’hui. La conséquence directe de cet essoufflement est que le désordre bien organisé se crée sans qu’il n’y ait personne pour y remédier. Pourquoi existe-t-il des enseignants communautaires, des contractuels locaux, des contractuels d’Etat, des contractuels locaux en voie de renversement, des vacataires permanents, des vacataires simples, des titulaires et que nous savons nous encore ? Les thèmes existent en bonne quantité industrielle pour saper la morale dans la corporation. Comment rallier des intérêts divergents pour mener des luttes ardues pour amener le pouvoir politique à prendre ses responsabilités ? La réponse à cette question étant inexistante, des syndicats divers sont crées pour donner de l’eau au moulin aux manœuvres machiavéliques de l’Etat. Ne dit-on pas souvent que l’union fait la force ? Cette pluralité de syndicats avec des intérêts divergents ne fait qui encourager l’Etat à ne pas démordre. Car une grève dans la même corporation peut créer la cessation de toute activité chez certaines catégories d’enseignants et d’autres nullement. Là, les apprenants sont lésés et la formation va au rabais. Quel tort ces enfants ont-ils commis ?
Des enfants du même toit peuvent si certains sont chanceux bénéficier des cours selon leurs catégories d’enseignants et d’autres malchanceux non. Des fous même, ils sont des candidats aux divers examens. Ou alors, il y a grève et priorité est donnée aux classes d’examens. L’enfant dont la formation est bâclée dans les classes intermédiaires aura-t-il un bâton magique pour réussir en classe d’examen ? Ou alors les classes d’examen développent t-elles une autre capacité d’assimilation abracadabrante chez les apprenants ? Pourquoi tant de discrimination avec des conséquences fâcheuses qui ne font réveiller personne de son sommeil dogmatique ? Choses compatriotes, où allons-nous ? La réponse est difficile mais essayons sinon l’histoire nous demandera des comptes.
Il vaut mieux risquer pour prendre des décisions courageuses pour amener l’Etat ou les acteurs de l’éducation à prendre leurs responsabilités. Evitons les grèves perlées répétitives qui ont déjà déréglé la psychologie des apprenants qui ne souhaitent que grèver pour aller à de véritables grèves. Car une bonne et consensuelle grève à l’instar de celle des cheminots dans « Les bouts de bois de Dieu » peut révolutionner des choses qui ont besoin d’être révolutionnées dans l’intérêt supérieur de la nation. Evitons les grèves partisanes, les grèves d’intérêts égoïstes et l’individualisme à outrance pour tenir un langage de vérité. Ce qui est regrettable, le peuple qui devrait être le témoin oculaire et auditif de tout est sous informé et même mal informé. Alors un travail sérieux s’impose à la base pour qu’ensemble parent d’élèves et enseignants de tous ordres s’unissent afin de réclamer des droits légitimes dans l’intérêt supérieur de plusieurs générations d’enfants qu’on est entrain de sacrifier.
Romain BOCO
Psychologue, Professeur de philosophie



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