Bientôt la majorité des Etats africains va se sacrifier à la tradition en commémorant la date victoire, celle de la libération du joug colonial c’est-à-dire les indépendances. Puisqu’il s’agira des cinquante années d’indépendances, l’évènement aura une empreinte spéciale et servira de cadre aux manifestations grandioses et aux flots de discours auxquels les dirigeants ont habitués les populations pour dresser le bilan d’un demi siècle d’autonomie interne – externe . Mais la question qui revient souvent sur les lèvres et qui est d’ailleurs légitime est de savoir ce que les Etats africains ont fait de ces 50 années d’indépendances. Acquise au prix de luttes acharnées, la souveraineté internationale des Etats africains est l’expression de l’esprit nationaliste dont ont fait montre les intellectuels du continent dans le temps pour sortir l’Afrique de la servitude. Aux lendemains de ces indépendances le continent était secoué par une kyrielle de crise politico-militaire. Cette situation d’instabilité politique ambiante et permanente qui prévalait a plongé le continent dans un marasme économique. Très tôt la liesse des populations est transformée en désenchantement total. Et les dirigeants semblent donner raison aux propos du général de Gaul : Ceux qui voudront de l’indépendance l’auront avec toutes ses conséquences immédiates et futures. Les choix et les stratégies politiques en matière économique conçus non sur des bases objectives prenant compte des réalités socio- culturels n’ont résistés à la crise des années 80. Ainsi les Programmes d’Ajustements Structurels (PAS) imposés par les institutions de Breton Wood aux Etats ont révélé au grand jour leur limite à l’avènement de cette crise. Plus qu’un tsunami la crise vient exacerber les douleurs et frustrations des peuples qui au niveau interne avaient déjà mare des régimes dictatoriaux en prolifération sur le continent. L’instabilité politique n’a pas permis aux Etats de créer et de redistribuer les richesses. A cela vient s’ajouter l’improvisation des dirigeants dans l’élaboration des plans et politiques de développement. C’est dire donc que de 1960 à 1990 les Etats ont passés tout le temps à trouver d’issue aux différentes formes de coup de forces enregistrés un peu partout sur le continent . Au début des années 90 un vent de démocratie souffla légèrement sur les pays à travers l’organisation des conférences vives des nations qui devraient permettre de tourner définitivement dos à la dictature, à l’autocratie et surtout au monopartisme. On aurait pensé dans un premier temps que le continent profiterait de cette nouvelle forme de gouvernance pour instituer des projets porteurs de développement basés sur la priorité des priorités, mais hélas. Les programmes de société ne comblent pas toujours les attentes des peuples. La non légitimité des pouvoirs entraine de plus en plus des situations de crises qui replongent les Etats dans des conflits interminables. D’aucuns parlent de la toile de pénélope ; l’eternel recommencement. Au cours des vingt dernières années des avancées significatives ont été tout de même enregistrées sur le continent. Chaque Etat a essayé de consentir un minimum d’efforts pour améliorer sa performance sur les objectifs du millénaire pour le développement. Mais le comportement belliqueux des dirigeants ne présage pas de bonnes choses pour les 50 années avenirs. N’est il pas temps pour que les dirigeants qui changent les constitutions à la veille de l’expiration de leur mandat pour s’éterniser au pouvoir prennent conscience de l’enjeu, N’est il pas également temps que l’Afrique passe à l’unité du continent pour s’imposer sur la scène internationale. Nous avons passé 50 ans à chanter les Etats unis d’Afrique et jamais nous n’avons osé. 50 ans après les indépendances on pourrait dire que l’Afrique est toujours dépendante.
Nicodème NANGBE (stag)



50 de mesquinerie de dilapidation des biens publics et d’enrichissement illicite des hommes politiques de notre pays. Nous jeune prenons le pouvoir il faut organiser des la tuerie de ceux là qui ont fait et font toujours notre malheur.