La lutte contre la corruption est l’un des points forts de la gouvernance prônée par le président Boni Yayi. C’est pourquoi à sa prise de fonction en avril 2006, tout le peuple béninois a fondé son espoir sur ce dirigeant qui a opté pour une gestion efficiente des affaires de la république. Mais les attentes ont-elles été comblées ? Il est difficile de répondre avec exactitude à cette question. Sinon la première impression, c’est que la lutte contre la corruption a échoué. N’empêche qu’il faut retenir une chose très importante dans le cadre de cette lutte : c’est le travail on ne peut plus sérieux qui a été et qui se fait encore au niveau des mentalités. Tous les béninois savent désormais que celui qui corrompt ou accepte d’être corrompu est condamnable. N’est-ce pas une avancée ? bien sûr mais ce que veulent les béninois, c’est le concret. Depuis 2006, la loi sur la lutte contre la corruption reste en souffrance au niveau du parlement. Ainsi aucun texte légal ne contraint le citoyen au bon comportement. Malgré les efforts du chef de l’Etat le train de vie du gouvernement reste élevé et les diversions économiques ne manquent pas. L’évocation l’affaire Cen-Sad peut éveiller les esprits. Les audits qui devaient conduire les pilleurs de l’économie nationale devant la justice sont toujours rangés aux tiroirs alors que les personnes concernées circulent librement dans le pays. L’homme qu’il faut à la place qu’il faut n’est plus la règle du jeu politique qui se joue désormais autour de la négociation, des arrangements et compromissions, des sentiments et des intérêts personnels des seuls politiciens au détriment de la masse. Le ministère de la réforme administrative qui devait servir de relais pour les actions du chef de l’Etat n’a fait que du dilatoire pendant tout le temps avec des méthodes archaïques et désuètes. En clair la lutte ne porte pas encore ses fruits. Mais jusqu’à quand allons-nous attendre ? L’interrogation demeure et ralentit les performances du changement. Boni Yayi doit redresser la pente.
Mathieu Dahandé


