Les joueurs de l’Aspac football club seraient sans salaire depuis quelques mois. Cette situation aurait ammené certains d’entre eux à vendre leurs chaussures. Voilà les rumeurs qui courent actuellement. Et pour démentir ces allégations, le président de la section football Aspac, Dieudonné Bocco a réagi vendredi dernier. C’est à travers un entretien qu’il nous a accordé au quartier général (Qg) de l’équipe, quelques heures avant leur départ pour Parakou, dans le cadre des matches de la 7ème journée de la ligue1 professionnelle de football.
-Monsieur le président, quelle est la situation actuelle au sein de votre club ? Deux mois à peine et les joueurs sont sans salaires ?
-(Réaction vive) Et, écoutez, ça fait mal que la presse qui devrait aller au delà l’information, sans faire l’enquête, se livre à ces genres d’intoxication. C’est aberrant. Je dirai même une diffamation. Je regrette que l’information ait été traitée de cette manière.
De quoi s’agit-il exactement ?
-Demandez aux joueurs, s’ils sont sérieux envers eux mêmes, si le Port leur doit salaire. Nous sommes aujourd’hui, le 4 décembre (Ndlr : vendredi). Ils ont déjà perçu leur salaire du mois de Novembre. Chez nous on ne parle pas d’arriérés de salaire.
Dans le cadre de la nouvelle réforme du championnat professionnel, nous avons entrepris certaines réformes qui visent à se conformer au cahier de charges. Ainsi, nous avons élaboré un nouveau budget qui a été soumis à la direction générale, à notre ministère de tutelle et puis au ministère des finances. Et vous savez bien que moi la lenteur de l’administration béninoise. Donc, suivant cette nouvelle réforme, et pour se conformer au cahier de charge de la ligue, le salaire brut d’un joueur de l’Aspac pourra s’élever à environs 183. 000 francs, excepté leur hébergement. Et que dire des primes de motivations ? Tout match gagné à domicile est à 10.000. Match gagné à l’extérieur15.000. Match nul 5000. Mais, en raison de la lourdeur administrative, nous avons dit qu’il faut continuer de les payer sur l’ancienne base. Des joueurs sont à 75. 000F, 60.000F, 50.000F et 40.000F. Aucun joueur, à Aspac n’est payé à 30 ou 35.000F. Et déjà à partir du 28 du mois, ils sont payés. Qu’est-ce qu’il faut encore faire ? Je défie quiconque. Aucune équipe ne fait encore cet effort. Et ce n’est pas rien. Nous voulons faire plus et dès que la situation sera régularisée au plus haut niveau, on essayera de leur donner leur reliquat.
Alors, que retenir ?
- A l’Aspac, aucun joueur n’a d’arriérés de salaire. Et c’est en cela que je voudrais demander à vous journalistes, faiseurs d’opinion de nous aider. Ne suivez pas bêtement les joueurs.
Ils vous alertent quand il y a problèmes mais dès que les problèmes sont réglés, vous n’êtes plus informés. S’ils sont conscients qu’ils n’ont plus de salaire, ils n’ont qu’à demander à partir. Et nous allons les aider et procéder à leur remplacement.
Un mot pour conclure ?
-Je voudrais, pour finir, remercier l’actuel ministre de tutelle Issa Badarou qui, par le passé, c’est à dire dans les années 80, a été un ancien joueur du Port. C’est un monsieur qui comprend bien nos problèmes et qui a à cœur les problèmes sportifs du port. Je n’oublie pas non plus l’actuel directeur Albert Houngbo. Ce n’est pas facile. Ce que cette équipe de football nous coûte est énorme. Ça fait beaucoup de charges mais… Or, tel n’est pas le cas au niveau des autres disciplines sportives. Au niveau du basket-ball, le traitement n’est pas le même. Alors, je voudrais demander aux joueurs de savoir raisons gardées. Nous avons une mission à la tête de cette équipe, celle de faire en sorte qu’elle puisse se qualifier pour une compétition continentale. Et je crois qu’avec le soutien des autorités portuaires, le rêve sera possible.
Nazaire C. VIKOU


