L’évolution de la situation politique du Bénin et surtout la montée vertigineuse de l’intoxication qui s’érige peu à peu en règle de combat au Bénin a commencé à inquiéter certains patriotes. La peur de ces citoyens ne se situe pas au niveau de la bataille politique mais porte plutôt, sur le développement du pays. Martial Sounton, membre de la famille FCBE et qui rêve comme le président Boni Yayi de voir un jour le Bénin quitter son statut de pays pauvre très endetté apprécie ici la vie politique telle qu’elle se mène au Bénin. A travers un entretien qu’il a voulu nous accorder, ce consultant en gestion et en audit et homme politique donne sa vision de la politique au Bénin.
Le Pays Emergent : Mr Martial Sounton, peut-on dire aujourd’hui que politiquement le Bénin vit ?
Mr Martial Sounton : Merci monsieur le journaliste. Je voudrais avant tout remercier la presse béninoise en général et votre journal en particulier pour tout ce que vous faites pour le développement de ce pays. Votre rôle de 4ème pouvoir est à mon avis bien rempli. Pour en venir à votre question, je dirai que le Bénin vit politiquement. Et les raisons sont toutes simples : les institutions fonctionnent normalement, il y a la liberté de la presse, l’opposition la mouvance et tous les regroupements politiques ou sociaux sont libres de leurs actions. Je ne sais pas s’il en faut plus.
Vous dites que les institutions fonctionnent bien alors que certains pensent qu’elles sont prises en otage par l’exécutif ?
- Ce sont là des allégations. Et je voudrais bien que ceux qui en parlent le prouvent. En tout cas à mon avis les membres de chaque institution ont été désignés selon le mode retenu par notre démocratie. Ceux qui ne sont pas d’accord devront peut-être attendre que nous changions de mode un jour. Non je crois que c’est ceux qui n’ont pas leur intérêt qui alimentent la polémique.
Vous réfutez donc la thèse selon laquelle la démocratie béninoise serait en danger.
- Je pense que nous avons la meilleure démocratie au Bénin. Ce qu’il faut dire c’est plutôt que nous en abusons parfois. Il ne faut pas faire de la confusion et pour cela on doit retourner à l’essence même de la démocratie. Ceux qui avancent de telles choses sont conscients qu’ils veulent manipuler le peuple.
Une bonne démocratie est celle qui accepte la cohabitation entre mouvance et opposition. Seriez vous près en tant que membre de la famille politique du chef de l’Etat à accepter une opposition au régime ?
- Il faut nécessairement une opposition pour la vitalité de la démocratie. Je souhaite même une opposition bien forte, bien structurée mais une opposition formelle. Parce qu’en l’état actuel des choses, les gens jouent tous les rôles de l’opposition mais rejettent le statut avec tous les privilèges qui leur sont conférés. C’est un paradoxe. Tout ce qu’on évoque par rapport au statut ne sont que des alibis. Car, ce n’est pas le chef de l’Etat qui a écrit et voté la loi mais les députés. Et même s’il y a des problèmes je crois qu’on ne peut les résoudre qu’en appliquant d’abord ce qui existe. Le vrai problème c’est que les gens se sont pris à leur propre piège.
Pour en venir à votre famille politique Mr Martial Sounton, il parait qu’il y a le feu dans la maison.
- Ce n’est pas vrai ou alors que ceux qui le pensent me le démontrent.
Que pensez-vous alors des derniers agissements de certains membres de cette famille qui ne suivent plus les mots d’ordres : par exemple les neuf qui ont voté abstention pour le rapport d’activité du président de l’assemblée nationale et les comportements des honorables Aho Yahouédéhou et aussi de Mr Francis Aguénoukoun à Abomey ?
- C’est l’expression de la démocratie et de la liberté d’expression dans nos rangs. C’est peut-être vrai qu’il y a des mécontents et des frustrés ce qui n’est étranger à aucun groupe. Mais je ne crois pas que les actes dont vous parlez soient l’expression d’une colère. En tout cas je vous rassure que la famille FCBE se porte à merveille.
Alors Mr Martial Sounton nous sommes en fin d’année et l’une des activités les plus en vue c‘est le vote du budget de l’Etat exercice 2010. N’avez-vous pas des craintes que le document soit rejeté par les députés ?
- Pas du tout. Les députés sont des gens responsables. Et je crois qu’ils vont transcender les passions et faire preuve de clairvoyance. Ce qu’il faut savoir en effet c’est qu’on ne détruit pas un gouvernement ou un chef d’Etat. On détruit une nation. Et tout le monde doit avoir à cœur l’avenir du Bénin.
Puisque vous parlez d’avenir pour le Bénin, est-ce que vous n’avez pas peur pour la réélection du président Boni Yayi en 2011 ?
- Oui j’ai peur. J’ai vraiment peur que les béninois ne reprennent encore l’erreur de 1996. Parce que ce serait dommage pour le pays. Voilà toute ma peur. Mais là encore je voudrais compter sur les béninois et leur maturité politique.
Votre mot de fin
- Je crois au développement du Bénin ; je crois à la lutte contre la corruption ; je crois à la gestion transparente des affaires de la République ; je crois que Boni Yayi peut faire, et d’ailleurs il le montre, beaucoup de choses. Il faut lui faire confiance. Je vous remercie.
Propos recueillis par Mathieu Dahandé


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