Invité vendredi sur l’émission dossier en main, le ministre des enseignements secondaires et de la formation technique et professionnelle Bernad Lani Davo a fait le bilan de ses 1 an 15 jours passés à la tête de son département ministériel. Entre la satisfaction que lui procure l’année scolaire 2008-2009 qui s’est déroulée de façon apaisée et le vœux que celle en cours le soit aussi, Bernard Lani Davo travail à satisfaire les susceptibilités des syndicats et les contraintes d’investissements qu’exigent l’élargissement de la carte solaire qui devient de plus en plus élastique. A bâton rompu, le ministre au cours de cette émission animée par Gilles Dansou et Wabi Boukari, a, sans usé de la langue de bois parlé des mots qui minent le secteur éducatif, des réformes qu’il a engagé ou qu’il entend mettre en œuvre, du sort des établissements scolaires sanctionnés, des enseignants et de la qualité de l’enseignement et surtout l’épineux dossier de reversement.
Il est un secret de polichinelle que le système scolaire béninois est calqué sur le modèle français à quelques nuances près. Seulement au Bénin les collèges d’enseignement général dont la plupart dispense des cours d’enseignements du second degré, n’arrivent plus à remplir leur mission originelle du fait de l’amalgame terminologique entretenu par l’Etat depuis de nombreuses années. D’après le ministre Bernard Lani Davo , l’enseignement général de la 6ème en 3ème se dispense dans les collèges et la formation secondaire c’est à dire de la seconde en terminale se déroulent dans les Lycées. La gestion d’un collège est différente de celle d’un lycée a-t-il dit. Au cours de cette mission donc, le ministre Davo a manifesté son désir de séparer les collèges des Lycées afin de redonner à l’enseignement secondaire général technique et professionnel toute sa raison d’être. Il s’agira pour lui de créer des centres d’excellence que constitueront ces lycées pour donner un enseignement de qualité aux apprenants. Comme il ne peut y avoir d’enseignement de qualité sans enseignants de qualité, le dossier de reversement est en train d’être conduit en toute sérénité et d’ici fin Décembre il devrait être bouclé. Concernant le retard dans le traitement du dossier, Bernard Davo a expliqué que le traitement des 28.000 dossiers reçus nécessite un minimum de temps. Ses services techniques ont déjà effectué la part de la tâche qui leur revient. Reste seulement au ministère de la fonction publique d’évacuer le dossier. Seulement il y a beaucoup d’entraves selon le ministre. Les dossiers incomplets, l’enregistrement de gens qui ne remplissent pas les conditions doublées des grèves perlées qui minent l’administration du ministère de la fonction publique ont retardé le traitement de ce dossier. Le bout du tunnel est pour Décembre donc.
Au niveau des enseignements techniques et professionnels le ministre Davo déclare avoir entrepris beaucoup de réformes allant dans le sens de la dynamisation de ce secteur. Ainsi il a cité plusieurs projets auquel les partenaires techniques et financiers sont associés et qui visent à créer des centres de métiers dans les communes pour accueillir les jeunes qui connaissent l’échec dans le système éducatif conventionnel ou plus principalement d’assurer des formations techniques et professionnelles à ceux ayant les aptitudes pour exercer dans les différents corps de métiers pour lesquels les lycées techniques et agricoles forment. Des investissements sont en cours selon le ministre pour renouveler le plateau technique des lycées et les adapter aux mutations technologiques actuelles.
Le diagnostic des maux qui minent le bon fonctionnement de l’école béninoise a révélé des problèmes multiples et multiformes. Au nombre de ces problèmes le ministre Davo est revenu sur, l’éternel problème du manque d’enseignants et de manque d’infrastructures. En ce qui concerne le nombre d’enseignant, il avancé quelques chiffres tout en émettant des réserves sur leur fiabilité. Ainsi a-t-il dit il n’y a que 1494 enseignants APE pour 16000 au total au nombre desquels 13000 vacataires. D’où le bien fondé du reversement dans la fonction publique et la poursuite des investissements en infrastructures.
La fermeture et réouverture des établissements privés sanctionnés n’a pas été occultés dans les débats. Le ministre Davo avoue qu’il a du mal à se pardonner pour le fait que le gouvernement soit revenu sur la décision. Mais il a expliqué que le recours en grâce formulé par ces établissements qui ont reconnu leur tort mérite attention. Seulement a-t-il rappelé, le gouvernement reste ferme quant aux sanctions maintenues.
Du dialogue avec les syndicats gage d’une année scolaire apaisée
« Le dialogue social doit être maintenu… Il faut que comme l’année dernière, cette année soit apaisée. » C’est l’appel solennel que le ministre Davo a lancé à l’endroit du front des syndicats de l’enseignement. Un front dont le ministre a salué au passage le sens du dialogue et l’esprit de responsabilité qui a toujours guidé ses responsables. En témoigne selon Bernard Lani Davo, la participation du front à la session extraordinaire du comité ad hoc. Une session au terme duquel le ministre face aux 15 points contenus dans la plate forme revendicative de ses interlocuteurs, a pris des mesures pour évacuer les problèmes dont la résolution peut trouver des solutions immédiates. Mais celles dont la résolution nécessitent un délai, il a été convenu de commun accord ave le front que les structures techniques du ministère se mettront à pieds d’œuvre pour trouver de façon progressive les voies et moyens par lesquels ces revendications peuvent être satisfaits.
Davo le politique
Comme on pouvait s’y attendre il est très mal aisé pour un journaliste de recevoir un politicien de la trempe de Bernard Lani Davo sans lui poser quelques questions politiques. Ainsi la visite du chef de l’Etat dans la commune natale du ministre Davo a été l’évènement politique qui a dominé les débats. Bernard Davo a avoué que de mémoire d’homme aucun président de la République n’a jamais mis pieds à Lalo. Il a profit de l’opportunité pour remercier le chef de l’Etat pour cette faveur faite à sa commune natale.
Dieu-Donné KATAKOULA

