Mécontents aussi bien des progrès enregistrés au bout de quelques mois d’exercice du pouvoir par le Président Boni Yayi que des erreurs liées à la gestion des ressources humaines, politiques et économiques de ses proches collaborateurs, des caciques de la classe politique béninoise se sont ligués pour « chasser » du pouvoir le guide du changement. En effet, le 12 Mars 2008, tels les quatre frères Pelligrini, la vieille garde politique s’est constituée en G4 regroupant le PRD de Me Adrien Houngbédji, la RB de Rosine Soglo, le Madep Idji Kolawolé et le PSD de Bruno Amoussou. Ce regroupement a reçu la bénédiction de Force-clé de Lazare Sehouéto, de la dynamique du changement de Célestine Zannou etc.
D’un autre côté, 13 députés se sont constitués en G13. Au fur et à mesure que les frustrations grandissent, le point d’intersection de ces deux groupes se rapproche. Ainsi, leur objectif devient UN : Union fait la Nation. Bien évidemment, quand on a un ennemi commun, on s’associe pour l’abattre. Alors, il faut chasser Yayi Boni du pouvoir en 2011 quoiqu’il arrive. Est-ce une bonne stratégie ? Ont-ils bien mûri leur plan ? Cette union fait –elle effectivement la Nation ?
Une Union contre nature
La mémoire collective nous rappelle que l’échec du Président Nicéphore Soglo aux présidentielles de Mars 1996 vient principalement du refus de Me Adrien Houngbédji, le leader des Choco-choco de le soutenir au second tour ; Soglo qui a réussi à sortir le pays du marasme économique qu’il traversait. Malgré ses performances convaincantes, la classe politique d’alors a opté pour celui-là même qui a conduit le pays vers l’abime. Aujourd’hui, comme en 1996, ce même Soglo s’est mis avec celui qui l’avait poignardé dans le dos – au non du pardon dira-t-il- pour arrêter les progrès enregistrés ces trois dernières années. Par ailleurs, lorsqu’en 2001, Soglo et Houngbédji, tour à tour, s’étaient désistés eu égard à la mascarade électorale, le Président du PSD Bruno Amoussou n’a pas suivi le mouvement. Pourtant aujourd’hui ces trois hommes se mettent ensemble et entretiennent à première vue des relations presque fraternelles
Une relation incestueuse de ces trois leaders qui touche un peu à la morale et l’éthique. Même si Soglo lui-même fait semblant d’oublier le péché mortel de son ennemi d’hier, les Houégbadjavi n’ont guère la mémoire courte. Le quatrième qui s’ajoute à cette union est le Madep, qui est un mouvement fabriqué de toute pièce pour freiner l’hégémonie du Prd dans l’Ouémé-Plateau. Du sabotage, de l’intoxication, la guerre fratricide sont entre autre des conséquences issues de cette sécession. Tout comme dans l’Ouéme-Plateau, le parti Force clé dans le Zou est une politique de Bruno Amoussou, dans son rêve de conquérir un jour le pouvoir (rêve malheureusement brisé) pour casser la Renaissance du Bénin. En clair, l’électorat de Force clé n’est rien d’autre que celui de la RB. Si ces gens qui se sont livrés cette guerre veulent aujourd’hui se mettre ensemble, il est incontestable que c’est une union incestueuse, asexuée et anormale ; car à la vérité, tout regroupement, tout courant quel qu’il soit, ne s’appuyant pas sur un programme bien défini, sur une vision bien claire, facile d’accès et de compréhension par le peuple d’ « en-bas » ne pourra survivre ni au Bénin, ni en France, ni nulle part ailleurs. Autrement, c’est une union qui contrairement à ce que véhicule ces défenseurs est contre nature et porte en elle même les germes de sa propre destruction.
La montée de la tension
Depuis le 12 Mars 2008, c’est-à-dire la date du rassemblement du stade de l’Amitié à Kouhounou des quatre formations politiques (Madep – RB – PSD – PRD), la tension politico sociale ne cesse de monter. Dans le souci d’arracher le pouvoir à Yayi, les leaders de l’opposition non déclarée se montrent réfractaires à tout idiée de dialogue avec le pouvoir en place. Nous en voulons pour preuves, le refus de participer au dialogue politique initié par le gouvernement, les marches récurrentes soit pour soutenir les syndicalistes du ministère de la santé, soit pour substituer aux juridictions compétentes dans notre pays en exigeant la libération du Maire Dangbo détenu à la prison de Porto-Novo pour une affaire de détournement. Le pire que ce regroupement politique ait à son actif, c’est le boycott de la semaine de la paix. Le coq d’Adja-ouèrè a même menacé de marcher sur la Présidence de la République. Outre ces faits patents qui, parle d’eux même, des écarts de langages se sont accentués. Le Député Sacca Ficara confond démocratie et anarchie dans toutes ses sorties. Un autre qui, est une menace à notre démocratie, c’est Wallis Zoumarou qui traite le chef de l’Etat de ‘’celui là’’ à la télé. Dans une relation de causalité, cette situation délétère a monté le thermomètre du camp de la mouvance présidentielle. Des agités comme Frédéric Béhanzin qui s’identifie à Charles Blé Goudé – un exemple à ne pas suivre – attisent le feu. Pensant peut-être rendre service à Yayi – qui ne le lui a jamais demandé de sources concordantes – Frédéric Béhanzin jette de l’huile sur le feu avec ses discours va t-en- guerre.
Eviter le pire ?
Même si le cas du Bénin semble être atypique, les pays qui ont basculé dans le chaos ont connu ces différentes étapes allant du simple mécontentement à la radicalisation des positions.
Au-delà des frustrations, au-delà de la trahison, au-delà des intérêts personnels et égoïstes, la mouvance et l’opposition doivent primer l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus de tout autre intérêt. Les deux camps doivent savoir raison garder et savoir en effet que, la réponse du berger à la bergère ne favorise pas et ne pourra d’ailleurs favoriser la décrispation de l’atmosphère politique dans notre pays au regard, non seulement de notre expérience démocratique très jeune, mais aussi et surtout à cause du fort taux d’analphabétisation du pays ; bien au contraire, elle va empirer la situation et fissurera le tissu social déjà trop fragile. Les esprits surchauffés à la limite possédés par la violence doivent être exorcisés. Oui, il faut pour le Bénin actuel, un nouvel esprit, un esprit de paix, de concorde et de l’unité nationale.
Tout est possible
En 1990, tout le peuple béninois pensait que le pays allait chavirer. Mais Dieu le miséricordieux a touché le cœur du Général Mathieu Kérékou, qui humblement, a accepté les conclusions de la Conférence Nationale. Les précieux acquis de cette conférence constituent, depuis lors, non seulement le point de départ d’une nouvelle ère, mais aussi la « Bible » que tout béninois ouvre en cas de tension politique. C’est dire donc, le peuple traversera tous les obstacles pour préserver la paix, la quiétude, la concorde et l’unité nationale.
Romuald BOKO



Oui, vous avez été pour une première fois impartial Mr Boko en attaquant aussi les membres du gouvernement. En vérité, cette union ne peut pas construire la nation. bien au contraire comme vous le dites, elle va la détruire.