Suite au message de l’appel de Cotonou ayant sanctionné les travaux de la rencontre internationale pour la lutte contre les faux médicaments, initiée par la fondation Chirac, Dossou-Yovo Cossi Philibert est monté au créneau pour lever l’équivoque. L’homme revient sur les dessous d’une telle initiative et surtout l’incohérence des idées par rapport aux données actuelles des réalités commerciales entre l’Afrique et l’Occident.
Dossou-Yovo Cossi Philibert refuse de croire en ce brusque intéressement de l’Europe pour la santé des Africains.
*Le Bénin avait-il vraiment besoin d’une rencontre internationale initiée par la fondation Chirac pour la lutte contre les médicaments de la contrebande ?
Merci. Je pense que cette rencontre de Cotonou surtout en ce qui concerne le brusque intéressement de l’Occident pour la santé en Afrique s’avère intrigant. En réalité un médicament est mis au point pour guérir une maladie donnée. Alors, moi je ne comprends pas comment cela se fait qu’on délivre des brevets pour des produits pharmaceutiques qui ne guérissent point le mal, mais le soulage seulement. C’est le cas des Anti Retro Viraux (ARV) à propos du Sida pour lequel nous, nous avions mis au point un produit de guérison dont l’efficacité et les renommées dépassent déjà les frontières africaines. Le Bénin ne produit pas des médicaments. Tout ça vient de
l’Europe, alors pourquoi c’est ici qu’on vient organiser une rencontre internationale. Cela ressemble bien à un complot pour déstabiliser notre médecine traditionnelle dont on ne donne pas de brevets aux découvertes.
*Pourquoi parlez-vous de complot, si tant est que les faux médicaments tuent au Bénin aussi ?
Il est difficilement imaginable que les laboratoires africains apparemment moins équipés soient à même de contester l’authenticité des produits pharmaceutiques envoyés par l’Europe. Je m’étonne de cette initiative qui
consiste à choisir l’Afrique et pire encore le Bénin pour un appel à la lutte contre les médicaments de la contrebande. Je ne comprends pas pourquoi c’est l’Afrique qui est la cible bien qu’ils sachent clairement que ce ne sont pas les pays africains qui fabriquent les produits pharmaceutiques qui soulèvent aujourd’hui le doute. Ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes si leurs médicaments sont contrefaits. Voyez comment les mêmes Européens qui nous ont proposé par exemple la chloroquine, reviennent aujourd’hui pour fustiger ce produit en faveur des Cta et Dieu seul sait ce qu’il adviendra prochainement.
De plus, les médicaments de la médecine dite moderne, deviennent de plus en plus chers, que leur efficacité n’est remarquable comme autrefois. Tout se passe comme si se sont les voleurs qui crient encore aux voleurs, car nous acons d’autres problèmes de santé plus préoccupants.
*Justement à ce propos, qu’en est-il des apports de la médecine traditionnelle béninoise ?
C’est vraiment dommage que ces Européens se permettent d’appeler les produits de la pharmacopée béninoise voire africaine, des compléments alimentaires. Il y a certainement des intentions inavouées de l’Occident à propos des faux médicaments, étant donné qu’ils sont en amont et en aval de la situation que nous traversons. D’abord, les médicaments viennent de là-bas, et c’est encore eux qui viennent dénoncer la contrefaçon. Alors que font les nôtres dans le contrôle pour que les fabricants reviennent encore nous parler de faux médicaments. De toute façon, notre médecine ancestrale
fait des prouesses remarquables. Pour ma part, nous disposons aujourd’hui d’une pharmacopée bien fournie avec divers produits dont l’efficacité n’est plus à démontrer.
*Vous sollicitez des brevets pour vos produits ?
Bien que convaincu de la portée de nos produits, personnes ne nous prête attention pour même vouloir nous donner de brevets. C’est d’ailleurs pourquoi, moi je ne considère pas cette histoire de brevet. Les actions de l’Oms aussi ne sont pas de nature à nous arranger. C’est comme si tout est mis en œuvre pour distraire l’opinion publique africaine avec ces histoires de lutte contre les médicaments contrefaits. C’est d’ailleurs en cela que j’approuve les points de vue du président sénégalais Abdoulaye Wade dont les propos ont été véridiques à plus d’un titre.
*On vous attribue la paternité de la méthodologie en médecine traditionnelle, surtout avec les actions de formation au Cirapemetrade. Que dites-vous à ce propos ?
Ce qui fait la fierté d’une science est sa méthodologie. Là-dessus, point n’est besoin de démontrer les avancées considérables de la médecine traditionnelle. Ce n’est pas seulement la fierté de Dossou-Yovo Cossi Philibert, c’est celle de tout le peuple béninoise. Aujourd’hui plus que par
le passé, la médecine traditionnelle a pu se doter par ses travaux, de sa méthodologie propre et des armes nécessaires à son émancipation et celle de ses acteurs. Le ‘‘Linkpéyo’’ contre le Sida, en est un exemple palpable.
Nous disposons de divers autres produits avec leurs posologies adaptées et des modes de conservation en adéquation avec les principes ancestraux.
*On vous aurait cité au cours des travaux de cette rencontre comme une figure de référence de la médecine traditionnelle?
Il est encore trop tôt de crier victoire. Avec toutes les menaces qui planent sur moi, j’ai plutôt la chaire de poule face à de telles
déclarations. Alors que les béninois et les béninoises restent en état de veille avec moi. Car il s’agit surtout de ma sécurité, étant donné que ces organismes internationaux n’ont jamais été d’accord avec nos efforts pour
sortir nos populations de la pauvreté à travers les initiatives de promotion de la santé à moindre coût. Quand ils font semblant de nous apprécier, il faut faire attention et savoir que c’est pas du tout convaincant. Je voudrais une fois de plus attirer l’attention des pouvoirs publics sur ce
fait. Tout porte à croire que c’est encore une telle stratégie pour nous attaquer.
*Un mot pour conclure…
Je voudrais lancer un appel à tous mes concitoyens pour qu’ils comprennent les immenses potentialités de notre pharmacopée traditionnelle accessible à moindre coût. Nous nous acheminons vers une sorte de désaveu de la médecine moderne, si les mêmes acteurs remettent en cause l’efficacité de leurs médicaments. La meilleure alternative reste et demeure la médecine traditionnelle africaine. Je vous remercie.
Propos recueillis par Fidèle VODOUNON


Bonsoir Docteur Cossi, je vous encourage à continuer à vous battre pour ce que vous avez entrepris et qui fait la fierté des africains. Coordialement!