Après la grande crise des années 1930 et les années de guerre, il devenait indispensable d’élaborer un système monétaire international stable permettant le paiement des échanges commerciaux entre les nations. Il a été alors décidé la création en 1944 d’une organisation chargée de réguler les échanges, le FMI
Aujourd’hui le Fonds Monétaire International réunit 184 nations qui constituent ses actionnaires. Les missions du FMI consistent à aider les pays qui rencontrent des difficultés de balance des paiements ou qui connaissent une crise grave de leur système économique et financier. Parallèlement aux prêts accordés, le FMI pilier du système de Bretton Woods assiste sous la forme de conseils en matière de politique macro économique (politique d’ajustement structurel). Une politique d’ajustement structurel qui pour le rappeler est spécifiquement pratiqué pour les pays en difficultés. Pour l’essentiel il s’agit des pays en développement et plus particulièrement des pays qualifiés d’emprunts. Les pays de transition comme la Russie et la Pologne bénéficient aussi de l’attention particulière de la grande institution financière. Les aides sont conditionnés par l’adoption de politiques économiques favorables aux grands équilibres. Ces programmes reposent principalement sur un cadrage macro économique influencé par la théorie économique libérale (politiques budgétaires et monétaires restrictives, élimination des distorsions en matière de formation des prix etc.). Les politiques préconisées par le FMI ne rencontrent pas systématiquement, tant s’en faut, un accueil favorable auprès des populations.
Le FMI, « un consensus » bien décrié.
Depuis les années 1990, les critiques se sont multipliées à l’encontre du FMI. Au centre de ces critiques figure ce qu’on a appelé le « consensus de Washington », qui peut se résumer en quatre directives : ouverture des marchés (souvent défavorables aux pays pauvres), réduction des déficits publics (souvent au détriment des politiques sociales et des services publics nationaux), privatisation des entreprises publiques et réduction du nombre des fonctionnaires. Joseph Stiglitz prix Nobel d’économie et ancien vice président de la banque mondiale a simplement stigmatisé ce consensus de Washington qui sert de justification théorique aux plans d’ajustement imposés par le FMI aux pays en crise. Il juge ainsi nombre de ces plans sectaires peu adaptés à la réalité sociale des pays pauvres où ils s’adaptent. Le pire se situe dans les faits, la politique du FMI contredit ses statuts. Contrairement au point II des statuts (faciliter l’expansion et l’accroissement harmonieux du commerce international et contribuer ainsi à l’instauration et au maintien de niveaux élevés d’emploi de revenu réel et au développement des ressources productives de tous les Etats membres, objectifs premiers de la politique économique), le FMI ne favorise pas le plein emploi et ce, tant dans les pays les plus industrialisés que dans les PED. Le FMI sous l’influence du trésor des Etats-Unis et avec l’appui des autres pays les plus industrialisés a pris l’initiative de devenir un acteur majeur, tant sur le plan économique que politique, qui détermine la politique des pays endettés. Pour cela, il n’hésite pas à outrepasser clairement ses droits.
Le FMI, l’échec?
Surveillance, aide financière et assistance technique constituent les trois domaines d’intervention de la grande industrie financière. Mais il est très facile de se rendre compte que le bilan confirme l’échec. Les consultations annuelles avec les pays membres et les recommandations de ses experts n’ont pas permis au FMI de prévoir et d’éviter les crises majeures de ces dernières années. Selon certaines victimes de son influence, les politiques dictées par le FMI les ont même aggravés. Pour le FMI, la fin de la récession en Asie est la preuve de la justesse de sa politique. Mais pour Joseph Stiglitz se prononçant sur ce dossier cela est idiot car toutes les récessions ont une fin a-t-il martelé. Par ailleurs il a affirmé que tout ce que le FMI a réussi à faire est de rendre la récession plus profonde, plus longue et plus pénible. Il faut rappeler qu’en Février 2002, 88 pays bénéficient au titre de l’aide financière de prêts octroyés par le FMI. Les conditions qui ont accompagné systématiquement ces prêts ont reflété l’étendue du contrôle qu’exerce le FMI sur les gouvernements des PED. Pire, l’assistance technique porte sur les finances publiques, la politique monétaire et les statistiques. Il lui est arrivé des fois de proposer les pires dictatures. Comme l’a dit Yves Tavernier, député français cela fait une dizaine d’années plus précisément en l’an 2000 « Entre donner du poisson apanage de la charité et apprendre à pécher, preuve angulaire du développement, semble s’être glissé la pratique leasing de cannes à pêches, couteuses très fragiles, qui se trouve être aujourd’hui la traduction du nouveau crédo des institutions de Bretton Woods. »
Damien Tolomissi


