Au petit matin (4h09min) du vendredi dernier, le sud Bénin jusqu’au plateau d’Abomey a été le théâtre d’une secousse sismique. Un phénomène naturel, dangereux dont la magnitude n’a pu être mesurée sur l’échelle de Richter et qui a semé de doute et de panique dans les foyers. Heureusement, pas de dégâts matériels ni de pertes en vies humaines signalés.
« Je n’en croyais pas à mes yeux, j’avais eu peur », s’exclamât Gabriel Mitchaï un habitant de Zêta situé dans l’arrondissement d’Akassato. « C’est effrayant », renchérit Olivier Fachina de Tankpê. Ainsi se résumaient les déclarations de quelques citoyens qui avaient vécu l’évènement, la secousse du petit matin du vendredi. Il fallait donc vivre l’évènement pour en apprécier et mesurer toute la pesanteur. Cette secousse de quelques secondes a ébranlé toute la partie du sud Bénin ne laissant au passage aucune de ces zones. Le phénomène s’est plus ressenti dans les régions où les failles (cassure de couches géologiques, accompagnée d’une dénivellation) sont un peu accidentées. Forte heureusement, aucune perte en vies humaines et de dégâts majeurs n’ont été signalés. Cependant une question revient sur toutes les lèvres des populations :
Peut-il y avoir un séisme dans une zone stable comme celle du Bénin ?
Selon les spécialistes, les zones les plus menacées par les séismes sont situées juste au dessus d’une ligne ou deux plaques se rencontrent. Sur la côte ouest de l’Amérique en Alaska tout autour du pacifique, au Japon en méditerranée, dans les Balkans, en Turquie et en France. En France ce sont surtout les régions de DOM-TOM (Réunion, Guadeloupe et Martinique) qui présentent des risques sismiques importants a souligné le professeur de géomorphologie Bokonon Ganta. Au-delà de ces zones, les habitants peuvent dormir sur leurs deux lauriers. D’après les propos du doyen de la faculté des sciences techniques de l’Université d’Abomey-Calavi, il s’agit d’un phénomène passager mais qui doit être vite étudié. Car si la plaque s’était enfoncée dans le manteau de la terre comme il le fait à plus de 1000. C, la plaque serait réchauffée au fond et se mêlé au magma. C’est ce qui à l’habitude de se passer au large du Japon où la plaque pacifique plonge sous la plaque Eurasie. Mais le Bénin est encore loin de ces grandes tragédies même si en 1913 et 1939 le Dahomey d’alors a connu un tel désastre.
Quand la terre tremble véritablement
Pour le directeur de la recherche géologique et minière Dominique Tchalla, lorsque la terre tremble les séismes se forment à plusieurs dizaines sous nos pieds et leurs secousses sont capables de provoquer des dégâts colossaux en quelques instants. Par ailleurs le professeur en aménagement du territoire M. Clédjo a rappelé sur une télévision de la place à ce propos que le mouvement de deux plaques ne se fait pas régulièrement. Mais peut-être libéré brutalement comme lorsqu’on relâche un élastique. Dans le sous sol cette énergie provoque de puissantes vibrations. Quand elles arrivent à la surface bonjour alors les dégâts. Il préconise qu’un institut des grands risques soit créé pour qu’ en cas de désastres, des solutions idoines soient vite trouvées.
Prévoir les séismes
En Afrique de l’Ouest en général, au Bénin en particulier, il n’existe pas un centre sismique. Sinon, il y a dans le monde des stations sismologiques qui guettent en permanence les moindres frémissements de la planète. Elles permettent de situer exactement l’endroit où naît un séisme et on sait comment ses ondes se propagent jusqu’au sol. Les recherches continuent car elles ne sont pas encore capables de prévenir l’arrivée d’un tremblement de terre grave, afin d’avertir pour qu’on évacue les habitants à temps. Tout compte fait, ce n’est pas la priorité de certains pays africains d’effectuer des recherches dans ce domaine au regard des nombreux problèmes auxquels ils sont confrontés.
Damien Tolomissi

