Le processus de réalisation de la LEPI a été lancé depuis quelques jours suite à la désignation des représentants de l’Assemblée Nationale dans les commissions politiques de supervision. Mais ce processus pourrait connaitre des problèmes du fait d’une dette due par l’Etat béninois à certains citoyens qui avaient travaillé dans le cadre d’élection ou de recensement. Ces béninois en l’occurrence ceux qui ont travaillé dans les différents démembrements de la CENA 2008 et ceux qui sont intervenus dans la réalisation du RAVEC ont en effet décidé de porter entorse au déroulement normal de la LEPI.
La décision a été prise au cours d’une réunion secrète qu’ils ont tenue en début de semaine. Il n’y aura pas de liste électorale permanente informatisée si l’Etat ne règle pas les impayés des membres des démembrements de la CENA pour les élections communales et municipales de 2008 et de ceux qui ont travaillé pour le recensement administratif à vocation état civil RAVEC. Ces derniers sont décidés à bloquer le processus actuellement en cours en empêchant toute opération sur le terrain. En effet, les citoyens qui se sont sacrifiés dans le cadre des deux opérations sus-cités ne sont toujours pas entrés en possession de toutes leurs primes. Si pour les membres des démembrements de la CENA 2008 l’Etat doit encore une bonne partie des primes de rendement, les travailleurs du RAVEC totalisent en ce qui les concerne plus de cinq mois d’impayés. Et c’est dans ces conditions et à leur grand dam que le processus de la LEPI a été lancé avec plusieurs milliards, alors même qu’il leur avait été servit qu’il n’y a pas d’argent dans le pays. C’est donc pour protester et exiger leurs dus que les catégories concernées ont commencé à s’organiser pour arrêter la réalisation de la liste électorale permanente informatisée jusqu’au moment où le gouvernement les aura réglé. La situation était aux mains du ministre Lawani qui constituait pour les personnes concernées le véritable handicap. Mais Lawani est parti et son remplaçant Idriss Daouda ne dit rien. Du coup, le dossier est délaissé sinon même noyé. Ce qui ne rencontre pas l’assentiment des acteurs. Ces derniers ont aussi entrepris des démarches auprès des toutes les instances compétentes et même auprès du chef de l’Etat mais, rien n’y fit. Seule alternative possible, saboter la LEPI pour avoir gain de cause. Le gouvernement est donc interpellé et est invité à parer au plus presser pour éviter le pire.
Mathieu Dahandé


