Le Comité national olympique togolais a depuis début du mois de juillet dernier un nouveau bureau dirigé par le général des armées. Il s’agit de NABEDE Poutoyi Maakou. Quelques jours seulement après son élection, l’ancien président de la fédération togolaise d’athlétisme affiche déjà ses intentions pour le renouveau du sport du pays de Faure Gnassingbé.
Le 13 juillet dernier, à travers un entretien qu’il a voulu nous accorder, dans son bureau, au terme de première réunion du nouveau bureau, cet officier mécanicien de l’armée de l’air nous parle de sa vision pendant les quatre années à venir. Suivez, entretien !
-Monsieur le nouveau président, un général à la tête d’in comité olympique. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
-Ce n’est d’ailleurs pas une première. Il faut les hommes d’armée en vue d’instaurer la rigueur et la discipline. Le comité national olympique étant la mère de toutes les disciplines, nous avons un programme bien idéal pour faire en sorte que le sport togolais retrouve son niveau d’antan.
-Parlez nous déjà de vos premières priorités !
- Nous sommes très en retard en ce qui concerne les infrastructures sportives. Donc notre première action consistera à rapprocher les infrastructures sportives des athlètes afin d’éviter l’exode. Nous allons nous battre pour l’installation des terrains de tennis, de football, de volleyball, de basket-ball, de handball, et e tennis (lawn). Il s’agit de donner priorité aux disciplines olympiques. Le Togo compte 34 chefs-lieux des préfectures et sous préfectures. Avant la fin de mon mandat, ces préfectures seront dotées de stades. Nous allons renvoyer le sport à l’école, comme c’est le cas au niveau des pays anglophones. Car les francophones sont en retard. Nous allons transformer une partie des espaces verts de la lagune de Lomé en zones omnisport au profit des quartiers environnants. Faire équipes le stade de Kégué d’une salle de musculation moderne par les relations internationales de notre pays.
Autre priorité, offrir de meilleures conditions pour la pratique du sport au Togo, amener nos enseignants à préparer les épreuves d’Eps (Education physique et sportive) depuis les cours primaires(Cm2) en passant par les collèges. Tester tout les athlètes pour placer chacun à son poste. Nous allons aussi ressusciter l’ancienne pratique. Il s’agit du brevet Sportif populaire. Je ne sais pas si cela continue d’exister. Pour cela, il faut sortir un texte à voter par l’Assemblée.
Autre axe de notre programme, c’est la recherche de la formation des enfants étant donné que l’Etat met les moyens pour subventionner les activités sportives. Et nous allons aussi recourir à l’assistance internationale.
-Vos relations avec le gouvernement ?
Elles sont bonnes. Toutefois, je tiens à préciser que le Cnot est une instance apolitique qui dépend du Cio. Donc pas d’ingérence de la politique.
Au Togo, la carte sportive longtemps attendue sera bientôt votée. La commission est à pied actuellement. Il est à l’étape de toilettage. Et j’ose croire que cette loi sera votée pour le bien être du sport togolais. Cela devra permettre la création d’offices municipaux des sports (Oms). Pour les sources de financement des activités énumérées, nous allons appuyer l’action du ministère de tutelle pour faire attribuer, à toutes les fédérations, une subvention annuelle selon qu’elles soient olympiques ou non affiliées ou reconnues par la Cnot. Cette subvention sera repartie au prorata de leur envergure, des moyens matériels et humains mis en œuvre et de leurs activités au plan national et international.
Nous allons recourir aussi à d’autres sources de financement. Il s’agit des programmes du Cio (formations, infrastructures, compétitions). Et pour atteindre ces objectifs, il faut recourir par la voie officielle, à l’assistance technique des pays amis du Togo, pour nouer de véritables relations d’amitiés, de partenariat et de coopération afin d’élargir les relations de communication en faisant mieux connaître le Cnot et ses activités au tant au niveau national qu’international. En collaboration avec le ministère de tutelle, et ses collègues de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, nous allons rendre l’épreuve d’Eps obligatoire dans les 2èmes et 3ème degré. Faire aussi restaurer le Brevet Sportif Populaire Bsp)
-Vous venez de tenir votre 2ème réunion, alors de quoi était constitué le menu ?
-Il s’agissait d’adopter le procès verbal de la première réunion, procéder au compte rendu de la mission que j’ai conduite à Abuja dans le cadre de la 13ème assemblée générale ordinaire et élective de l’ACNOA (Association des comités nationaux olympiques africains) tenue les 6 et 7juillet dernier. Nous avons aussi tenu une rencontre avec les présidents de fédérations et les anciens présidents des commissions permanentes. Il était aussi question de planifier les tâches à effectuer en premières urgences.
-Parlant de cette assemblée, quelle place occupe désormais le Togo ?
- Le Togo a brigué la présidence de la zone3. Donc, d’office, il abrite le siège de la zone. La réunion d’Abuja a consacré la réélection de l’ivoirien Lansana Palenfo à la tête de l’ACNOA. Il était en compétition avec le camerounais El Hadj Hamed Kalkaba Malboune. Agé de 68 ans, l’ivoirien a obtenu 35 voix contre 15 pour le camerounais. La zone3, il faut le préciser, compte huit (8) pays. Outre le Togo, il y a le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Libéria, le Niger et le Nigeria
Bref parcours du général
Il est né en 1943 à Lama-Bou, dans la préfecture de KOZAH
Il a pratiqué l’athlétisme de 1956 1963au collège moderne de Sokodé
1964, détaché au Lycée Bonn carrière en vue de préparer les premiers jeux africains de Brazzaville organisés en 1965. Engagé dans l’armée togolaise en 1964 et envoyé en France, il n’a pas pu participer à ces jeux.
Président de la Fédération togolaise d’athlétisme (Fta) de 1969 1979, il a démissionné puisqu’il était en stage de longue durée en 1978 sur le plan professionnel militaire. Mais, réélu en 1995.
Conseiller du Cnot en 1979
Distinctions honorifiques :
-Officier de l’Ordre du mérite du Cism
-Diplôme d’honneur du Cio pour services rendus au développement du sport et de l’olympisme
-Commandeur de l’Ordre du Mono
-Officier de l’Ordre National du Mérite Sportif Français
-Croix de vaillance pour sanctionner son dispositif de défense lors des attaques terroristes contre l’Etat togolais le 23 septembre 1986 et le 5 janvier2004
Fonctions occupées
-Officier mécanicien de l’armée de l’air
-Chef de corps des gardiens de préfecture
-Pilote d’hélicoptères et d’avions
Chef de corps du 2ème régiment d’infanterie
Nazaire César VIKOU


