La première session du Comité national d’orientation (Cno) du Programme d’appui au développement participatif de la pêche artisanale (Padppa) a commencé lundi dernier par une visite de terrain des membres du comité. Les membres du Cno ont visité plusieurs réalisations du programme dans les communes de Cotonou, Ouidah, Kpomassè, Comè et Bopa.
Sous la direction du Directeur de la programmation et de la prospectives du ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche, Président du Cno, et du Coordonnateur national du Padppa, Gérard Gnakadja, les membres du Cno ont entamé la visite de terrain par le Ceg de Fiyégnon dans le 12ème arrondissement de Cotonou. Le Padppa soutient la construction d’un module de trois classes par le financement du fonds de développement communautaire destiné à la réalisation d’infrastructures socio communautaires au profit des communautés de pêcheurs. Le souhait du Coordonnateur du Padppa est d’avoir le module de classes à disposition avant la rentrée d’octobre 2009. Avant le départ pour le site maraîcher d’Azizakoué à Ouidah, les membres du Cno ont fait une escale sur le site de construction des bureaux de l’unité de coordination du Padppa à Fidjrossè. A cette escale les visiteurs ont pu apprécier le niveau de réalisation des travaux. A Azizakoué dans l’arrondissement de Houakpè Daho dans la commune de Ouidah, Hervé Lokossou, pêcheur reconverti en maraîcher, ne cache pas son bonheur dans sa nouvelle activité : « C’est au moment où la pêche ne donnait plus et que nous nous retrouvions dans le désespoir que Padppa est venu nous sauver. Au départ, on nous a d’abord fait suivre une formation sur la culture de l’oignon puis la réalisation et la gestion d’une pépinière. C’est de cette manière que nous nous sommes lancés avec l’encadrement des animateurs qui viennent nous suivre pour nous donner des conseils. Avec le maraîchage, nous n’avons plus le temps d’aller à la pêche et nous ne nous acharnons plus sur les fretins », déclare Hervé Lokossou. Il ne souhaite plus retourner à la pêche pour en faire une activité exclusive. Et c’est le but recherché par le Padppa. Daouda Aliou, spécialiste pêche et environnement au Padppa, explique qu’avec le maraîchage, le constat est fait que les pêcheurs qui se sont reconvertis vont de moins en moins sur la lagune. « Il y a moins de pression sur les ressources de la lagune », dit-il. Pour les occuper sur l’activité de maraîchage, le Padppa a formé et encadré environ 160 personnes dans plusieurs villages de Ouidah. Toutes ces personnes profitent du programme depuis 2006 où a démarré le processus de reconversion des pêcheurs. Au moins trois spéculations sont cultivées par an et procurent, à la vente, de substantiels revenus aux producteurs. Des forages et des systèmes de petites irrigations sont mis en place avec l’appui de divers matériels notamment des arrosoirs et des motopompes. « Nous avons également mis à leur disposition, sous forme de crédit sans taux d’intérêt, de l’engrais », précise Daouda Alidou.
A Kpomassè et Comè, de nombreux pêcheurs se sont éloignés de l’obligation d’aller sur le lac Ahémé pour gagner leur pitance quotidienne. Ils se sont aussi reconverti et retrouve la joie de vivre dans la cuniculture qu’est l’élevage de lapins. Toussaint Atchognon et Kouassi Oké, anciens pêcheurs devenus cuniculteurs, ne tarissent pas d’éloges sur leurs nouvelles activités. Vivant à Sègbohouè dans la commune de Kpomassè, Toussaint Atchognon justifie sa reconversion par la rareté des poissons dans le lac et l’amenuisement progressif de ses revenus. Pour lui, le coup de chance, c’est Padppa : « C’est en ce moment de difficultés que j’ai entendu parler des opportunités qu’offre le Padppa et je me suis inscris pour suivre une formation au Cecuri à Abomey-Calavi. A la fin de ma formation, j’ai d’abord bénéficié d’un crédit de 135 000 francs Cfa puis de 200 000 francs Cfa de la part du Padppa pour installer l’élevage de lapins », raconte-t-il avec, toutefois, une note de regret « Si j’avais entendu parler de cette opportunité, j’aurais arrêté la pêche depuis longtemps », dit-il. Comme Hervé Lokossou, il n’est pas non plus prêt à retourner à la pêche. « Je ne veux pas abandonner mes lapins pour retourner à la pêche. D’ailleurs, l’entretien des lapins ne me permet même pas de prendre ce risque. Et surtout je ne veux pas que mon élevage échoue », martèle Toussaint Atchognon dont l’objectif actuel se concentre sur la recherche de partenaires commerciaux pour écouler facilement ses lapins. « Sans mentir, j’avoue que je gagne jusqu’à 65 000 francs par mois au minimum avec cette activité », se réjouit Kouassi Oké résidant dans le village de Awamè Tossouhon à Akodéha dans la commune de Comè. Bien que sa maison soit à moins de dix mètres du lac Ahémé, il va désormais rarement à la pêche. « Je ne le fais plus forcément pour manger, mais beaucoup plus par plaisir », confie-t-il à ses visiteurs. Il se contente surtout de la cuniculture qu’il qualifie d’activité intéressante qui lui procure plus de revenus que la pêche. Il vise déjà plus loin et fait un coup d’œil à Padppa pour l’accompagner dans son ambition « Si Padppa peut nous aider à trouver d’autres marchés ailleurs, nous irons plus loin », suggère-t-il.
Le reboisement et la protection
des plans d’eau
Outre le soutien aux pêcheurs reconvertis dans leurs nouvelles activités, le Padppa a aussi procédé au reboisement des bassins versants du Lac Ahémé. Sur le site du projet de restauration de l’écosystème de reboisement des bassins versants et des berges et plantations de palétuviers de la rive ouest du Lac Ahémé à Akodéha Dovi Condji, les membres du Cno ont découvert une plantation de teck. Daouda Aliou, spécialiste pêche et environnement au Padppa, explique que le reboisement des bassins versants a pour objectif d’empêcher l’érosion de la berge et par ricochet le comblement du lac. « Nous procédons d’abord à la protection des bassins versants avec les pieds de teck qui limite l’érosion et le drainage des alluvions qui créent le comblement. C’est après cela que nous allons procéder au dragage pour débarrasser le lac de la boue qui le surcharge. Si nous allons directement au dragage sans protéger la berge et les bassins versants, ce serait un travail de Pénélope avec un perpétuel recommencement parce que nous n’aurons pas éliminé la source du mal », justifie Daouda Aliou. Le reboisement des bassins versants du lac Ahémé a commencé depuis 2006. Gérard Gnakadja, coordonnateur national du Padppa, explique qu’il est indispensable de mettre en place des systèmes de protection et de dragages plus sophistiqués qui nécessitent de lourds investissements. Ces investissements ne peuvent se faire sans des études préliminaires élaborées par des cabinets internationaux. « Ces études sont actuellement en cours au Cabinet Seda pour que nous puissions mettre en place des infrastructures indispensables », dit-il.
Sur ces constats et au regard des nombreuses difficultés de financements qui se posent sur le terrain et dont les membres du comité d’orientation ont pris connaissance, le coordonnateur se réjouit d’avoir profité de la tenue de la 1ère session ordinaire du Cno au titre de l’année 2009 pour leur faire toucher concrètement des réalisation sur le terrain depuis la revue à mi parcours du programme. Sur cette base, il estime que toutes les informations sont désormais disponibles pour mieux apprécier les rapports d’activités et financiers à approuver au cours de la session avant la soumission des documents aux partenaires financiers que sont la Banque africaine de développement (Bad) et le Fonds international pour le développement agricole (Fida). « Après la visite sur le terrain où ils ont pris connaissance avec la réalité et surtout l’ampleur des difficultés qui se présentent, nous pensons que les membres du Cno que sont des représentants de plusieurs ministères et des structures faîtières d’associations et de communautés de pêcheurs nous accompagner à faire évoluer le programme et à faire des recommandations pour que nous puissions mieux soutenir la réduction de la pauvreté dans les communautés de pêcheurs et préserver les ressources en eau et les écosystèmes aquatiques », espère Gérard Gnakadja. Il invite les bénéficiaires à se aire une meilleure idée du programme qui ne vise pas à distribuer les fonds disponibles par commune, mais à mettre en place des infrastructures pérennes.
L’implication des communautés et la productivité des plans d’eau préoccupent le Cno
Les membres du Cno se sont retrouvés hier mardi 25 août 2009 au Chant d’oiseau à Cotonou pour poursuivre les activités de la première session de l’année 2009 après la visite de terrain lundi dernier. Au début de la rencontre, dans son mot introductif, le président du Cno qui le Directeur de la programmation et de la prospective du ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche, a invité les membres du Cno à mieux aider le Programme d’appui au développement participatif de la pêche artisanale (Padppa). « C’est votre droit et votre devoir d’aider ce programme qui contribue à l’amélioration des revenus des pêcheurs et réduit donc la pauvreté », a déclaré le président. « Vous savez que c’est sur la base des recommandations du Cno et de nos décisions que les partenaires peuvent accepter des modifications de l’accord de prêt et de financement au cas où c’est nécessaire pour aller dans l’intérêt des bénéficiaires », poursuit-il. Après le point d’exécution des recommandations de la dernière session de 2008, les rapports d’activités et financiers présentés par le coordonnateur du Padppa, les membres du Cno ont échangé sur de nombreux points avant l’approbation. Cette adoption des documents est suivie de nombreuses recommandations pour une meilleure gestion du programme. Au titre des recommandations, les membres du Cno on demandé à l’unité de coordination de prendre des dispositions pour accroître les activités sur le terrain. Ils ont mis l’accent sur les activités susceptibles d’améliorer la productivité des plans d’eau. Ils ont aussi recommandé une meilleure implication des communautés de pêcheurs dans l’exécution des activités. Dans le but de mieux servir les bénéficiaires du projet, il est également recommandé à l’unité de gestion du programme de négocier avec les institutions de micro finance pour l’amélioration des montants des prêts alloués aux pêcheurs pour développer leurs activités nouvelles ou de pêcheurs.
La cellule de communication du Maep


