Comme une trainée de poudre, l’information de la nomination de l’ancien « enfant chéri » de Rosine Vieyra Soglo au prochain gouvernement, s’est répandue dans tout le pays et est au cœur de toutes les conversations. Mieux, ces rumeurs de plus en plus persistantes qui font état de l’occupation prochaine par Candide Azannai du poste, combien stratégique, de ministre de l’intérieur donnent encore plus de piquant à cette actualité.
Candide Azannai Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique du Bénin. Info ou intox ? Là n’est pas la question. L’essentiel est de savoir si l’ancien député de la Renaissance du Bénin fera un bon ministre de l’intérieur et s’il sera utile à ce poste au Docteur Boni. Député à l’Assemblée Nationale de la 3ème et 4ème législature, ancien membre du bureau politique de la Renaissance du Bénin, initiateur et Major en chef de la brigade anti fraude de la RB au cours de plusieurs scrutins, Président du parti « Restaurer l’Espoir », membre fondateur des Forces d’Action pour le Changement (FAC) et de l’Union pour la Majorité Présidentielle Plurielle (UMPP). Candide Azannai est aussi philosophe de formation. Il est très respecté dans le milieu des conducteurs et des transporteurs pour avoir arpenté les couloirs du parc automobile de Joncquet à une époque de sa jeunesse. Une carte de visite qui force admiration et qui milite en faveur de la nomination de cet homme aux multiples facettes en qualité de super flic.
L’homme de YAYI
« The right man in the right place ». Ainsi pourrait être accueillie la nomination de Candide Azannai au Ministère de l’intérieur. De tous les politiciens et de tous les ministrables qui entourent le Docteur Boni YAYI, le président du parti « Restaurer l’Espoir » est avec Sacca Lafia et Théophile Nata l’un de ceux qui maitrisent le milieu politique béninois. Le premier étant déjà au gouvernement et le second devenu récemment président de la HAAC, il est donc tout à fait normal que ce poste puisse échoir au stratège Azannai. Il pourra réussir par exemple en cette période tractations politiques pour les échéances de 2011 un rapprochement avec certains ténors et partis politiques. Il a des entrées chez plusieurs leaders des G et F avec qui il a noué une longue amitié à la faveur de ses séjours parlementaires. Plutôt que de hanter les nuits de certains dirigeants de la Renaissance du Bénin qui redoutent sa nomination, l’ancien chouchou de la présidente Rosine Vieyra Soglo pourrait réussir par exemple le coup politique du siècle en amenant les « houézèhouè » à la mouvance. Il sera depuis l’ère de Kérékou II le ministre de l’intérieur le plus proche de la RB. Pour avoir été pendant longtemps un des leurs, Candide Azannai, mieux que quiconque, sait par quel bout s’y prendre pour amarrer la RB au navire du changement pour un heureux et fertile mariage. Et ce qui lie les Soglo à Azannai dépasse de loin ce qui les divise du fait de leur longue cohabitation. Qui a dit que Rosine Soglo a renié son fils Candide ? Encore qu’un régime qui va à la reconquête du pouvoir a forcément besoin d’un dur, craint par les uns et respecté par les autres, au ministère de l’intérieur. Et c’est un secret de polichinelle que Azannai n’a pas sa langue dans sa poche et n’est pas du genre à se laisser pas faire.
Au gouvernement, à la veille de la présidentielle de 2011, Candide Azannai aidera surement YAYI a ne pas connaitre le même sort que Nicéphore Soglo pour avoir été l’un des témoins privilégié de la débâcle de ce dernier en 1996. Ses conseils seront certainement précieux pour que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets. Pour avoir été au cours de plusieurs scrutins le cerveau pensant de la brigade anti fraude du parti la Renaissance du Bénin, Candide Azannai pourrait être, dans ce gouvernement de combat, l’homme providentiel pour le Docteur Boni YAYI pour la reconquête du pouvoir. De son poste de super flic, le président du parti Restaurer l’Espoir pourrait décourager et dénoncer de nombreuses tentatives de fraudes lors de la présidentielle de 2011 en faisant profiter aux FCBE de sa longue et riche expérience.
Azannai mieux que Kogui et Zinzindohoué
A la faveur de l’élection des membres du bureau de l’Assemblée Nationale sous les 3ème et 4ème législatures, de la désignation des députés et de leur représentant au sein des institutions de la République, des parlements sous régionaux et de la Commission électorale nationale autonome (Céna), l’honorable Candide Azannai avait révélé au grand jour comme ses talents de fin et habile négociateur. De même, ses missions de médiation pour débloquer à plusieurs reprises certaines situations de blocage au parlement et pour ramener ses collègues démissionnaires et colmater les brèches de la maison RB sont d’autres qualités qui feront surement de lui un très bon ministre de l’intérieur. Le gouvernement de combat du Docteur Boni YAYI a besoin, en ce moment où aucun soutien ne sera de trop pour la présidentielle de 2011, d’un homme de la trempe de Candide Azannai. Les échecs cuisants accumulés par le Ministre d’Etat Issiffou Kogui N’douro et son homologue de l’intérieur Abraham Zinzindohoué lors des missions de médiation à eux confiés par le Chef de l’Etat. La réconciliation des ailes Fcbe de Malanville pour la conquête de la mairie, la visite au chevet de Rosine en convalescence en Afrique du Sud, les excuses du gouvernement au président Mathieu Kérékou suite à la publication du livre « Mon combat pour la parole » de Réckya Madougou, le rapprochement avec la Renaissance du Bénin et plus récemment la reprise de l’élection du bureau de la mairie de Covè, la réconciliation des différentes tendances des Fcbe à Parakou… sont autant d’exemples qu’on pourrait multiplier à foison et qui corrobore la thèse que YAYI manque d’un négociateur de taille. Et des sources, généralement bien informées, indiquent que ces carences sont la raison principale de leur prochaine éviction du gouvernement en dehors du fait qu’ils ne drainent pas grand monde derrière eux. Quel poste mieux que celui de ministre de l’intérieur pourrait aider Candide Azannai à exceller dans ce rôle ?
Sur le plan politique, Candide Azannai a déjà fait ses preuves aux côtés du candidat Boni YAYI pour lequel il a mobilisé et harangué des foules à Cotonou. Même le score réalisé par la liste « Restaurer l’espoir » aux législatives de mars 2007 force le respect bien que n’ayant pas été élu. Car plusieurs ministres de l’actuelle équipe gouvernementale mis ensemble ne peuvent pas faire autant.
Qui a dit que Candide Azannai ne sera pas un aussi bon ministre de l’intérieur au même titre que Antoine Alabi Gbègan et Daniel Tawéma. Pourvu que l’enfant terrible de Joncquet arrive à restaurer l’espoir des béninois dont la météo sur le plan sécuritaire, politique et social est actuellement très instable du fait des braquages, des tensions politiques et sociales, de la cyber criminalité et des grognes des flics.
Aziz KOTO CHABI


