Le Bénin d’avant 1er août à aujourd’hui, Vu par Boni Yayi : La leçon à la classe politique, message intégral d’espoir du Chef de l’Etat au peuple béninois
A l’instar de ce qu’il a fait, l’année écoulée, à la faveur du 1er Août 2008 où il a annoncé de grandes mesures salvatrices au nombre desquelles la baisse des tarifs de communication sur les Gsm, le premier Magistrat revient à la charge, en allant au devant de la scène médiatique. Ainsi face à la presse, le Chef de l’Etat a délivré un message d’espoir, tant il a, dans son intervention, abordé plusieurs dossiers brûlants de l’actualité même ceux qui fâchent depuis peu. Occasion pour lui d’expliquer de fond en comble l’épineuse affaire de la Cen-Sad, du limogeage du ministre Lawani et de Noudégbèssi, de la marche interdite du 21 juillet des centrales syndicales, pour ne citer que ceux-là. Evidemment cela lui a permis de faire des projections en termes de perspectives d’avenir, lesquelles perspectives ont pour toile de fond l’espoir dont le peuple béninois a besoin en ces temps de crise économique. Lire ici la substance complète de son intervention que nous avons essayée de transcrire pour vous.
Le nouvel entrant n’a que 100 jours comme période de grâce. Au Bénin, les différentes composantes de la nation vous ont laissé plus d’un an pour que vous vous familiarisez avec la gestion du pouvoir en attendant vos premiers actes. C’est donc après plus d’un an que les partenaires sociaux ont sonné la fin de cet état de grâce. Et depuis l’année dernière les partis politiques, eux aussi, ont décidé d’en découdre avec le régime du changement. C’est dans cette ambiance que quelque peu délétère que survienne le scandale de la Cen-sad et bien d’autres dossiers. M. le Président de la République, merci de nous donner l’occasion pour échanger avec vous sur tous ces sujets qui défraient la chronique dans notre pays. Comment sentez-vous au soir des 49 ans d’indépendance du Bénin ?
Je suis heureux. Je crois qu’avec la nation, c’est avec la joie que nous vivons ce moment précieux. 49 ans d’indépendance ça fait beaucoup pour une nation. C’est vrai nous avons parcouru un chemin où chacun de nous en a apprécié pour savoir ce que c’est. Mais ce qui est heureux, c’est que nous vivons dans un environnement de paix. Nous avons travaillé pour que le Bénin soit une espèce d’oasis de pacifique, soit une démocratie stable, un pays de sécurité. Face à ce qui se passe ailleurs, rendons grâce à Dieu et remercions-le ensemble. Soyons toujours en communions de prières. Et naturellement c’est un devoir de remercier tous ceux qui ont été appelés à cette fonction. J’ai appris à le dire moi-même, j’ai vu ce que c’est. Encore merci à tous nos aînés qui ont été appelés à cette fonction présidentielle. Je demande à Dieu de leur donner longue vie. Je remercie également la classe politique qui a joué et continue de jouer un rôle important. C’est avec beaucoup de respect que je la remercie. Merci à la société civile. Pour moi, nous vivons maintenant un moment d’espoir. et je crois, c’est ce message que je suis venu donner à notre chère nation que j’aime si tant, à notre pays et à la République. Dieu a un plan pour notre cher pays parce qu’il vise le bonheur, la paix, la prospérité et le progrès social pour chacun et pour tous.
Et pour atteindre cet objectif qui est un destin pour nous, il est quand même bon de savoir, et vous l’aviez dit, c’est difficile de gérer une nation et vous faites l’expérience si difficilement que votre mandat est aujourd’hui face à la crise économique. Comment se présente l’Etat béninois avant qu’on ne parle des mesures pour juguler la crise ?
Au moment où on faisait le bilan, on s’était à un moment donné rendu compte que nous avons entamé l’assainissement des finances publiques. Il faut le reconnaître, des réformes ont été mises en œuvre pour soutenir toutes nos régies qui ont travaillé pour que la nation puisse mobiliser des ressources à des fins de développement. Nous avions travaillé sur ce front. Et avec les ressources collectées nous avons essayé de procéder à une répartition. Nous avions décidé d’aider nos chères mamans, d’où le programme de Micro- crédits aux plus pauvres, (Mcpp). Il fallait penser aux nouveaux-nés, surtout dès que leurs mamans les portent, ils sont aussi des Béninois appelés à assumer des responsabilités dans le futur s’agissant de la gestion des affaires de notre cité commune. Il fallait assister nos chères mamans qui ont souffert pour porter leurs grossesses mais qui malheureusement ne peuvent accoucher d’elles-mêmes dans de bonnes conditions, d’où l’idée de la gratuité de la césarienne. Il faut suivre ces enfants, les prendre en charge car ils ont besoin d’aller à l’école du point de vue enseignement maternel, primaire etc., d’où l’idée de la gratuité de l’enseignement maternel et primaire. Nous avions soutenu les producteurs, nous avions pensé à nos infrastructures routières également. Partout dans le pays, nous avons modernisé certaines voies, dans notre capitale économique également. Vous voyez, l’éducation, la santé, l’énergie, on s’est débattu sur tous les fonts. Ce qu’on pouvait dire, à notre avis, c’est que ce n’était pas mal. Mais je n’aime pas tellement apprécier ce que nous faisons. Ce que je peux dire en effet, c’est de rendre grâce à Dieu pour ce qu’il nous a donné parce que c’est lui qui donne tout, les écoles, les centres de santé, l’eau et l’électricité… A un moment donné, on sentait que les bénéficiaires s’en félicitaient lorsque la crise est survenue. Et cette crise ne touche pas que le Bénin, tout le monde naturellement. On l’a vit. Elle s’est, d’ailleurs, installée maintenant. Je ne sais pas si c’est le lieu de le dire parce que je suis venu donner en réalité un message d’assurance au peuple.
Avant le message, il faut quand même qu’ont ait une idée de la réalité. Ce qui est sûr, c’est que les régies financières sont en baisse.
Est-ce qu’on s’est mis au travail ? Est-ce qu’on n’a créé de la richesse ?
En 2007, on était à 4,8%, en 2008 à 5% et en 2009 on projetait 6,8% lorsque la crise nous a secoué. Aujourd’hui, en révisant les prévisions, on ne dépassera pas 4% en 2009. Naturellement tous les pays de la planète sont entrain de réviser à la baisse ces fondamentaux, que ce soit au niveau du budget, c’est-à-dire le déficit budgétaire etc…., c’est le fait de la récession, une crise financière qui s’est muée en crise économique surtout pour nous autres pays pauvres très endettés (Ppte). Il n’y a pas que cela. Pour la structure d’endettement, on était à peine à 10%. C’est -à- dire qu’on était le moins endetté dans la sous région. Aujourd’hui avec notre capacité d’endettement, on est parti à 19 à 20%. A titre d’exemple, sur 100F de revenus 20F seraient de l’endettement. Ce sont des ratios que je devais donner pour que la nation puisse avoir une idée de l’ampleur de cette crise. Lorsque nous prenons la croissance économique, le niveau d’endettement, le déficit du commerce extérieur, le taux de pauvreté etc.. ces indicateurs vont se dégrader, si rien n’est fait. Point n’est besoin alors de donner les chiffres pour ennuyer nos populations, au moment où il faut surtout agir. D’où l’idée de tout faire pour mettre en place une commission de gestion de cette crise présidée par le ministre d’Etat Koukpaki. Cette commission a beaucoup travaillé. C’est très important que je dise un mot parce qu’il faut rassurer. Il y a de l’espoir. Nous avons de la détermination. Nous sommes un gouvernement responsable. C’est pourquoi, je ne voudrais pas escamoter ce passage, cet élément parce que je voudrais respecter le peuple. Et surtout cette commission qui travaille, où il y a le gouvernement, le monde des affaires, bientôt on va y mettre les partenaires sociaux tels que les syndicats etc., les régies sont aussi impliquées. Je suis convaincu que si on doit mettre en œuvre ces mesures, nous allons juguler les effets maléfiques de cette crise. Permettez-moi de vous lire d’ailleurs ce qu’ils ont établi : poursuivre la promotion des filières et des produits locaux à cycle court à exporter vers le Nigeria parce que là aussi, le Nigeria est frappé par la crise. La demande des Nigérians a été affectée. La production pétrolière a aussi chuté à cause de la rébellion qui sabote les infrastructures pétrolières dans le delta du Niger. Il y a une forte coloration du cours du Naira. Hier le Nigeria produisait plus de 2 millions barils par jour. Aujourd’hui il n’en produise peut-être que moins de 800.000 barils par jour, sauf erreur de ma part. Cette baisse pétrolière induit la dépréciation du cours du Naira sur le marché. Le Naira baissant, naturellement le pouvoir d’achat des nigérians est affecté et ils ne peuvent plus arrivés à acheter au marché. A preuve, nos mamans en souffrent actuellement au marché Dantopka. Du fait de la baisse de la production, les autorités ont procédé à une libération pratiquement des produits qui n’étaient pas importés tels que le riz, le lait. C’est dire qu’aujourd’hui les gens peuvent importer tout en étant au Nigeria. Rappelez-vous hier, c’était presque interdit et le riz était importé par le Port autonome de Cotonou, qui constitue la principale assiette fiscale et douanière. Aujourd’hui ces ressources nous ont échappé. Nous avons fait des projections. Si rien n’est donc fait nous sommes partis pour perdre près de 60 milliards d’ici la fin de cette année, du point de vue des ressources, du point de vues des régies, douanes, impôts etc. Mais attention, cela suppose que les principaux animateurs et acteurs, les douaniers et autres agents d’impôts soient vertueux. Si il y a fraudes, nous risquons de perdre environs 200 milliards en terme de projection. D’où la nécessité dans les mesures que nous avions prises, des mesures à effet immédiat. Il y a aussi des mesures qui relèvent du court, moyens et long terme. Donc je disais : poursuivre la promotion des produits locaux à cycle court à exposer vers le Nigeria et pays voisins tels que l’ananas, le maïs ; créer un pôle d’investissements pour l’agro-industrie et du commerce ; développer le cabotage maritime avec les pays de la Cemac ; poursuivre les réformes structurelles. Il y a les mesures qui visent le soutien aux finances publiques… Maintenant, il y a naturellement les mesures structurelles qui vont fondamentalement induire la production pétrolière dans notre pays, la relance de l’offre intérieure, le soutien aux finances publiques, la réduction de la pauvreté, c’est cela le résultat. D’ailleurs, nous avons une dépêche de la Banque mondiale dans lequel on a le taux de pauvreté qui est arrivé à 34%. A partir de cette année, on a revue les mesures de coopération pour donner le nombre exact de pauvres dans notre pays. 37% en 2007, on est revenu en 2008 à 34% dans la perspective de casser ce phénomène qui est l’ennemie numéro un. En réalité, c’est le seul ennemi qui plonge notre cher peuple. Si rien n’est fait avec cette crise, nous risquons d’aller au-delà. D’où la nécessité de trouver des mesures pour réduire fondamentalement cette pauvreté. On a, parmi ces mesures, l’accélération de la mise en place de l’assurance maladie universelle dont le projet est en cours au ministère de la santé. On a également besoin de fixer périodiquement le taux d’actualisation des pensions de retraites (par exemple tous les 5 ans) et le rendre automatique en vue de faciliter l’accession financière ; prélever les apports personnels exigés par les banque sur les cotisations du fond de la micro finance et aux institutions de micro crédits etc. Nous avons également prévu des mesures en direction du secteur financier pour que l’accès à ce secteur financier soit une réalité. C’est pour dire qu’on avait pris un chemin d’espoir. Les résultats étaient là. J’ai donné un exemple. Dans les trois années, en terme de mobilisation de ressources, nous avons mobilisé des ressources additionnelles de l’ordre de 200 milliards.
Mes chers compatriotes, dans ces 200 milliards nous avons prélevé 60 milliards pour améliorer les conditions des travailleurs, syndicats et autres sous forme de salaire, de primes… je dis bien 60 milliards d’augmentation pour améliorer les conditions des enseignants car pour nous le défi du 21ème siècle, c’est de créer des conditions pour que notre pays puisse avoir des ressources humaines de qualité. Et seules les nations qui réussiront à relever ce défi pourront tenir. C’est pourquoi tout ce que nous faisons c’est comment faire pour créer les bonnes conditions de travail aux enseignants. 60 milliards que nous avons affectés à cela seul. La Sbee est une unité de production d’électricité. Que pouvons nous alors faire s’il n’y a pas d’électricité en matière d’assainissement de nos villes, en tant que facteur de production. Est-ce qu’on peut produire sans énergie. On a donc été condamné à affecter près de 70 milliards sur les 200 milliards pour soutenir la Sbee. Elle est arrivée à un moment où elle ne peut plus se refueler, trouver du fuel, acquérir les groupes électrogènes, les centrales thermiques pour pouvoir produire. Elle ne peut pas non plus faire face à ses dettes vis-à-vis de la Ceb (Communauté électrique du Bénin), cet organisme bi-étatique que nous avons créé entre le Bénin et le Togo. Le reste des ressources a été utilisé pour des infrastructures et autres. Voilà ce que nous avons fait. Lorsqu’on a fait le point, nous avions sorti les sujets qui fâchent pour accroître nos ressources. Nous n’avions pas, à un moment donné, dit qu’on a découvert du pétrole et que nous avons commencé par l’exporter. Non, c’est toujours dans les mêmes conditions de travail qu’on a mis l’accent sur les ressources qui échappaient au trésor public. Rendons grâce à Dieu. Ce qu’il nous a fait a permis d’accroître naturellement ces ressources. Malheureusement, je dis bien malheureusement aujourd’hui si cette crise n’était pas venue, on avait déjà pris un bon départ. Comme c’est Dieu qui a créé le Bénin, il faut que nous soyons unis. C’est la seule chose que je demande. Que nous soyons aussi ensemble et je continue de le dire très sincèrement que j’adore le Bénin et tous les compatriotes.
Alors, 60 milliards pour les travailleurs, 70 milliards pour la Sbee, est-ce que vous avez senti que cela a eu un impact positif, même sans la crise ?
Je vous ai dit que si on ne faisait rien en direction de la Sbee, le pays serait complètement dans le noir. Je me suis réveillé un matin lorsque on est venu me dire hé bien ! ou nous fermons la Sbee ou nous procédons aux ajustements, monsieur le Président. Il en est de même pour la Soneb. Qu’est ce que je pouvais faire, je leur ai demandé qu’est-ce que nous allons faire ? Ecoutez, depuis maintenant deux ans, au Ghana, il y a eu inflexion. Et lorsqu’on n’était rappelez-vous, à Kara au Togo dans le cadre de l’Alliance de co- propriété pour faire le point, à un moment donné, nous nous sommes rendus compte que le Ghana qui nous donnait de l’énergie a réduit drastiquement son offre, le Nigeria a fait de même. Or, l’essentiel de l’énergie que nous consommons vient de l’extérieur. Du coup, nous avions dit à nos amis de la Sbee, armez-vous pour prendre du fuel. Il fallait louer des groupes, des centrales thermiques qui coûtent chères. En ce moment, il avait escalade sur les prix des produits pétroliers. Voilà ce qui explique la forte sollicitude de l’Etat vis-à- vis de la Sbee. Je dois dire aussi qu’à un moment donné, il fallait un liquidateur. Ce n’était pas évident. C’est donc le moment pour opérer courageusement les réformes pour sauver notre système de production et de distribution de l’énergie. On sait que sans l’énergie on ne peut pas aller au développement, à la prospérité que nous appelons de tous nos vœux. Tout cela a fait que la production de l’énergie thermique de la Sbee a pris les 30% de notre consommation. Ce qui vient du Ghana est moins cher, l’énergie qui vient du Nigeria est beaucoup moins chère. Mais malheureusement, on l’a reçoit avec des incidences. Des fois ça coupe, ça revient compte tenu des problèmes qu’ils ont de leur côté aussi. La source qui vient de Akosombo est en effet légèrement plus chère que celle qui vient du Nigeria. Mais la source la plus chère, c’est naturellement l’énergie que nous produisons. Ce qui représente, à un moment donné, près de 30% de notre consommation, donc si ce n’était pas fait il fallait fermer la Sbee. Et surtout à un moment donné où la Ceb nous a dit qu’elle est tenue d’augmenter de 5 F ces tarifs pour la Cet au Togo et la Sbee au Bénin. Ce qui nous a amené nous autres à augmenter les tarifs de 15 francs, je crois. Là dedans, nous avons prévu l’ouverture d’un compte séquence pour faire en sorte que les 70 milliards que le contribuable béninois a transféré à la Sbee soient remboursés, car c’est sous forme d’avance que cela est fait.
Et si cela n’est pas remboursé ?
Très bien, nous allons y veillez justement parce que le contexte international aujourd’hui est sévère, seuls les plus riches, le plus forts vivent, étant donné que nous vivons déjà, nous sommes là, nous qui sommes pays pauvres, nous sommes obligés de nous défendre, donc d’aller tout au moins vers la vérité des prix. Quand j’entends nos chers compatriotes syndicalistes dire qu’il faut arrêter les privatisations, je dis non. Ce que je tiens à dire cependant c’est qu’il n’est pas question de détruire l’emploi. Les conditions sociales seront préservées. Il n’y a rien à faire, l’équilibre social sera préservé. Mais comment nous allons faire ? C’est de créer un nouvel environnement qui puisse nécessiter d’énergie et de transport à des prix hautement compétitifs. Aujourd’hui, l’Etat est présent, il y a eu 19 ans de gestion, je ne voudrais pas ennuyer là-dessus et faire peur par rapport à ce que nous avions vu à la Sbee. Je ne peux pas le dire parce qu’on dira après que c’est le Président de la République qui est invité au parlement pour s’expliquer. Je préfère travailler pour le moment.
Avez-vous peur de vous expliquer devant les députés ?
Non, c’est avec plaisir. Vous savez, c’est la vitalité de notre démocratie. Vous savez quand on m’injurie, je suis tellement heureux. Je ris et je dis hé, que c’est difficile cette affaire.
On a compris que la hausse du tarif de la Sbee et de la Soneb s’imposait à nous. Il fallait donc faire face à cela… Mais il faut comprendre qu’au regard des difficultés économique et financière qui s’imposaient à tout le monde, les Béninois ont du mal à les diriger. Alors, vous nous avez énuméré tout à l’heure les propositions que la commission nationale de gestion de la crise a faites. Même en dehors de ces propositions, votre gouvernement a pris des initiatives. Aujourd’hui où est-ce qu’on en est avec la mise en œuvre de ces initiatives et quelles sont les mesures respectives prises pour mettre le Bénin à l’abri ou gérer au mieux l’après crise ? On a l’impression que c’est encore à l’étape de la conception… ?
Nous sommes entrain. Il y a des mesures à effet immédiat, c’est-à-dire qu’il faut mettre immédiatement en application, telles que nos régies. Par exemple, vous n’aviez pas vu entrain de courir entre les régies. Je suis allé à Hilla- Condji pour rassurer mes chers compatriotes qui donnent leur vie à la nation. Je suis allé à la Direction générale de la douane où on a échangé. Je leur ai parlé et ils m’ont compris. Tout ce qu’ils ont dit n’est pas tombé dans les oreilles de sourd. Nous sommes condamner à y aller mais ils m’ont dit qu’ils ont besoin de 4 milliards, sauf erreur de ma part, pour améliorer leurs outils de travail. A Hilla-Condji par exemple, ils m’ont dit M. le Président on a pas de magasins et de parking où stocker les marchandises, charger et décharger les camions pour les contrôles d’usage alors que les camions sont nombreux alignés. Il m’ont dit on a déjà le projet et je leur ai dit allez on va commencer vite, construire ces magasins, construire cette aire de parking etc. Ensuite, j’ai fait venir à cet effet le maire de Grand Popo qui m’a fait part de ses projets. Nous allons soutenir tout cela pour permettre à ces gros porteurs de stationner pour se prêter aux obligations citoyennes. Les autres aussi, trésors, impôts. Je crois aussi, ils ont besoin de 4 milliards. Pas plus qu’hier on les leur a affecté. Et toutes ces régies vont se moderniser, ce qui va accroître leurs capacités de mobilisation de ressources. On parle de véhicules, d’outils informatiques pour plus de transparence. Les demandes sont fondées. Nous avons d’autres mesures qui relèvent du court, moyen et long terme pour améliorer le dispositif général qui est prévu pour pouvoir mobiliser le ressources dans notre cher pays. Nous allons organiser un séminaire, nous allons impliquer nos amis syndicalistes pour que tout le monde se sente concerné. On va parler à nos députés, aux partis politiques, aux producteurs, bref à tout le monde pour leur dire voici ce que nous voulons faire pour juguler cette crise. De toutes les façons, cette crise n’est pas venue pour épargner le Bénin…Il faut voir notre administration. Si on doit continuer comme çà avec elle, nous sommes morts, excusez du peu. Donc, il faut aller aux états généraux pour que cette administration répondre aux préoccupations de développement. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. La meilleure gouvernance est l’une des mesures appropriées à la crise. Nos ressources étant limitées, il faut bien préserver ces ressources, tout en les utilisant à bon escient pour satisfaire à nos besoins.
Au nombre des solutions proposées pour juguler la crise pour des pays pauvres comme le nôtre, il y a la production agricole. Au début, vous avez déjà projeté la résolution verte. Il y a eu le Puasa.. Où en est-on aujourd’hui avec le programme de la révolution verte ? C’est vrai qu’on a l’acquisition de tracteurs, des dotations, des terres.. quelles est l’avancée enregistrée aujourd’hui, M. le Président ?
Ce que nous pouvons dire aujourd’hui c’est que beaucoup de mesures sont prises jusque là. Nous avons constaté qu’en matière de production animale végétale, halieutique, les conditions sont désastreuses sur toute l’étendue du territoire national. Nous avons voulu aller loin, mettre les intrants à la disposition des producteurs pour accroître leurs capacités. Nous avons renoué avec le passé au moment où on avait les Carder, recruter des encadreurs et nous sommes à cette phase quand on a entendu dire que la mécanisation c’est du leurre. Nous n’avons pas le choix, la question agricole est indiscutable. Surtout rendons grâce à Dieu. Car il nous a donné des terres fertiles, des terres arabes d’environs 7 millions d’hectares. Il y a des pays qui cherchent et n’en trouvent pas. Quand je vais dans les pays du Golf on en cultive à peine 1% quand je dis 7 millions ce sont encore des chiffres pessimistes on pouvais aller à 10 millions d’hectares. On a des terres arrosées. Néanmoins je reconnais qu’en périodes de pluie, il y a suffisamment de l’eau. Si c’est cela nous allons inventorier et régler la question de la réforme frontière qui est fondamentale. Notre code foncier rural dit que ce qui appartient à l’Etat c’est ce qui n’a jamais été exploité par qui que ce soit. Imaginez on va où ? Il faut revoir alors tout cela. La situation est aujourd’hui telle que quand on va quelque part on entend cette terre m’appartient. Tant qu’on aura pas réglé cette question on ira nulle part. Mais pour le moment, l’Etat a occupé déjà une partie. Par exemple la vallée l’Ouémé qui est la deuxième la plus riche après le Nil on a rien fait. On n’a pas bougé. Pensons à la phase de la mécanisation. On n’a un budget mais nos ressources étant limitées. Peut être au moins 10 milliards d’acquisition de matériels agricoles. Et comme au niveau de la partie méridionale il y a des herbes il y a des arbres, il est illusoire d’enlever à la main. D’où l’idée d’éssoucheuses. Nous avons acquis tout cela mais toujours est-il qu’il nous faut passer à cette mécanisation, régler la question de l’eau, des intrants pour les mettre à la disposition des producteurs moins chers. Pour certaines catégorie, on a subventionné et parfois gratuitement subventionné les engrais ou de moitié. Il nous faut régler aussi la question des éssoucheuses pour que lorsque les produits seront prêts les acheter pour soulager les producteurs et depuis quelques mois les productions agricoles s’améliorent fortement. Là où on peut me dire mais ce n’est pas ce qu’on voit dans les marchés, je vais de temps en temps au marché sans y voir grande chose. Cela signifie nos produits sont exportés frauduleusement. Donc on n’a pas de politique de frontières où des moyens pour contrôler et limiter les sorties de nos productions. C’est vrai nous sommes dans un environnement sous régional et qu’il soit nécessaire pour le Bénin de respecter le code de conduite qui dit qu’il faut laisser circuler les biens et les services dans l’espace Uemoa, Cedeao dans le cadre de la politique agricole. Mais dans un premier temps si on était bien organisé, ce que nous produisons aurait pu nous suffire pour réduire les prix de ces productions agricole dans nos marchés.
Mais au nombre des solutions proposées pour juguler la crise pour des pays pauvres comme le nôtre, il y a la production agricole. Au début, vous avez déjà projeté la révolution verte. Il y a eu le Puasa… où en est-on aujourd’hui avec ce projet là ?
Merci d’avoir énuméré ce qui a été fait jusque-là. Pour le moment, nous avons constaté que les productions végétales, animales et halieutiques se sont améliorées sur toute l’étendue du territoire national. Nous avons voulu aller loin remettre les intrants à la disposition des producteurs, surtout travailler pour le renforcement de leurs capacités. Nous avons renoué avec le passé. Au moins, le Carder. Nous avons recruté des encadreurs. Nous nous sommes demandé si ce ne serait pas du leurre de vouloir améliorer fortement la production agricole sans passer par la mécanisation. Or, nous n’avons pas le choix la question agricole est très importante. Surtout rendons grâce à Dieu, il nous a donnés des terres fertiles (à peu près 7 millions d’hectares). Il y a des pays qui cherchent ça et qui ne trouvent pas. Mais de cette superficie, on en cultive peut-être à peine 1% on pouvait aller jusqu’à peine 10 millions d’hectares. On a des terres arrosées. Et il y a de l’eau partout en période pluvieuse. Nous allons inventorier toutes les terres et régler la question de la réforme foncière qui est fondamentale. Notre code foncier rural dit ce qui appartient à l’Etat est ce qui n’a jamais été exploité par qui que ce soit. Imaginez on va où ? Il faut revoir tout ça. La situation est telle que vous ne pouvez pas aller quelque part sans que quelqu’un vous dise : cette terre m’appartient. Tant qu’on n’aura pas réglé cette question là, on n’ira nulle part. A un moment donné l’Etat avait occupé certaines parcelles que nous sommes en train d’occuper aujourd’hui. Nous avons dit allons à la recherche de la Vallée de l’Ouémè qui est la seconde la plus riche au monde, après le Nil. On n’a rien fait à ce niveau. Mais on ne bouge pas. Nous passons à la phase de la mécanisation, comme vous avez fait allusion. Mais nos ressources sont limitées. Peut-être au moins 10 milliards d’acquisition de matériels agricoles. Comme la partie méridionale de notre pays contient des arbres, des herbes. Il serait illusoire de les enlever à la main. D’où l’idée des dessoucheuses. Tout ça a été acquis. Mais toujours est-il qu’il nous faut passer à la mécanisation, régler la question de l’eau et des intrants moins chers qu’il faut mettre à la disposition des producteurs. Pour certaines catégories, on en a mis de façon gratuite d’ailleurs. Vous voyez, donc ce n’est pas facile ou alors subventionner de moitié gratuite le prix de ces engrais là. Et il faut régler la question des débouchés. Lorsque la production est disponible, il faut trouver des mécanismes appropriés pour l’acheter, n’est-ce pas et soulager le producteur. Et depuis quelques mois la production agricole s’améliore fortement. Mais là où vous pouvez me dire, mais dans les marchés ce n’est pas ce que vous voyez. Parce que de temps en temps je tente d’aller au marché et je ne vois pas grand-chose dans nos marchés. Ça veut dire que nos produits sont exportés frauduleusement. Donc on n’a pas la politique des frontières ou des moyens pour pouvoir contrôler et limiter les sorties de nos productions. C’est vrai nous sommes dans un environnement sous régional et qu’il soit nécessaire pour le Bénin de respecter le code de conduite qui dit qu’il faut laisser circuler les biens et les services dans l’espace par exemple l’Uemoa, dans l’espace Cedeao dans le cadre de la politique agricole etc. mais dans un premier temps si on était bien organisé, ce que nous avons produit, aurait pu suffire pour réduire les prix dans nos marchés de ces productions agricoles.
On produit mais bon ça s’exporte frauduleusement comme vous venez de le dire. Ça veut dire qu’il n’y a pas de mesure pour qu’il y ait de l’autosuffisance alimentaire au Bénin parce que si on produit et que ça va vers l’extérieur, on fera du surplace.
Je vous ai parlé de la politique des frontières qui nécessite des moyens énormes parce que nous nous avons, au niveau des marchés de nos villes limitrophes, nos villages, il n’y a pas de marchés, il n’y a rien. Des gens viennent d’ailleurs pour ramasser dans un système véritablement archaïque et qui repartent avec les productions. Je dois vous dire que d’ailleurs la question de la l’accès de l’agriculture aux crédits bancaires là aussi n’est pas réglée. C’est aussi un élément important. C’est pourquoi nous avons décidé de créer une banque agricole. Aujourd’hui et vous avez du suivre, il y a déjà une table ronde qui a été organisée et il y a au moins 55% à peu près (je n’ai pas chiffre exact en tête) du capital de cette banque qui est déjà réunis au niveau des intentions. Les gens sont décidés. Nous voulons gérer cette banque là en partenariat avec le secteur privé. D’une manière générale, ce que nous avons faire jusqu’ici c’est pour renforcer la responsabilité de l’état. Dans le même temps réunir les conditions pour que le secteur privée puisse venir s’ajouter et apporté son savoir faire, le technologie et pour améliorer la productivité etc, engager des réformes fondamentales. Le ministère de l’agriculture il faut le former. Nous avons des milliards et des milliards, les résultats ne sont pas aussi satisfaisants. Il faut revoir cela. Les Cerpa… tout ça là à réformer. La Sonapra qui a été créée pour s’occuper de la diversification agricole mais qui hier a essayé de se spécialiser au niveau de la filière cotonnière. Là aussi nous avons essayé de dire bon, ce n’est pas comme ça. Il faut déconnecter la Sonapra. Le coton, on l’a isolé, on an créé la société de développement du coton (Sodéco). Mais depuis qu’on a engagé cette réforme dite moi qu’est ce qu’on a fait ? Pour la première fois on parle de bénéfice de plus d’un milliard. Dans un environnement d’adversité. Qu’est-ce qu’on a dit ? Nous allons ouvrir le capital. On va créer une société qui sera propriétaire de ces dix usines. Et cette société là son capital sera partagé par l’état et le secteur privé. Et ce qui a été fait c’est que l’état détienne 30,33% du capital. Le reste sera réservé au grand public, des béninois de préférence pour que le jour où les actionnaires se retrouveraient sur le marché pour discuter de la manière dont la Sodéco est gérée que ce soit une manière aussi d’aller à la démocratisation de la gestion des affaires de notre pays. Donc un grand nombre d’actionnaires du grand public. Il y a ce noyau qui est professionnel, vous les connaissez bien, ce noyau qui n’a fait que ça, qui a passé toute sa vie à faire du coton de l’égrenage qui est présent et qui détient 33% également. Le reste, on a mis les collectivités locales. Pour le moment, c’est l’état qui fait le portage. Donc on a 33% pour ce noyau et 70% pour l’état mais sur ces 70% l’état ne détiendra que 33%. Le reste, c’est sous forme de portage pour le compte des collectivités locales et du grand public. Mais tout ceci, je dois vous dire, fait partie des réformes que nous avons faites pour le coton.
Merci monsieur le président. Comme on peut découvrir, le projet est porteur de beaucoup d’espoir et de création d’emplois. Certains jeunes se sont déjà intéressés à la question et se sont installés. C’est vrai ils n’ont pas attendu l’installation de cette banque. Ils ont eu recours aux micros crédits. Ils se sont installés mais ils ont des difficultés. Au-delà de cet exemple quels sont les outils qui s’offrent à ces jeunes ou à ces personnes qui veulent s’investir parce que la question du chômage est un casse-tête pour tous les gouvernements. Je crois que le vôtre n’en fait pas exception. Puisque nous parlons d’emplois, c’est vrai il faut pourvoir à l’autosuffisance alimentaire, mais en même temps juguler la crise.
Si je dis que la question agricole n’est pas discutable, c’est parce que je pensais à cette jeunesse. Aujourd’hui, de quoi nous disposons pour offrir des emplois à cette jeunesse-là, leur offrir du revenu, en dehors de la terre ? C’est ça la question. C’est pourquoi j’ai dit on mettra tout en œuvre. Vous avoyez, il y a des questions qui ne sont pas négociable il y a un problème d’avantage comparatif. Donc c’est pourquoi nous avons dit, dans ce programme là nous allons réserver un guichet spécial pour les jeunes. Le programme d’insertion des jeunes dans la production agricole. Dans le cadre de la valorisation de nos vallées. Aujourd’hui nous sommes arrivés à près de 12 milles jeunes qui sont aidés. L’essentiel c’est vrai, il faut le reconnaître se trouve surtout du côté de l’Alibori-Borgou à cause de la vallée du fleuve Niger où tout est pratiquement prêt. Au sud, il nous faut encore négocier, négocier. Il y a encore des jeunes, ça c’est vrai. Mais naturellement au plan national, nous somme à près de 12.000 jeunes qui sont aujourd’hui aidés. C’est déjà quelque chose et nous voulons aller plus loin. C’est pourquoi dans le cadre de mes tourné au niveau des communes, c’est cette question que je leur rappelle. Je dis à nos maires attention ne négligez pas ça. Nous sommes prêts. Parce que tout ce qui est fait pour ces jeunes du point de vue défrichage, réhabilitation des terres etc, c’est fait gratuitement. Vous voyez ? Les intrants tout ça est fait gratuitement à leur faveur. Donc il faut profiter de cela. Ça c’est l’assistance de la nation. Donc nous comptons sur la terre pour régler le problème de l’emploi des jeunes, de la distribution de leur revenu. Nous comptons sur le financement aussi des micro crédits, il y en a qui se débrouillent, je ne sais pas comment ils font. Et l’instrument qui a été mis en place, le fonds national pour la promotion et l’emploi des jeunes. Là aussi, on a mobilisé 5 milliards pour aider les jeunes. Et c’est opérationnel déjà. Je me dis lorsqu’on parle de l’agriculture, d’ailleurs à mon conseiller en charge de l’agriculture Eric Adja, je lui demande de temps en temps aller au jeunes, il faut être toujours avec eux. Pour le moment je n’arrive pas à les regarder dans les yeux, j’ai honte pour l’agriculture on s’est dit, une fois qu’on produit il faut qu’on se donne l’instrument pour pouvoir conserver leurs productions, pour pouvoir les transformer. Tout ça c’est générateur d’emploi. Et les missions sont déjà au Brésil, en Inde parce que c’est des puissances qui sont reconnues pour leur maîtrise des technologies adaptées. Et nous allons nous lancer dedans. Mais c’est à cause ça que l’arrivé de cette crise financière est décevante. Dieu en tout cas, nous croyons beaucoup en toi, aide nous à nous abandonner à toi. Parce que c’est toi qui donnes. Comme c’est qui nous a aidé pour démarrer il faut nous laisser continuer comme ça.
Et la question de la révolution verte ? A fin ! Les biocarburants, on entend toujours de plus en plus parler de ça. Ça risque de créer la famine au Bénin. Est-ce que vous avez fait votre choix ? C’est-à-dire tourner le Bénin vers la révolution verte ou opter pour l’autosuffisance alimentaire ?
Lorsqu’on était à la Fao, ma délégation par ma voix a dis que le choix que nous avons fait, c’est aller vers ces formes de productions agricoles et industrielles tout en faisant en sorte qu’elles soient complémentaires. Maintenant selon la technologie, on peut produit le biocarburant sans entamer les conditions qui doivent nourrir notre autosuffisance alimentaire. Aujourd’hui il faut dire que les technologies sont là, Et son disponible. Je crois d’ailleurs la délégation française nous a soutenu et accepter la proposition du président Sarkozy qui a dit que la république va beaucoup insister sur ça. Il y a eu appel d’offre au niveau de la société de sucrerie les 3S à Savè pour démarrer. Nous produisons déjà la canne à sucre. Nous voulons faire du biocarburant. J’ai dit pourquoi pas ? Si vous êtes prêt, moi aussi je suis prêt. Naturellement ce que nous voulons faire, nous avons déjà une législation et dans cette législation nous avons fait le choix d’aller vers cela sans entamer notre détermination à régler l’autosuffisance alimentaire de notre peuple. Voilà ce que nous avons fait. Il y en a qui viennent déjà et m’ont dit qu’il veule aller dans cette direction. Il y a beaucoup de puissances aujourd’hui. Les pays du golfe qui vont venir. Et ils nous disent dites nous ce que vous n’avez pas. Nous leur avons dit, nous n’avons pas de matières agricoles. Nous voulons aller à la mécanisation. Donc nous voulons faire en sorte que le Bénin puisse produire s’auto suffire et exporter les excédents. On est prêt à acheter cela. On doit faire en sorte qu’on n’ait plus de problème de marché.
Depuis quelques temps dans notre pays, le sujet d’actualité, c’est l’affaire Cen-Sad. On ne vous a pas depuis entendu, c’est vrai. Mais comme nous vous avons devant nous. Pouvez-vous nous dire monsieur le président ce qui s’est réellement passé. Est-ce que vous pensez qu’il soit nécessaire d’en parler ?
Mais la voix du maître compte beaucoup parfois. Les béninois veulent vous entendre. C’est leur droit puisque je leur ai dit que notre démocratie gagnera au fur et à mesure que mes compatriotes vont s’imposer un certain nombre de principes au nombre desquels figurent l’obligation du comptes, l’obligation du compte-rendu je crois et naturellement l’obligation de résultats. Je dois vous dire que naturellement je suis un peu peiné d’en parler ; que je sois aujourd’hui devant ce tribunal parce qu’il y a un tribunal. Il a beaucoup de choses qui se sont passées. Bon, je prie Dieu tout puissant pour que la nation se retrouve le plus rapidement possible. Mais naturellement c’est à nous de créer les conditions. C’est à moi qu’incombe le devoir de rassurer les gens. Ma vision n’a pas changé s’agissant de la meilleure utilisation de nos ressources limitées à des fins du développement de notre nation. Ma vision n’a pas changé sur la question de la lutte contre la corruption, je vous le jure. Mais je crois, vous entendez beaucoup de choses, c’est normal. Je suis un peu plus ou moins la poubelle. La Cen-Sad est ce qu’on a eu fort de demander ce sommet ? Vraiment ! Moi, je pensais que c’était nécessaire. Que tous les investissements que nous avons faits, à un moment où les ressources étaient limitées, il faut le reconnaître. Mais à un moment donné, puisque nous sommes condamnés à régler ça, il faut le faire. Je vous ai parlé des ressources additionnelles que Dieu nous a données au prix de poursuivre, de pourchasser certaines ressources qui nous échappaient hier. Il faut les récupérer, ce que nous avons fait. On va aller vite puisqu’on a ça. Quand on se demande si c’est à cause de la Cen-Sad qu’on a fait même des voies, je ne sais pas quoi dire. C’était nécessaire. Même s’il n’y avait pas la Cen-Sad, il fallait le faire. Peut-être, ce qu’on me dira ça devrait être programmé dans le temps. C’est vrai mais de temps en temps je constate que quand on veut aller vite aussi, eh bien on a des problèmes. Est-ce que c’est l’aéroport qui a été construit depuis l’indépendance que nous méritons aujourd’hui ? On est entrain de parler de quarante neuvième anniversaires qu’on ait qu’une piste où il y a à peine neuf postes de parking. Même les gros porteurs ne pouvaient pas atterrir. Il faut qu’ils allaient jusqu’au Togo. Mais ce n’est pas possible. Il y a aussi des questions qui devaient être non négociables. Nous avons travaillé pour augmenter la capacité de notre aéroport. Ce que nous avons d’abord pour aller à vingt deux (22) postes lorsqu’on nous a dit attention ça ne suffit pas. On a dit poussez on va allez à vingt cinq postes. On a fait lancer un appel d’offres international. Je crois que c’est Colas qui a gagné ce marché là. La voie qui quitte l’aéroport qui passe devant le ministère de la défense te va à air Afrique, là aussi, je reconnais que ce n’était pas prévu dans le budget voté par nos honorables députés. Je le reconnais vraiment. C’est pourquoi d’ailleurs lorsqu’on a dit qu’on va saisir la Bidc, cette banque de la Cedeao pour nous aider parce que qu’à un moment donné cette piste là se dégradait. L’aéroport en fait c’est notre label. Lorsqu’on dit s’il faut créer au bénin un environnement d’affaires de classe internationale, c’est de ça qu’il s’agit. On ne pouvait plus passer parce qu’on a déjà oublié que cette voie là allait disparaître si rein n’étaient fait. On a dit qu’on va aller vite également. Les députés vont nous taper dessus mais ce n’est pas grave. N’est ce pas ! On s’est lancé dedans, il y a eu un appel d’offres international et il y avait deux on m’a dit un certain Yaya, un opérateur économique plus Colas je crois. Sauf erreur de ma part. et les deux avaient proposé une offre de l’ordre de treize et quatorze milliards. Ce dossier est passé en conseil des ministres aussi. Ils ont dit treize quatorze milliards, allez négocier, on n’a pas de moyens etc. prenez celui qui aura consentir plus de réduction. Ils sont venus nous dire, je crois le ministre des Tp, oui c’est Yaya qui a accepté pour dix, onze milliards. On avait décidé de faire ça. Et quand on a commencé, j’ai fait venir le président de la Bidc, Christian Adovelandé. Je lui ai dit sauvez-nous. On va finir ça une fois pour toutes. Mais la voie qui quitte l’aéroport et qui passe par Sheraton et autres là, on a fait ça sous forme de maîtrise d’ouvrage délégué parce qu’on voulait faire tout ça là à la fois et qu’on en finisse. On sait qu’au moins Cotonou, notre capital économique, il faut l’embelli une fois pour toutes, et la doter d’infrastructures quand même qui puissent être à la hauteur de notre démocratie. Naturellement, ce qui a été fait parce que la banque mondiale nous a recommandé en disant si vous avez des problèmes de bureaucratie de lourdeur administrative, vous pouvez vous attacher les services d’une institution privée. Et c’est après cela qu’ils ont fait l’appel d’offres. Ils ont pris Agetur. Donc, c’est l’Agetur qui c’est substituée à l’état pour faire cette voie qui passe devant Sheraton et c’est l’Agetur qui a fait l’appel d’offre lui mêmes. Les comptes de l’Agetur sont certifiés, sont reconnus sur le plan international, les comptes sont audités etc. c’est-à-dire qu’on fait l’hypothèse que l’appel d’offres de l’Agetur est transparent. Voilà ce que nous avons fait. Mais naturellement tous ces dossiers sont passés d’une manière formelle entant que marché public, suivez bien, c’est la rénovation du Cic et Palais des Congrès. Je dois vous dire qu’à la faveur du sommet on na dit qu’il faut embellir notre ville, nos institutions-là où on va faire des réunions et tout ça. Je le reconnais jusque là encore, on repeint, on fait ceci, on fait cela, voyez et puis, j’ai entendu aussi qu’il fallait revoir la salle etc. On était là première mois rien. Deuxième, mois qu’est ce que ça veut dire ça ? Je dis mais j’ai poussé même certains députés aller me voire ça parce que les résultats des députés ma permettraient naturellement de faire le ménage dans mes rangs. Jusque là. Je vous le jure, Dieu est témoin j’ai toujours cru que c’était le ministère de l’urbanisme qui était avait fait le travail. Ca que je voudrais ajouter, c’est que le comité d’organisation aurait, je dis bien aurait là il faut être honnête, aurait là il fait une communication pour dire qu’ils vont renouveler, il ont même donné le coût 2 milliards 600 millions je crois en hors taxe soit l’équivalent de 3 millions je crois en hors taxe soit l’équivalent de 3 milliard 100 millions en toutes taxes comprises (Ttc) sous forme de communication en conseil. Je le dis parce que lorsque l’affaire est arrivée tout el monde avait oublié qu’une telle communication en conseil. Je le dis parce que lorsqu’un jour l’affaire est arrivée trous le monde avait oublié qu’une telle communication est passée. Tout le monde j’étais chez moi lorsqu’un jour, on m’a tiré la main j’ai appelé le secrétaire générale je mais, « vous dites qu’il n’y avait pas le dossier vérifier. Je viens d’apprendre qu’il y a eu une communication. Il se lève sont fouillé. Lui aussi en tant que secrétaire général par intérim il a fouillé certainement il titulaire. Le titulaire est de la justice garde des sceaux donc il a fouillé et il a dit monsieur le président, j’ai trouvé un dossier c’est le comité d’organisation qui a introduit le document la dedans ils ont dit que la réhabilitation devait revenir à 2 milliards 600 millions hors taxes soit 3milliards 100 millions toutes taxes comprises. Eh bien puisque moi j’avais entendu dire qu’il n’y a pas une communication. Mais en réalité ce n’est pas lui qui a introduit. C’est le comité mais à la seule différence qu’il n’y avait pas un dossier pour aider à minimiser le coût etc. ou à tenir compte de la qualité de l’adjudicataire. Il n’y avait pas ça. Mais il avaient dit nous allons le faire ça coûtera 2 milliards 600 millions hors taxes. Il semble je dis bien que je n’étais pas à ce conseil en ce moment. Il y a eu le sommet. Quelques mois après nos députés avec raisons ont commencé par dire attention ça ne va pas, on va faire une commission d’enquête parlementaire mais qu’ils n’ont pas mise en place pendant trois mois qu’ils n’ont pas mise pendant trois mois. Je dis mais cette affaire là eh bien, j’ai besoin d’informer le peuple dans le cadre de l’obligation de reddition des comptes et c’est comme ça que j’ai appelé l’Ige. Personne ne m’a contraint personne parce que personne ne savait comment je fonctionne. C’est de l’intoxication tout ça là j’ai dis l’Ige. Allez me faire ça et c’est comme ça que l’Ige est allée. Dix jours après ce détail est important. Donc naturellement, les députés ils sont dans leur rôle. Nous, on n’a pas été associé etc., ça a été rejeté. Chers amies, je rends grâce à Dieu puisque le constitutionnaliste a exprimé que pour faire tourner les institutions de la nation, il fallait un point de sortie. Et c’est comme ça que j’ai décidé le collectif avec l’ordonnance. Mais, je l’ai fait ça veut dire quoi et que je continuais de poser des actions dans le cadre de l’action gouvernementale, ça veut dire que j’ignore les députés, ça veut dire que je viole notre constitution. C’est ce que ça signifie. Et naturellement ils seraient dans leur droit en disant nous allons traduire le président de la République devant la Haute Cour de Justice pour raison de parjure. Je dis mais, je suis obligé de prendre par la porte qui va me sauver moi ! Donc c’est comme ça que j’ai pris l’ordonnance. Mais naturellement, ce qui est écrit dans le collectif, vous pensez combien de comptes combien de ceci et tout ça là je sois capable de lire au moment où tout ce travail là se faisait ? seul le ministre des finances peut savoir ce qu’il a écrit dans les chapitres etc. donc, toujours est-il qu’on faisait ce débat, puisque les député posaient ce problème de mal gouvernance, naturellement l’Ige m’avait pas remis ses résultats. L’Ige continuait de travailler. Mais, sur qu’elle base je pouvais sanctionner les gens ? Sur la base de « ils ont dit il ont » ou sur la base des intoxications auxquelles ont est habitué maintenant ? J’ai gardé mon sang froid. J’ai dit il vaut mieux que j’ai un support. Et effectivement, l’Ige a fini par me donner le support. Il faut dire que j’avais demandé mais pourquoi vous avez mis tant de temps. Ils m’ont dit ces gars-là, ils ont mis du temps, pendant deux mois ils ne voulaient même pas se prêter à leurs investigations d’après ce qu’il m’a dit. Je dis, je vous félicite. Il m’avait remis ça. Naturellement je n’ai pas tardé. Lorsque je crois que c’était en deux temps. Je dis mais il vaut mieux fusionner. Je veux aller au conseil des ministres. Et c’est comme ça que le conseil des ministres a été convoqué de moi-même en toute indépendance. Aucun partenaire au développement ne savait que j’avais cette affaire. Et c’est comme ça que j’ai réuni le conseil des ministres. On a pris la décision d’aller, le conseil a été houleux c’est normal, de neuf heures à seize heures, ce n’était pas gai. C’était comme si je tirais sur mes troupes. Moi-même je savais que c’était bien une période difficile qui couvre pour moi. C’est normal. Mais je me devais de le faire, dans l’obligation de rendre compte à ce peuple. Je l’ai fait mais le rapport qui a incriminé le ministre des finances, le pauvre, vous savez les relations qui le lient à moi ? D’abord quand je vois les gens s’agiter est-ce qu’avant de le nommer j’ai consulté qui que ce soit ? C’est moi qui l’ai fait venir. Je continue de l’aimer mais s’il y a quelque chose j’ai des enfants et tout ça qui font, non tu as mal fait, je ne suis pas d’accord. Ça s’est passé comme ça. Et lorsque les résultats ont été diffusés bon je vous ai dit qu’on n’a pas changé une virgule pour respecter l’indépendance de l’Ige. Mais je vais avouer que le jour que l’Ige m’a remis le document j’ai ouvert et c’est le jour là que j’ai su que c’est le ministère de l’économie et des finances qui a fait les travaux. C’est monsieur Lawani puisqu’ils ont écrit que c’est lui qui a géré l’affaire. Mais malgré ça j’ai appelé le ministre Noudégbéssi. Je l’ai appelé je dis répondez à l’Ige et effectivement j’ai vu que c’est le ministre Lawani qui m’a remis sa réponse. Vingt quatre heures après comme je n’ai pas réagir, je l’ai convoqué et j’ai dit mais vous là, comment ça et la réponse ? Et c’est là qu’il me dit mais Monsieur le Président, je ne me suis pas occupé du dossier. Donc ça vient confirmer ce que je savais. C’est le jour-là que j’ai su que c’est le ministère de l’Economie et des Finances qui s’est occupé de la rénovation. Mais naturellement, ça a suscité une polémique et avant d’aller au conseil j’ai appelé l’Ige, je dis mais, le ministre Lawani vous a répondu ? Vous tenez sur ce que vous avez écrit ? Voici ce qu’il a écrit quand même. Il me dit « Monsieur le président, Ce qu’il a dit n’est pas vrai ». On est parti au conseil. Si c’est ça, je ne veux pas, puisque l’lge, en la créant, je tiens à respecter ce qu’elle a écrit, ce qu’elle fait. Et c’est comme ça qu’on a balancé l’affaire sans toucher aux virgules. En principe, si je voulais tricher avec le peule, mes chers compatriotes, c’était de prendre et de cacher. Loin de cacher, je ne sais pas si c’est ce qui se faisait avant, je dis de prendre et de cacher et puis terminé. Les gens vont bouder, bouder et puis c’est terminer non ! Je dis non. Je ne veux pas trahir ce peuple-là. C’est vrai, c’est un problème. Si le Cic s’est effondré, voilà, voilà… appréciez ! On a prononcé, sur la base des propositions de l’lge, c’est l’lge qui a identifié les gens pour dire il faut sanctionner tel et tel. Moi, je ne connais personne. On a adopté la recommandation. C’est après qu’on dit que c’est le ministre de tel. Je dis bon, si c’est ça Monsieur Koupaki, regroupez moi tous les protagonistes. Surtout que le ministre Lawani, dans la réponse qu’il a donnée, a rejeté ce que l’lge a écrit. Et c’est comme ça que le ministre d’Etat Koupaki les a regroupés et les a écoutés. Et nous a fait un rapport en disant, en réalité, les conclusions de l’lge ne peuvent pas être rejetées. Mais le problème dans cette affaire, c’est qu’ils ne sont pas arrivés à nous situer les responsabilités. Je ne veux pas rentrer dans les détails. Je dis que si c’est ça, les gens ont dû constater d’ailleurs entre le rapport de l’lge lorsque le rapport a été publié, que c’était le ministre Lawani qui a été incriminé. Mais, lui était déjà parti pour les histoires d’arrêtés qui devaient nous coûter vingt et un milliards sans que moi je ne sois informé, sans que le ministre des Finances soit informé. Je dis mais ça là quand même, ça viole les dispositions de la Charte de fonctionnement du gouvernement. Donc, lorsqu’il est parti, vous avez dû remarquer que au moment où on a publié ce rapport, on n’a rien dit jusque là de Noudégbéssi. C’est lors de la réunion qu’on a appris évidemment qu’il y avait un problème de correspondance entre les structures du ministère de l’urbanisme et les structures du ministère des finances sur cette affaire. Dès cet instant, pour voir clair, il vaut mieux que le ministre Noudégbéssi soit mis de côté. Je dis si c’est ça monsieur le ministre, je vais vous mettre de côté à des fins d’enquêtes ou de justice. On est en démocratie, c’est vous qui devez vous dire d’ailleurs même, moi je démissionne, je me mets à la disposition de la justice. Donc, c’est comme ça que dans un second temps, il a été mis à l’écart. Mais puisqu’on nous a dit que les responsabilités n’étaient pas identifiées, on va faire une commission qui va écouter tout le monde maintenant, franchement dans les détails et nous situer les responsabilités. Nous en sommes là. Je ne peux pas vous dire aujourd’hui qui a tort, qui a raison. Le ministre Lawani, je ne l’accuse pas du tout. Je marche sur ce que l’lge a écrit et j’ai fait ça parce que, il le sait bien, je tiens à l’obligation de compte rendu à ce peuple là devant qui j’ai prêté serment. Donc, ça s’est passé comme ça. Mais, naturellement, ce que je voulais vous dire dans cette affaire, j’endosse la responsabilité puisque je suis le président, c’est moi qui ai nommé Lawani. et Noudégbéssi… J’ai voulu servir la Nation. Je voulais être honnête. Je cherche des compétences. Ce que j’ai cru faire. Le ministre Koupaki qui était là qui n’a pas du tout, du tout démérité ; qui a fait du bon travail d’ailleurs pour aller à l’autre département du développement. Je dis qu’à un moment donné, on a presque fini l’assainissement des finances publiques. On était des rares pays à avoir résorbé les arriérés intérieurs c’est-à-dire la dette du secteur productif vis-à-vis de l’Etat. On avait tout payé à un moment donné. Tout, tout, tout. On était prêt. On fait parti des rares pays des arriérés salariaux. O s’est lancé dans le processus de la résorption des arriérés salariaux vis-à-vis des fonctionnaires. L’assainissement était proche. Franchement, je rends grâce à Dieu. Lorsque j’ai dit bon, puisqu’on est arrivé à ce stade là, monsieur le ministre d’Etat Koupaki, vous, vous irez au développement pour repréciser la vision, où est-ce que nous conduisons notre cher peuple, notre cher pays. Nous devons identifier la voie, où est-ce que nous allons, quelles sont les stratégies etc. mais si vous êtes au ministère des finances, vous allez faire du quotidien. C’est ce que je lui ai dit et j’ai fait venir Lawani. C’est comme ça. Naturellement, je dois reconnaître dans cette affaire là, lorsque les faits se sont passés, j’ai convoqué le ministre Lawani, je dis bien que j’aime bien, qu’est ce qui s’est passé ? Quelque part, est-ce que je peux conclure ou déduire. Donc je l’ai convoqué. Je lui ai dit mais, ce dossier là, Cic et tout ça là, vous êtes courageux ! Pourquoi vous n’avez pas transféré les marchés publics au conseil des ministres ? De deux, d’une manière générale d’ailleurs, j’ai constaté que les fonds publics, vous les gérez seul. C’est dangereux. Lorsqu’il y a des marchés publics, lorsque vous prenez le système des ministres, le ministre des Finances, c’est lui qui a la responsabilité financière de la nation. Et prenons le cas des marchés publics. Un ministre qui décide de faire du gré à gré. Tel qu’on est là aujourd’hui, je ne suis pas informé. Mais le code des marchés publics dit que ce ministre là s’adresse au ministre des finances qui seul, donne la dérogation. Mais le code des marchés publics ne dit pas qu’avant de donner la dérogation, il doit voir le Président de la République ou qu’il doit aller au conseil des ministres. Le code des marchés publics ne dit pas ça. Mais, si c’est quelqu’un qui a peur, qui est humble, il se dit ce dossier là, je ne peux pas gérer ça seul. Je préfère aller me couvrir, n’est-ce pas ? Il n’a pas crû faire ça parce que soit disant d’après la réponse qu’il ma donné, « j’ai cru avoir agi dans le cadre de ma délégation de pouvoir ». C’est ce qu’il m’a dit. C’est la réponse qu’il m’a donnée. D’abord, la première fois, je l’ai eu ; je l’ai convoqué dans mon bureau. Je dis mais, c’est grave ce qui se passe. Pourquoi vous l’avez fait seul ? Lorsque j’ai reçu le rapport de l’lge. Puisque vous ne voulez pas me parler et votre collègue Koupaki. Il m’a dit, « je croyais à l’autonomie des ministères ». Deux jours après, j’ai convoqué le ministre d’Etat Koupaki, le ministre d’Arar Kogui et lui-même le ministre des finances. Je dis mais, monsieur le ministre Lawani, d’une manière générale, vous avez engagé la nation avec les fonds publics seul, mais qu’est-ce que vous faites ? Les institutions de la République, les administrations et tout ça, si vous faites seul, mes compatriotes vont vous induire en erreur si vous ne savez pas faire. Partagez ? Il y avait Kogui et Koupaki. Et c’est là qu’il m’a répondu une deuxième fois, j’ai cru avoir agi dans le cadre de la délégation de mes pouvoirs ». Voilà ce qu’il m’a répondu. Et je dis, moi, si j’étais à votre place, je ne l’aurais pas fait. Puisque vous ne m’en avez pas parlé et vous n’êtes pas venu chercher la couverture au conseil des ministres. Donc, voilà ce qui s’est passé. Ce qui s’est passé, je dois vous dire, je suis mal placé pour savoir aujourd’hui ce qui s’est réellement passé dans les détails. Je ne l’accuse pas. Il s’est passé un incident, le Cic s’est affaissé, le peuple s’en est indigné. Moi, en tant que premier responsable, puisque je n’avais pas l’information, je dis lge, allez me faire ça. J’ai pris le rapport, j’ai réuni mes ministres, j’ai dit voici ce qui s’est passé. Allez, nous allons le publier. Vous qui êtes à côté de moi, je vous aime, je vous adore. Faites votre travail convenablement vis-à-vis de la Nation. Si vous faites autre chose, eh bien, je vais vous lâcher. Je ne vais as couvrir. Je n’ai pas d’amis, je n’ai pas de parents. Je vais vous lâcher sur la question de la meilleure gouvernance, ça n’a pas de prix. Et effectivement, au moment où je le dis, c’est vraiment gênant mais il faut le faire. Je les aime tous et je salue le travail qu’ils font. Mais malheureusement, le problème qui concerne aujourd’hui le ministre Lawani, je dois vous dire que je suis le seul peut-être qui souffre énormément parce que j’aime ce garçon. Je l’aime bien. Comme, il s’est passé quelque choses qui transige avec mes convictions à moi, mais je me suis dit bon, je suis obligé. Et demain, il saura qu’en réalité, Yayi Boni a réellement raison. Alors, demain, si on ne me donne pas les coupables, naturellement, je vais sanctionner. C’est moi qui ai nommé les ministres. J’ai cette responsabilité morale. J’assume. Mais l’objet de la commission neutre d’enquête est de situer les coupables seront sanctionnés, il n’y a rien à faire. Ais je ne peux pas sanctionner, mais qui vais-je sanctionner en l’étape actuelle des choses ? Encore que, il y a une confusion. Qui a fait quoi etc. A ce jour, je préfère ne pas en parler parce que je ne sais pas ce qui s’est réellement passé.
Le terrain sur lequel vous avez aussi quelques difficultés, c’est les relations que vous avez avec les partis politiques. Qu’en dites vous aujourd’hui ? Quelles sont les perspectives que vous leur proposer ?
Le Bénin, c’est mon pays. J’aime mon pays, j’aime la République. Et je ferai tout en mon pouvoir pour consolider cette nation et pour que la démocratie soit renforcée. La paix et la stabilité. Avant de commencer cette émission, je me suis senti redevable de mes chers aînés. Mes papas qui ont été appelés à tour de rôle à cette fonction. Donc naturellement, je les respecte tous, du fond de mon cœur. Et je leur demande, si je commets des erreurs, qu’ils me pardonnent. En un moment puis ce que c’est de ça qu’il s’agit. Pour moi le pouvoir ça appartient à Dieu je suis convaincu de ça. Je ne sais même pas pourquoi c’est moi qu’il a choisi et qui m’adresse à vous mes chers compatriotes. Donc je ne sais pas comment je suis arrivé là. Je n’ai aucune force. C’est Dieu qui a décidé ainsi. Mais dès fois, je demande à Dieu ce qui se passe, ne m’abandonne pas, je t’en supplie. Fasse que nous nous retrouvions pour échanger sur l’avenir de notre cher pays. On me traite de beaucoup de choses, mais moi je souhaite que nous nous retrouvions autour du système partisan de notre pays. Les partis politiques d’une manière générale puisque la politique doit nourrir le peuple dans ce pays doit travailler, doit contribuer à l’épanouissement et à la prospérité de cette nation. C’est comme ça que je vois les partis politiques. Et si nous sommes là où nous sommes responsables. Nous avons mis un système qui crée plus de pauvreté qu’il ne crée de prospérité. Voilà où nous sommes. Donc nous avons tous échoué. Le moment est venu pour que nous réfléchissions sur quelle partie politique doit animer la vie politique de notre pays. C’est à vous de me dire ce qui se passe, vous êtes les mieux placés que moi. Nous avons trop de partis politiques aujourd’hui. J’ai essayé de faire cette comparaison avec les grandes démocraties modernes de ces pays qui se développent et qui émergent par rapport à certains pays de la sous région. Je ne vais pas citer de nos. Mais il y en a. pour créer un parti politique, il y a un certain nombre de préalables qu’il faut respecter sans porter entorse à la liberté politique. Il faut reconnaître que notre constitution est bâtir sur le multipartisme politique. Bon faisons-en le bilan. Est-ce qu’aujourd’hui, ce que nous faisons, nous respectons le peuple, cette nation ? Est-ce que les actes que nous posons dans le cadre des soit disant partis politiques, sont de nature à sauver et préserver la vie de notre chère patrie ? Je suis inquiet parce que je vois s’installer, le régionalisme, le tribalisme. Donc le souhait, c’est de créer des partis politiques et que tout le pays soit pris en compte.
Est-ce une bonne action que vous posez lorsque vous tirez sur vos troupes ? Est-ce que la situation l’exigeait ? Et pourquoi quand les syndicalistes décident de vous soutenir, vous interdisez leur marche ? Vous les empêchez donc de jouir de leurs libertés ?
Ce n’est pas vrai tout ça. Je vous jure, c’est un engagement que j’ai pris. Ce sont des incompréhensions. Je les aime tous. Je crois que j’étais à Kara, lorsque j’ai appris cela. J’ai appelé le ministre de l’intérieur. Avant cela, lorsqu’ils se sont regroupés pour faire de l’agitation à l’intérieur au ministère des finances, j’ai convoqué certains responsables pour demander ce qui se passait. Je leur ai dit, gérons cette affaire dans l’ordre. Le peuple souffre énormément avec ce dossier. Donnez leur l’occasion de respirer un peu et de digérer cette douleur. Parce que c’est difficile de dire que les ministres de la République ont mal fait le travail. Les fonds publics appartiennent à tout le monde. Attendez que la commission clarifie les choses. Et nous aurons l’occasion de savoir qui est responsable dans cette affaire. Vous n’avez pas besoin de faire tant de bruit qui divise. J’ai dit que je ne mentirai pas. Et moi, je leur ai dit de laisser tomber. Je vous jure, ce jour là, c’est comme s’ils étaient d’accord. Demain, ils diront je l’avais dit. Donc, je me suis rendu compte que je me suis trompé. Moi, je suis parti à Kara le même jour. Après, on m’appelle pour me dire qu’ils n’ont pas eu l’autorisation. Et je me suis demandé s’ils n’ont pas l’autorisation, comment vont-ils marcher ? Je tiens aussi au respect des lois de la République. Voilà ce qui s’est passé à mon niveau. Peut-être, tel que c’est fait, il y a une incompréhension.
Est-ce que vous avez donné ordre qu’on interdise la marche ?
Ils m’ont dit qu’ils n’ont pas eu l’autorisation. Est-ce que vous comprenez ce que j’ai dit ? J’ai souhaité qu’ils reportent. C’est mon grand souhait pour ne pas perturber, pour ne pas accroître la douleur de ce peuple qui est meurtrir par ce dossier. Mais vous croyez que je peux vous regarder dans les yeux avec ce dossier ? J’ai honte. Je présente mes excuses au peuple. Moi, je ne croyais pas qu’on serait encore à ce stade où on gère les dossiers avec une telle légèreté. Je reconnais qu’il y a le problème de l’urgence. Je le reconnais à leur décharge. Franchement parlant. Mais ça ne suffit pas parce que l’urgence n’interdit pas le respect des procédures en vigueur. Puisque au titre des reproches, figure la violation des procédures. C’est ça le problème. Même s’il faut aller vite, je ne veux pas faire des interprétations. Mais mon problème aujourd’hui se traduit par la non prise en compte des intérêts des Béninois. De ce point de vue, moi aussi, je le regrette. Mais à ce stade, je ne peux que présenter des excuses à la Nation en ma qualité du Président de la République par rapport à celui que j’ai nommé. J’assume cette responsabilité morale. Je ferai tout pour faire en sorte que les coupables soient sanctionnés.
Est-ce que les syndicalistes peuvent être rassurés aujourd’hui que leurs libertés ne prendront pas un coup ?
Nous avons signé cette convention avec l’Oit, qui reconnaît les libertés syndicales. Je les rassure. Mais il y a des moments qui me travaillent. Je ne peux pas accuser, mais si quelque part quelque chose me gène, il faut que je le dise oui ou non ? Cela dit, le jour où on fait la réunion, j’ai interpellé certains d’entre eux dont mon cher ami Gaston Azoua que j’aime bien. J’ai dit, si vous parlez, vous devez me donner la casquette. Est-ce en tant que syndicaliste ou bien en tant que politicien ? C’est la question que je leur ai posée.
Est-ce qu’il vous a situé ?
Mais en réalité, il m’a situé. Il m’a dit, je fais les deux. Il sera difficile d’identifier le volet politique du volet syndical. Et même quand il a répondu, il a dit je préfère faire plus de politique que du syndicalisme. J’ai dit en fait, j’ai compris tout maintenant. Mais le point sur lequel je suis aussi gêné dans cette affaire, j’ai su par la presse et j’ai lu quelque part qu’il y a obligation de respecter la gouvernance interne. Puisque vous donnez des leçons pour ramener à l’ordre les uns et les autres à la bonne gouvernance. Pour enseigner la propreté, il faut balayer sa cour. C’est mon devoir de leur rappeler aussi. Je vous dis, tout ce qu’ils vont faire, je reçois les critiques. Je les remercie infiniment. Ce n’est pas tombé dans des oreilles de sourd. Je tiendrai compte de leur cri de cœur. Mais est-ce qu’ils respectent leurs textes internes dans la convention interne qui nous lie à eux ? Je ne violerai jamais leurs libertés syndicales. C’est une incompréhension. Je leur présente mes excuses, même s’ils pensent qu’il y a entorse à cela. La meilleure manière de faire plaisir, c’est de respecter naturellement les textes selon la manière dont nous gérons la Nation, les règles de bonne gouvernance.
Vous faites référence aux Ghanéens ? Mais là-bas, c’est leur législation qui le permet.
Oui mais qui a fait la loi ? Nous allons dans la réforme que nous sommes en train d’engager, c’est-à-dire la réforme constitutionnelle. Ce n’est pas pour dire, il faut renouveler le mandat. D’abord notre constitution a reconnu maintenant la particularité des deux mandats. C’est fini, le débat est clos. Pour ma part, tant que moi je serai là, ce n’est pas avec moi. Bon d’autres m’ont posé le problème de limite d’âge. L’identification de la limite a frappé certains de nos aînés. Elle s’impose à tous aujourd’hui parce que, je ne vois pas comment on va violer cette loi. Je ne pense qu’au respect de cette constitution et ça s’arrête là jusqu’au jour où le peuple va décider autrement. Ce que je veux dire, c’est que le multipartisme intégral, tel qu’il est aujourd’hui, ne trahit pas les idéaux de la nation, ne mentons pas. Il faut une réflexion approfondie. Parce que tel qu’il se présente avec ce système partisan, va à l’émiettement des bases de notre nation. Alors maintenant, concernant le dialogue social, je suis preneur. Des fois, on me dit que c’est moi qui ne veux pas. J’ai demandé au ministre chargé des Relations avec les institutions. Où est ce que vous en êtes ? Il me dit à un moment donné, certains ont voulu, d’autres ne voulaient pas. Depuis qu’est ce qu’on fait, s’il n’y a pas de dialogue, s’il n’y a pas de contact. C’est dangereux. Vraiment je souhaite que le temps qu’il me reste aujourd’hui, que nous nous retrouvions, que nous nous aimions, qu’on soit unis pour une même cause : la Nation. Ils ont déjà commencé par poser des actes qui sèment la panique. Qu’est-ce que j’ai remarqué aujourd’hui de la part de quelques partisans ou de quelques partis politiques ?
On sème la panique généralisée. On fait peur, rien ne va. La démocratie est parterre. On recrute des badauds pour balancer des informations dangereuses sur internet. On fait des émissions à l’extérieur pour dire le Bénin est comme ça, ne l’aidez pas. Il faut isoler le Bénin, tant que ce n’est pas nous qui sommes au pouvoir. C’est le peuple qui en souffre. C’est pour cela, pour aller aux prochaines élections, chacun n’a qu’à travailler sur son projet de société, plutôt que de créer des conditions pour organiser une insurrection, en sortant les gens dans la rue. Faire sortir les syndicats dans la rue pour faire peur. Alors que nous menons une vie extrêmement dure dans notre pays. Aujourd’hui des intoxications, des mensonges et la désinformation se développent. On ment sur le président de la République, de manière grave. Je voudrais donner de l’amour et demander pardon pour que nous nous retrouvions pour faire en sorte que les prochaines élections soient organisées dans la paix, dans la transparence. C’est pourquoi je me préoccupe de la Lépi. Il y a deux mois, j’ai envoyé une délégation ministérielle à Bruxelles. Lorsqu’on est sorti péniblement des législatives 2007. Je vous le jure. J’ai dit messieurs de Bruxelles, aidez le Bénin. Si rien n’est fait, le Bénin va brûler. Une démocratie doit être capable d’aider le peuple à choisir ses dirigeants dans la paix et dans la transparence. Moi-même je suis allé à Bruxelles deux fois. Tout en brûlant même l’étape de la délégation de Bruxelles qui est à Cotonou. Je n’ai rien dit à la représentante et je suis parti. Nous avons tenu deux réunions, une à Bruxelles, une à Strasbourg en marge du Colloque sur les Journées européennes de développement et je voudrais remercier l’Union européenne et tous les partenaires, le Pnud, les bilatéraux. Je leur ai dit merci et je félicite le parlement aussi qui a décidé de jouer sa partition. Maintenant ce qui reste c’est qu’on aille vite, on est les seuls à ne pas avoir ce support qui doit sauver notre nation. 17 milliards d’Euros seront mobilisés cet effet parce qu’on a droit à l’erreur et ce serait également source de revenu pour nos concitoyens. Aidez-moi. Et je remercie la société civile qui s’est investie pour qu’on arrive l où on est arrivé. Ce n’est pas fini. Lorsqu’on m’a dit pour désigner les représentants de l’Assemblée dans les communes, c’est la dernière dépêche que j’ai eue que certaines formations politiques ne l’ont pas encore fait. Il faut que la Lépi aille vite et je vous donne l’assurance. Et je n’ai jamais dit que je serai candidat. Mais si je l’étais et que j’étais battu, je vous donne l’assurance, je donne cette assurance que je serai le premier à féliciter celui qui m’aurait battu. Je demanderai 5 minutes, le temps que je prendrai surtout pour remercier le peuple béninois de m’avoir donné cette marque de confiance. Choisir quelqu’un pour gérer les affaires de la cité commune, c’est lui faire confiance. Là où nous sommes aujourd’hui, aimons le Bénin, la nation et la patrie. Soyons prêts à verser notre sang pour elle. Faisons tout pour qu’on soit unis. Mais le pouvoir eh bien, c’est comme un boubou. Je voudrais là paraphraser ce célèbre évêque de la place qui dit le pouvoir, c’est un boubou blanc, qui est beau. Mais lorsque quelqu’un le porte en effet, l’heure viendra où c’est la femme qui dirigera ce pays c’est Dieu seul qui sait à quel moment. Mais vous le beau boubou blanc et que je me mets à verser de l’huile parce que c’est Annick qui est là, pourquoi pas moi et je verse de l’huile sur le boubou blanc. Et je dis à Olga va chercher une lame, tu déchires cela. Le boubou s’est transformé en lambeaux. Et bien après, lorsque mon tour viendra, c’est ce boubou que je porterai toujours. Ça veut dire quoi ? Nous nous créons du tort. Personne ne veut être le président d’un Bénin dévasté, président d’un Bénin qui sera transformé en sang et en flammes. La nation est une indivisible et je demande à Dieu de bénir notre chère nation.


