Lors d’une visite en Ouganda, Luis Moreno Ocampo, procureur de la Cour pénale internationale (CPI), a encore appelé pour une action conjointe de la part des gouvernements dans la région pour arrêter les commandants supérieurs de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), le groupe rebelle ougandais.Le procureur de la CPI insiste que toutes les parties au Statut de Rome dans la région des Grands Lacs ont l’obligation d’arrêter le chef de la LRA, Joseph Kony, qui opère en République démocratique du Congo (RDC) et en République centrafricaine (RCA) depuis l’abandon des négociations de paix en avril 2008. L’Ouganda, la RDC et la RCA sont tous membres de la CPI.
«Je pense qu’il est important de le juger, pas le tuer. Il est important de le juger et d’exposer ses crimes dans le nord de l’Ouganda. Il a commis les mêmes crimes pendant 22 ans. Il est temps de l’arrêter», a déclaré Moreno Ocampo.
La CPI a émis des mandats d’arrêt contre quatre commandants de la LRA en 2005. Kony est confronté à 33 chefs d’accusation pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, y compris le meurtre, l’esclavage sexuel, le viol et l’enrôlement forcé d’enfants.
Moreno Ocampo est arrivé en Ouganda le 11 juillet de la RDC, où il avait rencontré des communautés locales dans la province de l’Ituri déchirée par des conflits. A Bunia, Moreno Ocampo a confié aux Congolais : «Nous poursuivons ceux qui ont la plus grande part de responsabilité dans les crimes commis en Ituri, mais notre mission est aussi de mettre fin à l’impunité afin d’éviter que des crimes futurs soient commis».
Le procès de l’ancien chef de milice de la RDC, Thomas Lubanga Dyilo, pour crimes de guerre, se déroule actuellement à La Haye, et deux autres, Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo, devraient comparaître devant la cour en septembre.
Les leaders de la LRA de l’Ouganda se déplacent entre la RDC et la CAR depuis un peu plus d’un an, depuis qu’ils ont été chassés du Sud-Soudan peu après la rupture des négociations sous la médiation du vice-président soudanais Riek Machar et de l’ancien président mozambicain Joachim Chissano.
A un moment donné au cours de ces négociations, le gouvernement ougandais a tenté d’obtenir l’annulation des mandats d’arrêt de la CPI. Il a été soutenu et les mandats d’arrêt ont été condamnés dans certains milieux en Ouganda et à l’étranger pour l’échec à la dernière minute du processus de paix de Juba.
Moreno Ocampo a indiqué que ces allégations sont sans fondement, affirmant que Kony a utilisé le délai accordé par les négociations de paix pour regrouper et re-armer ses forces.
Répondant à Moreno Ocampo, le ministre ougandais des Affaires internationales, Henry Okello Oryem, a annoncé que le leader de la LRA et ses collègues inculpés ne sont plus éligibles pour un procès en Ouganda après qu’ils ont refusé de signer l’accord de paix à Juba, la capitale du Sud-Soudan.
«Mato Oput (un système de réconciliation traditionnel entre les Acholi dans le nord de l’Ouganda) ne les invite pas parce qu’ils ont refusé la paix. Si Kony ou tout autre commandant inculpé est arrêté en République de l’Ouganda maintenant, il sera immédiatement transféré à La Haye. De même, s’il est attrapé au (République démocratique du) Congo, le Congo a l’obligation de le transférer à La Haye».
Le gouvernement ougandais – aidé par les forces américaines et d’autres forces dans la région – a tenté de capturer les rebelles de la LRA sans succès. Une des incursions, en février, a provoqué des attaques violentes de la LRA sur des civils dans le nord-est de la RDC.
Par rapport à la position de l’Ouganda sur les mandats d’arrêt contre le président soudanais Omar al-Bashir qui pourrait potentiellement visiter ce pays à la fin du mois de juillet pour une conférence, Oryem a réaffirmé l’engagement de l’Ouganda à la CPI, indiquant que l’inspecteur général de la police prendrait une décision sur l’arrestation de Bashir au cas où il entrerait en Ouganda. (FIN/IPS/09)
Source: Wambi Michael (IPS)


