La loi sur le médiateur de la république, en souffrance depuis des lustres devant les élus du peuple refait surface. Cette fois-ci a été la bonne, heureusement. En effet, c’est par 71 voix pour, zéro contre et une abstention, que les députés avaient voté cette loi hier au palais des gouverneurs. Après avoir pris le soin de dépouiller le texte de certaines dispositions comme par exemple celle relative à l’autonomie financière dont pourrait jouir l’institution, les députés ont montré leur bonne foi pour qu’enfin l’organe de médiation et son patron rentrent dans la légitimé longtemps recherchée. La joie étaient manifeste et d’ailleurs perceptible même à des centaines de mètres devant le siège de l’Opm en face de l’Assemblée nationale à Porto-Novo. Comme le mari attendant la délivrance de son épouse avant d’investir les locaux de l’hôpital, le médiateur est apparu dans ses attirails des grands jours, juste après la vote de cette loi. Les collaborateurs apparemment tenus dans le secret de la joie immense qui animaient le chef, ne se sont pas faits prier pour accueillir tout particulièrement le patron de la médiation nationale. Une attitude qui a tôt fait de soulever des inquiétudes dans le rang des citoyens observateurs venus hier à l’Assemblée nationale, témoins de la scène. Alors, la question qui se pose de toute évidence est de savoir de quelle victoire le professeur Albert Tévoédjrè se réjouit-il ?
En attendant de revenir sur la dernière mouture de la loi instituant le médiateur de la république, l’on voudrait croire que les honorables députés ont vraiment fait le toilettage nécessaire avant le vote de cette loi et que rien n’est à craindre si ce n’est l’expression naturelle d’une joie longtemps contenue de la part du médiateur. C’est seulement après cette étape, que prochainement, on pourra démentir ce citoyen qui disait hier devant le palais des gouverneurs : « …et Albert Tévoédjrè réussit enfin à piéger les députés… »
Fidèle VODOUNON


