Il n’y pas eu grand événement hier au palais des gouverneurs à Porto-Novo. En somme, rien de nouveau quant à la position du gouvernement par rapport aux déclarations controverses du ministre Fagnon à Dassa. Ce qu’on retient des débats d’hier, est qu’au-delà de la pertinence de certains députés pour ce qui concerne la gravité des propos du ministre selon les interprétations possibles, tout porte à croire que Fagnon est aujourd’hui l’alibi rêvé pour délier la langue à certains ténors de l’opposition. C’est le ministre en charge des relations avec les institutions, Zacharie Baba Body, qui a eu la responsabilité de représenter le président Boni Yayi hier à l’hémicycle. Dans la réponse à l’interpellation qu’il a lue au nom du Chef de l’Etat, le ministre Zacharie Baba Body, a déclaré en substance que l’acte posé par le ministre Fagnon à Dassa, n’engage que lui. Autrement, la responsabilité du Chef de l’Etat n’est pas engagée dans cette affaire puisque, aux dires du ministre Baba Body, le ministre Nicaise Fagnon n’était pas en mission à Dassa dans le cadre de ses fonctions de membre du gouvernement du président Boni Yayi. La réaction des députés signataires de la décision d’interpellation ne s’est pas fait attendre. Les députés, Adrien Houngbédji, Bruno Amoussou, Rosine Vieyra Soglo, Saka Fikara et consorts ont rejeté en bloc tous les arguments avancés par le Chef de l’Etat par le biais de son ministre en charge des relations avec les institutions. A titre d’exemple, le député Adrien Houngbédji a laissé entendre qu’il était du devoir du Chef de l’Etat de rappeler publiquement son ministre à l’ordre et de présenter des excuses au peuple Béninois. Mais au début de la séance plénière, il a tout d’abord exigé que la lettre d’interpellation soit relue comme pour montrer que le leader des Tchoco-Tchoco n’est plus trop connecté aux réalités du pays, ou du peu à l’actualité de l’Assemblée nationale. Pour le député Rosine Vieyra Soglo, le président Boni Yayi aurait dû discipliner son ministre et présenter des excuses publiques au peuple béninois. Par contre, dans le camp des députés de la mouvance présidentielle, étant donné Nicaise Fagnon n’est pas allé à Dassa dans son rôle de ministre, il ne saurait subir une quelconque sanction de la part du Chef de l’Etat. Il faut en somme retenir que cet acharnement ne vise pas nécessairement à fustiger les déclarations du ministre Fagnon, mais apporte plutôt l’eau au moulin des opposants qui hier, ne sont pas allé du dos de la cuillère. Vivement que cette sortie du ministre Baba Body mette un terme à la polémique.
Fidèle VODOUNON


