Le rideau est tombé vendredi dernier sur le 5è congrès des cours et juridictions constitutionnelles des pays ayant en partage le français. Ces assises ont permis d’évaluer une fois encore les performances des institutions constitutionnelles des pays de la sous région. Au cours des travaux, le cas du Bénin a été cité à plusieurs égards pour édifier des expériences dans les pays africains à l’instar du Togo, de la Mauritanie, du Niger pour ne citer que ces pays.
Le Bénin peut encore se poser en donneur de leçon en ce qui concerne la pratique constitutionnelle dans la sous région. C’est du moins ce qui ressort des conclusions des assises de Cotonou sur les juridictions constitutionnelles. Ce constat a été renforcé par les déclarations du politologue béninois Mathias Hounkpè et du juriste Joël Aïvo qui étaient invités sur l’émission « Eclairage » de la radio nationale (ORTB) du dimanche dernier. En effet lorsqu’on prend les cas de gestion des juridictions constitutionnelles dans la sous région, force est de constater que la cour constitutionnelle du bénin émerveille de par ses prestations. Même si tout n’est pas parfait, les béninois peuvent qu’en même se frotter les mains de ce que leur cour constitutionnelle ne les a pas encore conduit dans une situation de conflit ou dans un contentieux source d’affrontement. Mathias Hounkpè s’appuyant sur des exemples en Afrique a démontré que les juridictions constitutionnelles ont contribué dans nombre de pays à la naissance des différends qui ont conduit à leur tour à des situations conflictuelles. Le cas du Kenya est parlant, et, si l’on ne sait pas faire le Niger se rapproche petit à petit d’une situation pareille. Pour confirmer ces propos le professeur de droit Joël Aïvo a rappelé la scène qui a prévalu au Togo au lendemain du décès du président Gnasingbé Eyadema. La loi constitutionnelle a été touchée pour permettre à un député qui a déjà démissionné de son mandat pour se faire nommer ministre de retrouver ce mandat législatif pour réussir à se faire élire président de l’assemblée nationale et prendre le commandement du pays. La conséquence, c’est qu’il a gagné haut les mains les élections présidentielles qui ont suivi. Violation flagrante de la constitution et du code électorale et pire la cour constitutionnelle Togolaise a reçu encore le serment de ce chef d’Etat. Nulle envie de vous faire revivre les macabres scènes de violences qui ont conclu ce chapitre. Le cas du Gabon ne doit également pas passer sous silence. Puisque la constitution de ce pays n’existe que de nom pour avoir permis à un seul individu de rester plus de 40 ans au pouvoir amassant d’incalculables richesses et affamant du coup les populations contraintes à subir. Et si l’après Bongo se gère comme cela s’entrevoit, le Gabon ne sera certainement pas épargné de la crise politique dont les débouchées sont d’offices le massacres des paisibles populations. Ces quelques mauvais exemples qui entourent le Bénin n’ont pas encore réussi à entacher l’exercice du droit constitutionnel en république du Bénin. Mais tout peut basculer prévient le politologue béninois Mathias Hounkpè qui évoque au passage les procédures qui ont conduit à la désignation des membres de la haute cour de justice et même de l’actuelle cour constitutionnelle. Il faut donc rester en état de veille. Parlant de la révision de la constitution béninoise les deux invités de l’émission «Eclairage» ont affirmé qu’une révision à l’heure actuelle n’est guère inopportune. Seulement il faut réussir à obtenir le consensus national qui est très important même si toute constitution prévoit le mécanisme de sa révision. Après près de 20 ans d’existante de cette constitution, tout le monde sait qu’elle présente des insuffisances et il faut avoir le courage de se faire confiance pour aborder sa révision avec sérénité a ajouté le juriste Joël Aïvo. Le Bénin est donc constitutionnellement au point en tout cas jusqu’à présent et pour ne pas descendre tous les béninois doivent garder leur position de qui-vive.
Mathieu Dahandé


