Le Directeur de la cinématographie du Bénin Akala Akambi a animé, au Centre Africain de Formation et de Perfectionnement des Journalistes, (CAFPJ) à Cotonou, une causerie autour du thème « l’apport du cinéma à la diversité culturelle ». Cette séance d’échanges avec les étudiants en journalisme et en production audiovisuelle a connu un réel engouement et surtout la présence effective du professeur Adrien Huanou et de Pascal Zountchémé, directeur du CAFPJ.
« La défense de la diversité culturelle est assimilable à un cri de détresse, un cri d’alarme et de survie des cultures qui se sentent dominées et menacées de disparition face à l’hégémonie des cultures dominantes, telles que, les cultures anglo-saxonnes. Cultures qui, pour justifier leur domination dans le monde, ont inventé et imposé le concept de mondialisation. » C’est en ces termes que M.Akala Akambi, directeur de la cinématographie au Bénin a planté le décor de cette causerie. Pour le conférencier, la diversité culturelle apparaît comme le droit pour les pays marginalisés de revendiquer leur droit d’exister aux côtés des autres. Il s’agit pour les pays dont la culture est marginalisée de trouver le moyen et la liberté de se valoriser en mettant en valeur les éléments de leurs identités culturelles. Et le cinéma peut aider ses cultures à y réussir. C’est d’ailleurs ce que l’Amérique a fait pour dominer le monde. «Malgré l’absence de statistiques fiables, il est pourtant aisé d’observer que l’industrie du cinéma a été durant les dernières décennies, l’un des instruments de domination des Etats Unis dans le monde. La quantité impressionnante de la production, plus de 800.000 films l’an, ainsi que sa grande qualité sont un phénomène auquel aucun cinéma n’a pu résister.» a déclaré M. Akala AKAMBI. C’est pour cette raison que posant le pas dans les pas de ses devanciers, le cinéma africain doit pouvoir exprimer librement sa particularité. « Je suis fier de voir les béninois consommer sans complexe les films produits en yoruba, en fon plutôt que les productions européennes ou américaines. Ces productions nous proposent d’autres façons d’aborder les problèmes humains avec de nouvelles philosophies et de nouvelles perspectives. Elles proposent d’autres approches dans la décoration de l’espace, dans la définition des éléments plastiques ainsi que dans l’habillage sonore de l’audiovisuelle.» a renchéri le conférencier. Selon Akala Akambi, le cinéma est sans nul doute le médium le plus efficace qui allie l’image et le son. Il est capable de rendre digestes les idées les plus opaques. Le cinéma paraît en définitive être l’art et l’industrie qui offrent le meilleur espace d’expression de la diversité. Il est la synthèse des arts et offre tous les atouts dont les cultures ont besoin pour exprimer, exposer, valoriser et promouvoir ce qu’elles ont de particulier.
Abordant la question du cinéma béninois, le conférencier a estimé qu’il se porte mieux que par le passé. Il n’en veut pour preuve que la quantité des œuvres disponibles de nos jours, soit, une vingtaine de productions par an. Il explique que contrairement aux années 80, le matériel de réalisation est aujourd’hui plus disponible avec la facilité de produire plus rapidement et la réduction considérable du coût des productions cinématographiques. Cependant force est de constater que la question de la formation de nos réalisateurs se pose avec acuité. Le Directeur de la cinématographie demande donc l’assistance et l’accompagnement du Ministère de la Culture pour relever le niveau des productions béninoises.
Ulrich Vital AHOTONDJI

