Yacoubou Touré, président du parti nommé Forum National pour l’éveil civil et civique et, actuel directeur de cabinet du ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, est un grand animateur de la vie politique nationale notamment au sein de la mouvance présidentielle. Face aux derniers développements de l’actualité nationale, il a bien voulu se prêter à nos questions pour donner sa compréhension des évènements successifs qui ont lieu dans le pays. Lisez plutôt
LPE : Monsieur Touré vous êtes président du parti FONEC. Dites nous comment se porte votre parti aujourd’hui ?
Yacoubou Touré : le Forum National pour l’éveil civil et civique est un parti qui a fait quand même son chemin parce qu’il a été créé vers la fin des années 1995 et a participé activement à l’élection du générale Mathieu K. érékou à l’époque pour son second retour au pouvoir. Ensuite dans les années 1999, le FONEC s’est mis ensemble avec trois ou quatre autres partis politiques pour créer l’alliance ‘’Suru ». L’alliance Suru était allée aux élections et avait donc obtenu comme résultat, l’élection de monsieur Gado Guiriguissou, paix à son âme, comme, représentant du peuple à l’Assemblée Nationale. Ensuite, en 2003 le FONEC très actif au sein de l’UBF a pu également obtenir une élue du peuple en la personne de Atchadé Madeleine. Au passage je rappelle que le FONEC aussi, avait été très actif pour la réélection du président Kérékou en 2001. A partir de 2003, il faut dire que le parti a un peu dormi. D’ailleurs comme tout parti politique au Bénin il n’y en a pas beaucoup qui en dehors des périodes électorales soient très actifs. En 2005, lorsqu’il a été clairement décidé par le peuple d’opérer le changement par l’intermédiaire de la personne de l’actuel président de la République Thomas Boni Yayi, le FONEC a pris ses responsabilités et est allé donc faire son congrès à Savè en Décembre 2005. Ce congrès a également contribué au lancement de la campagne présidentielle d’alors à Savè en particulier et dans les Collines en général. Depuis lors, il n’y a plus de répit. Nous avons travaillé dans tous les compartiments et les cellules de réflexion dans le compte de ce qu’il convient d’appelé état major de campagne du candidat d’alors, le Fonec était présent. Nous avons participé aux différentes sortes de campagne, que ce soit les meeting ou les campagne de proximité. Après les élections le candidat du FONEC en la personne du docteur Thomas Boni Yayi était élu président de la République. Il fallait donc restructurer les choses. D’ailleurs dans ce qu’il convient d’appeler FCBE les premières réunions pour la construction de FCBE se tenaient au siège du FONEC à Mênontin. Puis après il y a eu un peu de froideur c’est-à-dire une accalmie politique après l’élection du chef de l’Etat qu’on peut confondre à une léthargie. Mais très tôt les leaders des partis et mouvements politiques qui sont autour de Yayi ont estimé qu’il ne fallait pas dormir pendant trop longtemps, nous avons donc réformé la FCBE lors du congrès de refondation. Le FONEC a joué sa partition ce qui lui vaut aujourd’hui le poste de responsable à la logistique des FCBE. C’est pour vous dire que le parti se porte bien. Et je tiens à préciser que c’est l’un des partis au sein duquel les militants ne sont pas mobilisés sur la base de la richesse du leader ou du président. C’est un parti au sein duquel il y a des débats d’idées. C’est un parti au sein duquel nous faisons beaucoup d’analyse. Lorsqu’il faut monter au créneau nous le faisons pour orienter les populations, soit de façon direct ou publique vers ce qu’il convient d’appeler la vérité.
-FCBE, UMPP, convergence 2011. Rivalité ou complémentarité ?
-Il faut bien comprendre que la FCBE rassemble une frange des formations politiques qui soutiennent le chef de l’Etat. Au sein de cette frange de famille politique, vous avez ceux que certains appellent les yayistes originels. Vous comprenez très bien que nous sommes dans un pays laïc qui a opté pour la démocratie et qui pratique vraiment la démocratie. Ceux qu’il convient d’appeler yayistes primaires n’ont pas fermé la porte à d’autres qui se sont ralliés au mouvement après. D’ailleurs le chef de l’Etat lui même dit « je suis le président de tout le monde ». Tous ceux qu’ils veulent venir pour l’émergence du pays la porte leur est donc grandement ouverte. En cela, d’autres partis et mouvements politiques qui ne sont pas FCBE mais qui soutiennent les actions du chef de l’Etat sont venus. Ceux là faut-il les rejeter ? Ah non! La famille s’est donc élargie et c’est cette famille là qu’on appel l’Union pour la Majorité Présidentielle Plurielle UMPP. Et, dans cette famille là vous retrouvez les FCBE et les autres formations qui ne sont pas FCBE, mais qui partagent les idées du président de la République. C’est donc le petit plat dans le grand plat. Le grand plat ici c’est l’Union pour la Majorité Présidentielle Plurielle. Parce que là vous avez tout le monde. C’est comme une organisation faîtière au sein duquel chaque entité conserve son autonomie organisationnelle et politique et agit librement. Maintenant, Convergence 2011 regroupe une fois encore et de façon originelle, les yayistes originels. Comme je vous le dis, c’est vrai aussi que dedans il y a d’autres Yayistes qui sont venus. Mais ici c’est au sein, c’est à dire dans l’enceinte de FCBE. Convergence 2011 est un bras armé des FCBE au sein de L’UMPP.
- A observer la mouvance présidentielle, on a comme l’impression que le pays vit déjà en campagne électorale. Pour sincèrement avoir entamé aussi précocement la campagne ?
-Non, non et non. La campagne n’a pas commencé. Et si campagne il y a il faut commencer par poser la question à l’opposition non déclarée. Parce que c’est eux qui ont commencé par se réunir à Bohicon. Le G13, G4 et Force Clé bref les G et F. s’il y a campagne c’est eux qui ont commencé la campagne. Maintenant, si vous convenez avec moi que le mot campagne ne convient pas, nous pouvons tous admettre qu’il ne s’agit que de l’animation de la vie politique. Nous ne faisons que joué notre partition dans cette animation. C’est comme deux boxeurs sur un ring. Si l’un donne un coup de poing à son second, il faudrait que l’autre aussi réagisse en lui donnant aussi un ou des coups de poings. Donc c’est exactement cela. Si vous voyez les marches par ci par là, c’est en réponse à leur marche, à leur ballet. Parce que l’opposition déclarée ou non est bien organisée et vous avez vu. Les G et F ont marché soit disant pour soutenir le corps de la santé qui serait en difficulté parce que on n’a pas payé ce qu’ils appellent primes de motivation exceptionnelle mensuelle. Vous vous imaginez, prime de motivation exceptionnelle et mensuelle. Est-ce que quelque chose peut être mensuel et exceptionnel ? Si elle est mensuelle c’est donc continue et n’est plus dans ce cas exceptionnelle. C’est l’opposition qui avait cherché un moyen pour se faire entendre. Pousser par l’envie de manifester, elle n’a trouvé que cet orange pourri sans jus. Ils ont marché. Mais nous en bon boxeur, si tu reçois un coup de poing au lieu de donner un coup de pieds ce qui est proscrit, il faut donner des bons coups de poings aussi. Il faut donner des hypercutes, des crochets et que sais-je encore ?
- En début de semaine dernière, le ministère de l’agriculture dont vous êtes le directeur de cabinet a pris feu. Qu’est ce qui c’était réellement passé ?
- Les enquêtes sont en cours. Je ne saurais vous dire exactement ce qui s’est passé. Mais je peux vous dire que j’ai entendu. C’est qu’il y a eu feu dans un bureau et c’est le bureau du régisseur d’un projet. Comme dégâts montré par la télévision, vous avez eu des billets de banque calcinés, des documents brûlés ainsi que d’autres choses. Qu’est ce qui a provoqué la flamme ? je ne saurais vous le dire. Les enquêtes sont en cours et apporteront certaines des réponses aux interrogations de tous.
- Votre mot de fin
Pour nous, le FONEC c’est même vision, même combat avec le docteur Thomas Boni Yayi. Le président Yayi n’est pas le président du FONEC tout simplement par fantaisie, par suivisme ou régionalisme. C’est parce que cet homme a réellement une vision qui cadre parfaitement avec la vision de notre parti. Pour ça, chaque membre, chaque militant du FONEC est prêt parce qu’on se concerte régulièrement, à l’accompagner jusqu’au bout. Quant au peuple béninois, nous voudrions leur dire, qu’il est temps pour que les populations tournent dos au pain quotidien. C’est-à-dire la mobilisation de l’homme pour le gain quotidien, il est grand temps qu’on tourne dos à ça. L’organisation matérielle, spirituelle, intellectuelle pour le gain quotidien il faut tourner le dos à cela. Il faut plutôt regarder la façon de gérer du chef de l’Etat qui veut que demain soit préparé à partir d’aujourd’hui. Qui veut que, l’on s’organise pour assurer un avenir meilleur à notre progéniture. Qui veut que dans le présent, nous nous organisons pour un gain suffisant en qualité et en quantité afin que chaque béninoise et chaque béninois puisse trouver son compte. Et il appelle ça la prospérité partagée. Et il n’y a pas mieux. Actuellement l’opposition à court d’idées, ne trouve pas autres moyens que de procéder à la désinformation et à l’intoxication. Moi j’invite les populations à la vigilance, d’ouvrir les yeux pour voir, que dit l’homme parlant de Yayi. Que fait-il ? Y a-t-il une dichotomie entre ce qu’il dit et ce qu’il fait ? Certes, il y a des difficultés dans la réalisation de ses objectifs. C’est normal d’ailleurs. Quelqu’un a dit que ce n’est pas le chemin qui est difficile. C’est difficile qu’est le chemin. Autrement dit, tout ce que vous faites sans difficulté n’est pas sérieux. Mais tout avec qui est sérieux se fait avec difficulté. Alors que les gens ne cadrent pas sur les difficultés d’aujourd’hui que rencontre le gouvernement de Yayi Boni pour dire voilà il a échoué, voilà il ne fait rien. Rien de sérieux n’est facile. Et c’est ensemble que nous devons nous mobiliser si nous avons bien compris, sa pensée, si nous avons bien compris sa vision, si nous avons compris les objectifs vers lesquels il veut conduire son peuple, et bien nous devons le soutenir dans les difficultés, pour qu’il ne sente pas le poids de ces difficultés là. Avez-vous vu un véhicule qui roule et qui n’a pas de difficulté ? Il est confronté à la force d’inertie représentée par l’atmosphère c’est-à-dire le vent. Mais il faut donner beaucoup de puissance. Et, cette puissance là, c’est le peuple béninois qui doit la donner au président pour qu’il puisse donc atteindre ses objectifs.
Je vous remercie
Propos recueillis par Dieu-Donné KATAKOULA


