« Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir »
Mamadou Tandja, après avoir brigué la magistrature suprême de son pays pendant une décennie veut sauter le verrou de la limitation à deux mandats présidentiels contenue de la constitution de son pays le Niger pour proroger son mandat. Pour un farfelu argument de vouloir achever plusieurs projets entrepris au nom de la stabilité politique de son pays, Mamadou Tandja substitut malencontreusement la force à la loi par des dérives autoritaires et anticonstitutionnelles. Il faut, comme tout bon chef d’Etat africain, utiliser la force – il s’agit des armes- pour briser la constitution – qui n’est rien d’autre que du papier. Rares sont des présidents africains – sauf Kérékou pour ne citer que celui-là- à quitter les choses à temps réel, au moment qu’il faut, et dans les normes constitutionnelles librement établies par eux-mêmes. Comme le Vénézuélien Hugo Chavez – il n’est pas le seul- a réussi avec brio son maintien à la tête de son pays par le referendum – même s’il a essuyé une honte le 02 décembre 2007- le président Tandja veut se débarrasser de toutes les résistances institutionnelles aux fins de parvenir à ses desseins machiavéliques sans tenir compte des desiderata du peuple. Que veut le peuple ? Le respect de la loi. Mais Tandji veut la force. En sautant les derniers verrous qui obstruent le sentier du sacre, Tandja s’est mis au dos les forces vives de la nation réunies au sein du Front pour la Défense de la Démocratie (FDD) qui compte 231 partis politiques et Ong y compris bien sur ses alliés politiques. Cette grave déviance dictatoriale et ce durcissement de position – à la surprise de tous- peuvent conduire à de graves et dangereux soulèvements populaires qui finiront par dégénérer irrévocablement à des situations chaotiquement dommageables pour le Niger. Des pays qui en ont fait l’expérience continuent de panser leur plaie. D’autres pleurent encore leur mort. Cet état de chose qui risque de monter le mercure local présage, sans nul doute, de mauvais augure dans cette partie stable du continent. C’est dire que le président Tandja, en fin de mandat doit, au nom de la constitution, donner force à la loi pour la sérénité et la quiétude des nigériens et pour son honneur, l’honneur de sa famille et celui des chefs d’Etat africains. Autrement, il confirmera aisément que le pouvoir change l’homme. Non, je dirai plutôt que le pouvoir révèle l’homme.


c’est dommage tout simplement pour l’afrique