L’industrialisation du Bénin peine à décoller malgré la volonté personnelle du chef de l’Etat. Et pour cause l’instabilité du courant électrique. Pourtant, depuis 2003, le gouvernement béninois avait décidé d’aller à la diversification des sources d’énergie en s’invitant dans le projet Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest qui part du Nigéria au Ghana en traversant le Bénin et le Togo. Au Bénin, c’est Bengaz, une société privée constituée de capitaux nationaux qui s’en occupe. Depuis, l’eau a coulé sous les ponts et rien ne profile à l’horizon. L’Etat aurait-il abandonné l’instrument premier de son développement ? Par ces temps de coupures intempestives, on se demande si le projet gazoduc est rangé au placard.
Les populations béninoises avaient rêvé depuis 2003 d’avoir sous peu, une stabilité énergétique grâce au Gazoduc. Le Gazoduc est un projet de fourniture de gaz naturel qui couvre le Nigéria, le Bénin, le Togo et le Ghana. Ce projet comporte deux grandes phases à savoir la mise en place des équipements off shore qui traverse la mer du Nigéria au Ghana et la construction au niveau de chaque pays d’un point T on shore qui pique le gaz de la Mer vers la Terre. Selon les prévisions, ce projet serait déjà bouclé. Malheureusement, il a connu trois ans de retard et le Bénin n’est visiblement pas au bout de ses peines. Selon Monsieur Djidonou, Assistant personnel du DG Bengaz, la construction à l’intérieur de la Mer, est totalement bouclée. Il ne reste donc que la construction du point T qui part de Hio Plage jusqu’à Maria Gléta avant de traverser la ville vers les autres ramifications dont la Zone franche industrielle du Bénin. Selon, l’assistant, le projet connaît déjà plus de trois ans et demi de retard et génère donc des surcoûts qu’il faut gérer. c’est tout simplement triste et dommage qu’un projet aussi important, d’intérêt national et d’enjeux économiques de taille souffre de moyens pour sa réalisation. Les nombreuses opportunités qu’offre le Gazoduc à travers Bengaz sont inestimables. En effet, face au désastre orchestré par le délestage répété dans la sous région en général, et au Bénin en particulier, il était devenu urgent d’aller à la diversification des sources d’énergie, en recourant aux énergies gazières et aux énergies renouvelables (la biomasse, l’énergie éolienne et l’énergie solaire) pour renforcer les énergies hydroélectriques devenues insuffisantes. C’est dans cette vision que Bengaz apporte le gaz naturel comme carburant et combustible pour alimenter les industries et produire de l’électricité. Le gaz naturel est un gaz essentiellement composé de méthane (CH4) à 88,75%. C’est un Gaz Naturel purifié qui est débarrassé des hydrocarbures lourds, des liquides et de l’eau, ce qui le rend convenable pour la production de l’électricité et les applications industrielles. Par voie de conséquence ce gaz est sans grand risque et fiable, compétitif, propre et sans effets nuisibles sur l’environnement. Il Permet un approvisionnement de longue durée en raison des réserves abondantes dans la région surtout au Nigéria. Ce gaz naturel est utile à diverses applications telles que la production d’électricité, le processus de chauffage, la production de vapeur, la combinaison de la chaleur et de la vapeur, le séchage, le chauffage de l’Eau, le chauffage des Locaux. Ce gaz sert aussi de matière première pour les industries chimiques et pétrochimiques ; on pourra le comprimer pour les véhicules utilisant le gaz naturel. Il était d’ailleurs prévu la Construction d’une centrale électrique dans la ZFI pour sa viabilisation. Avec le gazoduc le Bénin s’ouvre les portes d’une autonomie énergétique. Aussi assistera-t-on à l’arrêt des problèmes de délestage, la diminution du coût de l’énergie électrique, l’amorce de l’industrialisation de notre pays (drainage d’investissements industriels nationaux et internationaux), la Baisse remarquable du taux de chômage avec l’avènement des industries. Au regard de l’impact très positif de ce projet sur toute la nation, on s’étonne de la somnolence de L’Etat dans ce domaine. Pourquoi depuis trois ans les choses bougent si timidement en dépit du caractère d’ailleurs environnementaliste de ce gaz ? La diversification des sources d’énergie est un impératif catégorique surtout par ces temps d’instabilité énergétique. Quelle émergence pourra-t-on construire sans une énergie fiable et propre, disponible en quantité et en qualité ?
Ulrich Vital Ahotondji


