Le ministre de l’Economie maritime, des transports maritimes et infrastructures portuaires explique ici les réformes qu’il a entreprises et qui font partie des sujets qui fâchent à l’ère du changement. Issa Badarou Soulé évoque ses grands chantiers et se prononce sur la privatisation ou non de la Sobémap. Le Ministre accompagne le chef de l’Etat dans sa vision pour que le Bénin rattrape le temps perdu et arrive rapidement à l’émergence et à la prospérité partagée.
-Monsieur le Ministre, à part le port de Cotonou, quels sont les autres secteurs de votre département ministériel ?
- Je tiens tout d’abord à préciser qu’il n’y a pas que le port de Cotonou. Au niveau de ce premier volet de mes attributions, il y aussi le Conseil national des chargeurs du Bénin (Cncb), la Société béninoise des manutentions portuaires (Sobemap), la Compagnie béninoise de navigation maritime (Cobenam) auxquels il faut ajouter les privés qui opèrent au port de Cotonou.
Le deuxième volet, ce sont les transports maritimes. Quand on parle des transports maritimes au niveau du Bénin, il faut a priori voir la Cobenam qui représente le Bénin dans ce domaine. Etant donné que nous mettons un accent sur les transports maritimes, il va alors falloir réveiller cette société et faire en sorte qu’elle se dote de navires. Cela fait partie des réformes que nous avons engagées et qui aboutiront à coup sûr, car pour y parvenir nous nous sommes doté d’un plan d’action bien précis. Tout ce qui est mer et eau continentale nous concerne, c’est pourquoi, au delà des transports maritimes, nous nous occupons aussi des transports fluviaux et lagunaires. Il y a des cours d’eau au Bénin qui sont navigables, mais jusque-là, ils n’ont pas encore été recensés. La vision du chef de l’Etat commande de le faire et nous nous y attelons. A cet effet, une étude dont nous attendons incessamment les résultats a été lancée car des travaux seront engagés avant la fin de cette année pour montrer l’importance capitale que revêtent ces cours d’eau.
Enfin, il y a l’économie maritime. Jusque là, son importance n’est pas encore bien perçue. L’accent a été toujours mis sur le port de Cotonou. Le chef de l’Etat pense que si le port de Cotonou est le poumon de l’économie nationale et que nous avons la mer, il importe d’exploiter au maximum cette richesse que Dieu nous a donnée. C’est pourquoi il a créé ce département ministériel intitulé, économie maritime, transports maritimes et infrastructures portuaires. A cet effet, l’espace maritime béninois doit être bien cerné et sécurisé, car dans cet espace nous pouvons réaliser énormément de choses pour la croissance de l’économie de notre pays. La vision du chef de l’Etat est telle qu’il faudrait embrasser tous ces aspects.
- Quelles sont les différentes réformes que le chef de l’Etat vous a confiées pour changer le visage du secteur maritime au Bénin ?
-Le chef de l’Etat a une vision que je me suis fait le devoir d’approprier. Ensuite, j’ai décliné cette vision en mission et en objectifs. Dès ma prise de service, j’ai reçu les directeurs généraux des structures commerciales sous ma tutelle à savoir : le Port autonome de Cotonou, la Cobenam, la Sobemap et le Cncb. Après avoir diagnostiqué les maux dont elles souffraient, j’ai donné les instructions nécessaires pour une thérapie subséquente afin d’améliorer les choses. J’ai également reçu les responsables syndicaux pour faire le point avec ces derniers.
Lorsque des améliorations ont été notées, je suis allé sur le terrain pour toucher du doigt la réalité au niveau de ces structures là.
Les réformes passent indubitablement par les hommes mais nous avons hélas constaté que le personnel est vieillissant parce que les recrutements avaient été gelés à un moment donné. Or les secteurs en question ont besoin des spécialistes pour corriger les tares. A notre demande, toutes les structures nous ont présenté des plans de formation pour renforcer les capacités de leurs ressources humaines et les investissements à faire, c’est-à-dire le plan de passation des marchés. Le chef de l’Etat a été très clair ; il veut construire une économie solide, cela nécessite des bases solides tout de suite qui impliquent bien évidemment une bonne organisation. Alors, au niveau du ministère, la synthèse a été faite, car il ne faudrait pas que le port autonome de Cotonou pose un acte par exemple au niveau investissement qui embête une autre structure. L’ensemble de ces structures forment une équipe, une chaîne et on apprécie la force d’une chaîne à partir de son maillon le plus faible.
- Vous appliquez de la méthode dans votre manière de gérer votre secteur. C’est ce qui a certainement motivé la remise des lettres de mission aux directeurs des structures sous tutelle. Que visez-vous dans cette démarche novatrice ?
- Dans les lettres de mission que j’ai remises aux directeurs des structures sous tutelle, après avoir rappelé la vision du Chef de l’Etat, j’ai défini des objectifs. Il leur revient d’établir un plan d’action avec un chronogramme précis pour atteindre les objectifs fixés. Je tiens au respect des chronogrammes, à cet effet, il y aura des contrôles. C’est ce que recommande d’ailleurs le Chef de l’Etat qui veut que les choses aillent plus vite.
- Le chef de l’Etat est-il un homme pressé ?
- Au regard de ce qui est fait en deux ans et demi par rapport à la quarantaine d’années d’indépendance, on peut sans risque de se tromper avancer que le Bénin avait perdu beaucoup de temps. Si nous voulons vraiment rattraper ce retard, nous avons donc à travailler énormément pour trois générations : ce que nos parents n’ont pas pu faire, ce que nous devons faire et une partie de ce que nos enfants auront à faire. Il y a des pays qui étaient au même stade que nous il y a trente ans, le niveau auquel ils sont aujourd’hui doit nous interpeller.
Je ne dirais pas que le chef de l’Etat est pressé. Il veut que son pays arrive rapidement à la prospérité partagée. Il est bien obligé de mettre les bouchés doubles. Et nous devons pouvoir l’accompagner dans ce sens.
- Au niveau des chantiers ?
- L’enceinte portuaire, qui n’est pas faite pour recevoir des bureaux et autres, est engorgé. Une enceinte portuaire, c’est d’abord et avant tout de l’espace pour l’entreposage des marchandises. C’est pourquoi, nous envisageons de raser les bureaux du port autonome de Cotonou, de la douane, de la police, etc, pour avoir beaucoup plus d’espace dans l’enceinte portuaire. Cette opération nous permettra de gagner 20 à 30 hectares.
Nous allons construire deux tours d’au moins 18 niveaux qui vont non seulement contenir les agents qui travaillent dans les bureaux au niveau de l’enceinte portuaire mais aussi recevoir tous ceux qui opèrent au niveau du port de Cotonou. C’est ce que j’ai dénommé le Centre des affaires maritimes. L’étude architecturale est prête et ces tours seront réalisés sous peu. Cela va régler d’abord les problèmes de câblage, les agents n’iront plus se promener partout pour faire les formalités. Toutes ces formalités se feront au même endroit, ce qui induit la facilitation de la tâche pour l’informatisation. Ainsi, les marchandises qui arrivent à Cotonou pourront sortir très rapidement. C’est seulement comme cela qu’on peut montrer l’efficacité de notre port.
- Auriez-vous les moyens pour la construction des tours jumelles ?
- On ne lance pas les choses en l’air. Dans la construction des tours jumelles, les orientations du Chef de l’Etat qui prône le partenariat public privé sont suivies. Aujourd’hui le public seul ne peut pas faire grand-chose. Il faut absolument associer le privé. Depuis que nous avons lancé les études architecturales, il y a eu des privés qui ont pris contact avec nous. Personnellement j’ai pris contact avec l’un des responsables de la Boad qui a manifesté un grand intérêt pour ce projet. Il y a déjà trois opérateurs économiques qui sont intéressés par ce Centre des affaires maritimes, et d’ici à là, les travaux, qui coûteront à peu près trente milliards de francs Cfa , seront lancés.
- Parlez-nous de la modernisation du port avec le Mca ?
- Dans le volet portuaire du Mca (Millenium Challenge Account), il est question aujourd’hui de construire deux quais avec un terminal et en confier la gestion à un concessionnaire. Le processus est déjà engagé et les constructions bénéficieront du financement du Mca.
Il avait été retenu de construire des quais à – 12,5. Mais nous avons suggéré, après avoir fait appel à Sfi d’aller à -14, pour une question de compétitivité. Il y a, en effet, un port voisin qui va faire un terminal à -16. Quand ce terminal sera réalisé, tous les navires iront vers ce port concurrent d’où va se faire le dispatching. Moi je ne voudrais pas que le port de Cotonou soit un port secondaire. Par conséquent, il faudrait faire construire un quai qui serve non seulement aujourd’hui, mais qui soit aussi valable dans 20, 50 ans.
- La partie américaine est-elle d’accord ?
L’accord de principe a été donné et le dossier d’appel d’offres a déjà pris en compte cette option. Les soumissionnaires en tiendront compte, ils ont tout intérêt à le faire aussi. Il est plus rentable de venir avec de gros navires au port et à partir de là faire le dispatching, c’est toujours mieux. C’est plus bénéfique que de venir avec de petits navires.
- Avez-vous vraiment l’intention de privatiser la Sobémap ?
- Quand j’ai été nommé à la tête de ce département ministériel, j’ai visité les structures sous tutelle. Je suis allé à la Sobemap et en ai profité pour rassurer tout le monde. Mon intention n’est pas de privatiser la Sobemap, cela ne fait partie ni de la mission que le Chef de l’Etat m’a confié, ni de ma feuille de route. J’ai fait comprendre aux travailleurs de cette société que leur entreprise ne sera pas privatisée, mais qu’il faut qu’ils travaillent durement. La Sobemap est en concurrence avec des structures privées. Si ses agents baissent les bras, les autres vont prendre le dessus. L’enjeu, c’est d’abord le port de Cotonou qui est en concurrence avec les autres ports de la sous-région. S’il y a des défaillances au niveau des structures portuaires et qu’elles ne sont pas compétitives, les marchandises iront ailleurs. Dans cette hypothèse non souhaitable, c’est tout le monde qui perd. Nous gagnerons donc à ne pas avoir de maillon faible dans le système car cela va jouer sur tout l’ensemble.
Moi je suis là pour faire en sorte que le secteur marche d’une façon générale.
Réformes portuaires : (Des dockers apprécient)
La réforme portuaire engagée par le ministre Issa Badarou est appréciable et mérite d’être encouragée et soutenue.
Il faut remarquer que les dirigeants de la société Sobemap ne seront jamais contents de la réforme parce que la réforme val leur bloquer beaucoup de choses qui sont dans leur intérêt et que la réforme va permettre la société à émerger. Franchement si vraiment la reforme peut être possible, les dockers seront reconnaissants à jamais au ministre Issa Badarou parce que la réforme est en direction de changer la vie des dockers. Donc on appel le gouvernement au secours pour aider le ministre à ce que la réforme soit effectif. Nous souhaitons que nos dirigeants de la société Sobemap soient reversés dans la main de l’état parce que après tout c’est une société d’état que l’état doit savoir ces qui se passe dans la société. Si non ils vont continuer à faire toujours ce qu’ils veulent et c’est ça qui va anéantir la bonne marche de l’émergence du pays. Le monde des dockers tient à informer le président de la république que s’il ne prend pas le monde des dockers aux sérieux pour barrer la route aux pilleurs de l’état tels que les dirigeants de la Sobemap. »
Valentin BOSSOU
Il faut comprendre que les béninois n’aiment pas de réformes, quelle que soit l’option choisie, en ce sens que toute réforme aura pour effet incontestable la bousculade, la perturbation et la désorganisation des anciennes habitudes .
Les réformes portuaires engagées par le ministre Issa Badarou ne sont pas de son fait, mais une des clauses du programme américain d’Mca avec le gouvernement béninois. Quelle que soit la nature des mécontents les réformes se poursuivront jusqu’à la fin.
Les réformes portuaires engagées permettront certainement de favoriser le principe des richesses partagées au lieu de toujours laisser une minorité s’enrichir sur le dos de la majorité.
Alassane Aboudoulaye
Pour moi les réformes portuaires engagées par le ministre Issa Badarou méritent d’être soutenues et encouragées. Car cette situation arrangera les vrais travailleurs et le port va tourner en plein régime. Les opérateurs économiques locaux et étrangers les acteurs du sort trouveront la facilité et la simplicité dans tout ce qu’ils feront.
Il faut comprendre que les opposants de ces réformes ne sont d’autres que ces personnes qui ne font rien, qui ne rendent aucun service ni au port autonome, ni à la Sobemap mais qui gagnent de gros salaires. Ayant compris que leurs intérêts sont menacés ils ne peuvent qu’opter que pour des grèves et des marches pour lutter contre ça. Moi j’exhorte monsieur le ministre au courage pour réformer tout ça qui est à réformer, sans regarder la rougeur des yeux de personne et Dieu l’assistera jusqu’à la fin.
Source: ECHOS MARITIMES


je ve que ça aille dans ma boîte