Les œuvres de fiction se comptent aujourd’hui par centaine au Bénin. Il y a comme une explosion du génie créateur béninois qui explore divers domaines de la culture. Dans le présent dossier nous nous sommes intéressés à la compagnie de cinéma et de théâtre «les Aziza plus du Bénin» en regardant de plus près certaines de leurs productions. Au-delà de la comédie théâtrale, il convient de noter que les Aziza plus du Bénin prennent une part active dans la critique socio-politique. Au travers de l’action et des personnages qui l’accomplissent, le cadre spatial et temporel, le sens intrinsèque de l’action, les significations et la technique utilisée, nous découvrons une compagnie qui contribue à l’évolution de la société en dénonçant les maux qui la minent.
Régie par la loi 1901, la Troupe «Les Aziza plus du Bénin » est une compagnie de théâtre et de cinéma créée en 1994 et ayant pour seul but la promotion des valeurs culturelles du Bénin tant au plan national qu’au plan international. En d’autres termes, il s’agit pour cette jeunesse montante d’intégrer dans toutes ses œuvres « l’exception béninoise » en matière de culture de sorte à améliorer l’image du Bénin dans ce domaine. Cette troupe qui existe depuis 15 ans a vu le jour sur les bancs de différents Collèges d’enseignement général du quartier AKPAKPA à Cotonou. Elle s’est assignée comme mission de combler le vide culturel qui se faisait sentir au Bénin dans le champ cinématographique avec la réalisation de long métrage authentique et d’une originalité recherchée. A l’époque, il n’y avait pas d’initiatives plurielles pour le cinéma et même la comédie théâtrale restait l’apanage de quelques uns. Pour le secrétaire général et chargé de communication de la troupe «Les Aziza plus du Bénin », Pierre HOUNTONDJI, il fallait faire parler du Bénin à l’extérieur sur le plan culturel. C’est pourquoi ils ont décidé de faire du théâtre et du cinéma qui véhiculent la culture béninoise en particulier et celle africaine en général. Ils se sont retrouvés sur l’initiative de Serge Yéou Président de la troupe pour former un noyau de 6 membres fondateurs que sont Simplice Wekpon, Wilfrid Chodaton, Abel Coffi et Léopold AHOKPONOU en plus du Président et du secrétaire général sus mentionnés. Dans toutes les activités culturelles des collèges d’Akpakpa et environs à l’époque, cette troupe était fortement sollicitée. Ce groupe de 6 évoluera au cours des années pour se fixer au nombre 10 avec l’entrée de Houéssinon Chantal, Samuel AKANHO, Germaine Kpètèhogbé et colette Savi. Il faut préciser que pour des raisons conjugales, Germaine Kpètèhogbé est démissionnaire et pourrait être remplacée par Laurenda de Meideros dans les prochaines réalisations.
Les différentes œuvres de la troupe «les aziza plus du benin »
La compagnie de théâtre et de cinéma «Les Aziza plus du Bénin » compte à son actif une panoplie de productions théâtrales et cinématographiques en plus des spots publicitaires de sensibilisations auxquels elle participe. De 1994 à 1999, on note des œuvres de théâtres telles que Victimes innocentes, Prix de l’ingratitude, Noubogbahou, escroquerie à haute dose, dangers publics etc.
L’année 2000 marque un tournant décisif dans la vie de cette troupe. Avec l’aide de feu Sévérin AKando, parrain de La compagnie de théâtre et de cinéma «Les Aziza plus du Bénin », qui a transmis le virus du 7ème art à cette jeunesse dynamique, une nouvelle ère s’ouvre. Ayant été initiés au B.A Ba de la production audio-visuelle et au cinéma, Serge Yéou, Pierre Hountondji et leurs collègues se sont lancés dans le tournage d’un long métrage de 1h 50′ encore que les normes internationales recommandent 90minutes. Après plusieurs mois de durs labeurs, ils accouchent de « Senami » le 29 Janvier 2001. « Senami », c’est l’histoire d’une femme qui a su dompter son mari dans le foyer avec le ‘Gbotémi’ c’est-à-dire les forces occultes pour qu’il reste soumis à ses desiderata. Tchénagnon, l’acteur principal de ce film est incarné par Serge Yéou et Sènami, la femme envoûteuse est jouée par Chantal Houéssinon. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, ce long métrage a été projeté sur écran géant dans les salles de cinéma et les maisons des jeunes du territoire national. Ce coup d’essai qui s’est avéré être un coup de maître a galvanisé la jeune équipe et lui a permis de s’élancer dans une nouvelle aventure dès 2003. Ainsi en Août 2003, la compagnie de théâtre et de cinéma «Les Aziza plus du Bénin » a réalisé un autre long métrage intitulé « la nuit tombe à midi ». Un film qui relate le conflit des classes sociales. Un jeune homme riche tombe amoureux d’une fille pauvre. Il doit affronter la résistance de ses parents et aplanir les vielles querelles existant depuis des lustres entre les deux familles. Ce long métrage a connu la participation d’artistes de renom comme G.G Vickey. Malheureusement la béninoiserie et le nivellement par le bas ont étouffé la promotion de ce chef d’œuvre inconnu du grand public qui reste en stand by. Cette décharge électrique a mis du plomb dans l’aile des Aziza plus du Bénin qui se sont contentés des spots publicitaires de sensibilisation sur divers sujets de 2003 à 2007. L’avènement du Docteur Boni Yayi à la tête du Bénin a suscité un engouement au sein de la troupe qui a constaté que le nouveau président du Bénin tente de démystifier la Présidence. Son populisme effréné et ses limogeages instantanés ont nourri la créativité de la compagnie et donné naissance à la série Monsieur le Président. Les Aziza plus du Bénin entre de ce pas dans une nouvelle dynamique. Le 14 Décembre 2007, elle enregistre Monsieur le Président et l’heure de Dieu. En avril 2008, la colère du Président et destins croisés voient le jour et en décembre 2008, l’heure est grave Monsieur le Président.
Circuit de Distribution
La compagnie de théâtre et de cinéma «Les Aziza plus du Bénin » s’auto produit sur fonds propres. Le travail de montage et de réalisation est assuré par DYS, une structure de production dirigée par Serge Yéou. Comme on peut s’en douter la distribution est un maillon important de la chaîne de production. La troupe a expérimenté tout au début, l’auto distribution. Mais au bout de quelques années, elle a signé un contrat de distribution exclusive avec la maison Vinaïm dont les boutiques sont présentes un peu partout sur le territoire national. Selon le Chargé à la communication de la Troupe Monsieur Pierre Hountondji, en l’espace de 3 à 6 mois la troupe vend pour ce qui est des discs timbrés par le Bubedra environ 50 mille exemplaires des œuvres produites. Parallèlement au circuit officiel, il faut remarquer que la piraterie fait ravage dans ce domaine et vend parfois le double voire le triple de ce nombre surtout au niveau des frontières de sèmè du côté du Nigéria et Hilacondji du côté du Togo. Il ne s’agit là que des CD petits formats produits pour consommation domestique. En ce qui concerne la cinématographie, le long métrage ‘Sènami’ présenté au grand public a connu un succès éclatant. Dans toutes les maisons des jeunes où ‘Sènami’ a été projeté, la troupe a fait carton plein. On a dû réanimer certains spectateurs au musée da Silva à porto novo tellement la salle était pleine à claquer. Plusieurs centaines de personnes se bousculent à l’entrée des salles de cinéma lorsqu’il s’agit de projeter ‘Sènami’. C’est sans doute le plus grand succès enregistré par les Aziza plus du Bénin.
Analyse critique de ‘Monsieur le Président’ et ‘L’heure de Dieu’
‘Monsieur le Président’ est une comédie théâtrale qui raconte l’histoire d’un Chef d’Etat, chef de gouvernement qui a brisé le mythe qui entoure un président de la république, un président au coeur de la population, un président décidé à assainir les finances publiques, à enrailler l’impunité et à mener une lutte implacable contre la corruption. L’action se déroule dans un cadre réel. Des salles d’audience, des écoles, des quartiers inondés, des rues, des chantiers etc. le cadre est très réel et montre que nous sommes dans une vraie République. Le temps ici est réaliste. Le jour comme la nuit s’alternent comme dans le réel. Seulement, le temps file. Toutes les actions se suivent en quelques minutes comme si réellement toutes ces actions pouvaient avoir lieu en si peu de minutes. Des mois et même des années sont représentées en 1h voire 30 Minutes. Monsieur le Président affiche une volonté claire de développer son pays. Il est sur tous les fronts et tous les chantiers à la fois. Avec Monsieur le Président, les acteurs montrent que le mythe qui entoure un Chef d’Etat est tombé avec l’avènement de Serge Yéou au pouvoir. Il met les pieds dans l’eau. Il mange avec les zémidjans, il embrase les enfants. Bref, le président autrefois haut perché est descendu dans la masse. On remarque aussi que le mode de limogeage des ministres ne plait pas à tout le monde et crée beaucoup de problèmes sociaux. C’est le cas avec le Ministre Chodaton dont la vie sentimentale a pris un coup. Tout comme la vie de son neveu qui a pleuré toutes les larmes de son corps. Le thème récurrent ici est la gouvernance dans tous les domaines. La question de la corruption, de l’école, de l’inondation, du retard dans l’administration publique, l’abandon des chantiers publics etc. Cette comédie théâtrale s’ouvre sur une chanson avec le son des tam-tams et des castagnettes pour indiquer que nous sommes en Afrique. L’acteur principal utile beaucoup l’adverbe ‘naturellement’ qui n’est qu’une pure imitation du tic du Président béninois Boni Yayi. La mimique et le ton utilisés prouvent clairement que le personnage est connu dans le monde politique. Des mots en fongbé, et en Gungbé des dialectes de l’aire Adja Tado parlées au sud du Bénin finissent par convaincre le spectateur qu’on est dans un contexte béninois même si la compagnie s’en défend en mettant à l’entame de son œuvre qu’il s’agit d’une fiction et que toute ressemblance ne serait qu’une pure coïncidence.
Quant à L’heure de Dieu, C’est l’histoire d’un couple marié, Tchénangnon et sènami, depuis 11 ans et qui n’arrive pas à concevoir. Voulant coûte que vaille voir son petit fils avant de mourir, la mère de l’homme alla chercher une épouse au village pour son fils en ville. Heureusement ou malheureusement, selon le cas, le jour où la nouvelle épouse s’emmena avec ses bagages, elle appris à ses dépens que la première femme était enceinte de deux mois. Comme quoi, c’est Dieu qui donne les enfants. L’heure de Dieu démontre que seul Dieu peut dire quand va naître un enfant. Cela ne relève en rien d’une quelconque volonté humaine. L’heure de Dieu aborde des thématiques très profondes. La conception traditionaliste du foyer. Comme la maman de Tchénagnon l’a si bien incarné, un foyer sans enfant n’en vaut pas la peine. C’est pourquoi sènami est rejetée. Elle n’a pas conçu et donc est inutile. Le mariage forcé avec la venue de la nouvelle épouse de Tchénagnon. Sans connaître au préalable son homme, elle débarque avec pour mission de ‘pondre’ des enfants. Cela interpelle sur la problématique de l’amour. Peut-on faire des enfants volontairement à un homme qu’on n’aime pas. La chosification du sexe ici est mise à nue. Mais il y aussi le syncrétisme ambiant qui est souligné. L’ami de Tchénagnon et sa femme ont dû recourir aux pratiques occultes avant d’avoir leur fils bien qu’ils soient des Chrétiens pratiquants, baptisés, communiés et confirmés. Enfin l’intrusion de la belle famille dans le foyer comme élément perturbateur. Elle vient imposer son diktat dans le foyer de ses enfants rendant la vie dure surtout à la belle fille. Le vocabulaire utilisé montre clairement que dieu est présent dans la scène. Sènami, un nom fon qui signifie Dieu m’a donné. Et lorsqu’on sait que toute la pièce tourne autour de cette femme qui était insultée humiliée et rejetée parce qu’elle n’arrivait pas à concevoir, on comprend ce que signifie l’Heure de Dieu. L’utilisation d’anecdote témoigne de la culture littéraire des acteurs. A travers le vocabulaire, on retrouve les traces de la religion traditionnelle.
Ces deux œuvres illustrent clairement l’engagement de la compagnie pour l’amélioration de la société béninoise.
En conclusion on peut dire que la compagnie de théâtre et de cinéma «Les Aziza plus du Bénin » créée depuis 1994 est aujourd’hui un acteur important du monde culturel béninois. A travers les deux œuvres analysées, on remarque aisément qu’au-delà de la comédie théâtrale, les acteurs s’attaquent aux maux qui minent la société béninoise en particulier et toute l’Afrique en général. Avec la trilogie Monsieur le Président, ils transposent dans leur film les réalités politiques actuelles de notre pays. Derrière cette démarche, on retrouve une certaine parodie, une satire, une imitation grossière des politiciens béninois du régime du changement comme pour dire par exemple qu’on ne limogeage pas ses ministres comme des inconnus sans aucune explication préalable et aussi que la démagogie a des limites qu’un Chef d’Etat supposé avoir de la tenue ne doit pas franchir. C’est un mariage heureux du fou rire et de la critique sociale et politique. De la même manière, ils attirent l’attention sur ce qui est bien et mérite d’être suivi. Même si quelques imperfections sont à souligner dans les œuvres de la compagnie de théâtre et de cinéma «Les Aziza plus du Bénin », étant donné qu’aucune œuvre humaine n’est parfaite, il faut reconnaître que ces acteurs ne manquent pas de talent non plus.
Vital AHOTONDJI


salut
moi on me appelle yannick je suis licéin et sinéastre de groupe senan stars de porto novo.je suis leur charger de mission en effet le groupe senan star est un groupe cinémat qui dispose de quelque potencialité et qui cherche d’aide et un vrai mesteurs en scéne.Il faut noté que nous avons un film long métrage actuelement et par faut de moyen financier et en atente bien sur on nous demande de le vendre ce que nous ne voulons pas.aidé nous comme vous pouvai
merci ou pour pas se rencontre notre mail est gsenanstar@yahoo.fr numero 229 97913988