Tous ceux qui ont suivi vendredi soir le Ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de la Pêche lors de son passage à la télévision nationale ne se sont guère pris d’ennui. Roger Dovonou a prouvé devant les milliers de téléspectateurs qu’il a les idées en place dans la gestion du secteur agricole béninois.
Tous les dossiers ont été sérieusement passés au crible au cours des 90 minutes qu’a duré cet entretien avec Philipe N’seck. Du Plan stratégique de relance du secteur agricole, PSRSA à la cruciale actualité de la mécanisation agricole en passant par l’insertion des jeunes dans l’Agriculture, le conflit entre les CAR et les UCAR, le Ministre Dovonou s’est fait littéralement clair sur tous les sujets. Les interventions des téléspectateurs de toutes les régions du Bénin sont assez symptomatiques du capital conviction apporté par le M. Dovonou. C’est ainsi que tous ceux qui avaient encore des appréhensions quant à l’adaptation des machines agricoles aux types de sols savent maintenant à quoi s’en tenir. « Nous avons tout étudié », a rassuré M. Dovonou. « Nous n’enverrons pas des machines de 120 chevaux sur des sols fragiles, des spécialistes ont travaillé et continuent de réfléchir à ces différents aspects », a poursuivi le Ministre de l’Agriculture. En ce qui concerne la répartition des matériels, il a assuré que cela obéit notamment aux critères d’importance et de géographie. « Il est normal que quelqu’un qui n’exploite qu’une superficie évaluée à 1 hectare ne peut pas prétendre à un tracteur, mais une chose est sûre nous avons fait en sorte que tout le pays soit concerné ». Le Ministre Dovonou a également annoncé la commande d’autres machines pour compléter celles disponibles actuellement.
Le coton a un avenir
Malgré la chute de la production cotonnière, estimée à fin 2008 à près de 250 000 tonnes contre 427 000 tonnes au cours de la campagne 2004-2005, les téléspectateurs ont reconnu qu’il s’agit pourtant d’un secteur organisé. L’embellie de la filière ne sera maintenant possible qu’avec les réformes emmenées par le Plan stratégique de relance du secteur agricole, à travers notamment révision du cadre institutionnel, a reconnu M. Dovonou. Il a alors mis l’accent sur l’assainissement de la filière pour garantir de façon durable sa compétitivité. Par ailleurs, il a évoqué la consolidation au niveau de l’interprofession et des acteurs privés des dispositions nécessaires à une bonne gouvernance en vue de l’établissement d’un climat de confiance et de saine émulation. En outre, le Ministre a fait remarquer l’impérieuse nécessité de la maîtrise de la gestion des intrants coton au niveau des Organisations Paysannes à la base. La sécurisation des investissements des différentes partenaires pour un développement durable de la filière n’a pas été occultée. Pour le Ministre Dovonou, rien ne se fera sans une stratégie opérationnelle de protection de l’environnement en adéquation avec les progès techniques et les changements climatiques. Pour le gouvernement, a-t-il précisé, l’objectif est d’atteindre une production de 600 000 tonnes d’ici 2012.
Diversifier
Il est revenu au cours de l’émission la question de la diversification agricole et de l’organisation d’autres filières pour soutenir la croissance et la sécurité alimentaire. A ce sujet, le Ministre Dovonou n’a pas manqué de souligner les efforts qui sont faits par exemple pour accompagner la forte production de soja dans les Collines. « Il n’y a pas de raison que cette filière soit négligée », a indiqué M. Dovonou.
La production du soja est en passé en un an dans le département des Collines de 4,5 millions de tonnes à 12,7 millions soit une augmentation de 185%.
« Cette augmentation a beaucoup bénéficié aux huileries et leur a permis de répondre au manque engendré par l’indisponibilité à grande échelle du coton graine ». L’Etat béninois mise également sur le riz pour faire du Bénin un important grenier. Dans le département de l’Alibori, la production a connu un accroissement de 88%. A Malanville, la politique de mise en valeur de la Vallée du Niger et du périmètre rizicole a eu pour impact l’augmentation drastique de la production qui est passée de 51 218 tonnes à 27 277 tonnes. La principale embûche au développement de la filière riz reste le décorticage. « Pour pallier ce problème, une rizerie sera bientôt installée dans la ville de Malanville, sur instruction du Chef de l’Etat », a promis le Ministre Dovonou. Rien ne sera négligé désormais, a martelé le Ministre de l’agriculture pour qui les autres filières à savoir l’ananas, l’anacarde et le palmier à huile font déjà l’objet d’une attention soutenue à travers les activités des projets et programmes de son département ministériel.
«Il faut vendre avant de produire»
L’approche filière représente un des principaux volets des actions du secteur agricole. Dans ce sillage, l’existence et le développement du marché constituent les conditionnalités à la forte productivité. « On ne peut produire à grande échelle si l’on n’a pas la certitude qu’on vendra ce qu’on produit, voilà pourquoi nous travaillons à la politique des marchés aussi bien au plan local qu’au plan régional ».
La pêche et l’élevage
Le sous secteur élevage a participé à lui seul en 2008 à 6,11% du PIB alors que la performance attendue était de 6,5%. Quant au secteur de la pêche il a atteint 2,85% du PIB. Cela montre à quel point le Ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche ne néglige aucun aspect et prend tout au sérieux. « Le but pour nous c’est de contribuer à la réduction de la pauvreté », a promis Roger Dovonou. L’enjeu actuellement au niveau de ces secteurs, c’est le renforcement des infrastructures et équipements dans les zones de forte productivité. Le Ministre Dovonou a cité par exemple les efforts pour le développement des cages flottantes pour soutenir le développement de l’aquaculture moderne. Au cours de l’année 2009, la production de viande attendue est de 71 000 mille tonnes, les œufs, 13 500 tonnes, le poisson 51 tonnes, les crevettes 820 tonnes, pour ne citer que ceux là. En ce qui concerne les produits halieutiques plus particulièrement, le Bénin envisage de réduire de 20% les importations en poisson et de porter le niveau d’exportation des crevettes actuellement de 700 tonnes à 900 tonnes.
Politique nationale : Préserver à tout prix les acquis démocratiques
Les politiciens béninois ont réussi à créer une ambiance morose dans le pays avec des invectives verbales et des combats de tranchée, rangés et alignés. Dans la mouvance présidentielle tout comme dans l’opposition non déclarée des va-t-en-guerre poussent les débats à l’excès avec une violence qui rappèlent ces périodes révolues de la révolution. Avec ces généraux et leurs bataillons, le Bénin bascule progressivement mais incontestablement vers une violence dangereuse qui pourrait remettre en cause les durs acquis de la conférence des forces vives de la Nation de 1990. Le vacarme orchestré par ces fils errants de la violence donne le ton de ce qui pourrait advenir du Bénin et de sa démocratie si l’on y prend garde. Ces étincelles de violence peuvent facilement se transformer en feu dont les flammes vont embraser ce beau pays. Il faut donc sauter tous ces goulots d’étranglement au paisible cheminement que connaît le Bénin depuis 19ans.
Ulrich AHOTONDJI

