L’Afrique sub-saharienne doit recevoir davantage d’aide, notamment sous forme de dons, pour affronter la crise économique, a affirmé vendredi Antoinette Sayeh, directrice du département Afrique au Fonds monétaire international (FMI). »L’Afrique va avoir besoin de davantage de soutien», a affirmé Mme Sayeh lors d’une conférence de presse à Washington, appelant les pays riches à tenir leurs engagements pris lors du sommet du G8 à Gleneagles (Ecosse) en 2005 qui prévoyaient de doubler cette aide d’ici 2010.
Pour l’Afrique sub-saharienne, où se trouvent plusieurs des pays les plus pauvres de la planète, le FMI prévoit cette année une croissance du produit intérieur brut de seulement 1,5%, après 5,5% en 2008. »La crise frappe maintenant l’Afrique de toute sa force», a prévenu Mme Sayeh. Les choses ne devraient que légèrement s’améliorer en 2010 avec une croissance d’un peu moins de 4%. Quelques pays ont un peu de marge de manoeuvre budgétaire et peuvent en profiter pour atténuer les conséquences sociales de la récession mondiale mais pour certains autres, seule l’augmentation de l’aide internationale permettra d’y faire face. Interrogée sur les dangers de voir les pays les plus pauvres replonger dans un cycle d’augmentation de la dette, Mme Sayeh a affirmé que l’essentiel de cette aide devra se faire sous forme de dons. Elle a qualifié de «dangereuses» les propositions de réduction de l’aide à l’Afrique pour forcer les pays qui en bénéficient à faire davantage d’efforts pour développer leur économie. »Nous pensons certainement que davantage de progrès pourraient être faits dans de nombreux pays africains pour développer les ressources nationales en faveur du développement et de l’investissement, mais il est sûr que plus d’aide sera nécessaire», a-t-elle affirmé. »Les pays africains les plus pauvres ont besoin de dons (…) et ils ne les reçoivent pas toujours dans les délais nécessaires», a-t-elle dit. »Nous pensons en conséquence qu’il serait dangereux de suggérer que la réponse appropriée aux problèmes de l’Afrique dans cette période difficile serait de priver encore plus les victimes du sida et les jeunes qui ne peuvent pas retourner à l’école après des guerres civiles de l’accès à l’éducation et des moyens de lutter contre les épidémies», a déclaré Antoinette Sayeh. «La crise économique provoque désormais une situation d’urgence dans les pays les plus pauvres. Les tergiversations doivent cesser: les pays riches, le FMI et la Banque mondiale doivent mettre en oeuvre au plus vite l’ensemble des mesures prises lors du G20. Les pays en développement ont besoin d’une aide aujourd’hui, pas dans un an», a pour sa part affirmé Sébastien Fourmy, de l’Organisation non-gouvernementale (ONG) Oxfam France – Agir Ici, présent à Washington.
Afrique : Plus d’aide nécessaire pour que l’Afrique puisse affronter la crise
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27 avril, 2009
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