Longtemps agité, la destitution du président de l’Assemblée nationale Mathurin Nago, ne semble plus d’actualité. Les forces de l’opposition représentées au parlement ont du abdiquer du fait de la témérité de l’homme qui continue à s’accrocher malgré tout au perchoir. Seulement, ils ont décidé de rendre le parlement ingérable à Mathurin Nago. Les boycotts successifs de séance, les accusations parfois même infondées que portent la plupart du temps des députés G et F envers le président de l’assemblée nationale, ne sont que des manières déguisées de cette opposition de dire « tant qu’on aura pas le perchoir, l’assemblée ne fonctionnera plus ». Une situation qui du coup, rend le parlement infonctionnel depuis un bon bout de temps. Cette mise en berne des activités parlementaires a évidemment beaucoup plus de répercutions sur les actions du gouvernement et de son chef que sur l’opposition qui n’a aucun bilan à défendre en 2011. D’importants projets de lois et de ractification d’accords susceptibles d’apporter un mieux être aux populations sont ainsi pénalisés. Ce qui rend la tâche difficile au gouvernement obligé de gaspiller des énergies pour communiquer ou faire du lobbying auprès de certains députés et de la société civile. Même si la constitution du 11 Décembre 1990 a prévu en son article 68 le recours aux ordonnances pour passer en forces des projets que le gouvernement juge indispensables, gouverner avec ordonnance n’est pas bon signe aux yeux de la communauté internationale. D’ailleurs, la communauté internationale au Bénin semble exacerbée par les boycotts successifs. En témoigne l’absence du corps diplomatique à la cérémonie d’ouverture de la 1ère session ordinaire mardi dernier. Les conséquences de la querelle FCBE d’un côté, les G et F de l’autre pour le contrôle de tout à l’Assemblée paralysent le pays et il faut que le chef de l’Etat, garant de la constitution, du bon fonctionnement des institutions et seul comptable devant le peuple face, décide enfin de faire des concessions envers toute la classe politique afin que le pays retrouve le chemin du travail et de la prospérité. Le dialogue politique national convoqué à la veille du séminaire des G et F à Bohicon est rangé dans les oubliettes. Avec l’imminence des présidentielles de 2011 tout porte à croire que l’atmosphère politique nationale sera de plus en plus viscié. Il est donc impératif que si Boni Yayi veut améliorer ses performances qui parle d’elles mêmes déjà il va lui falloir décrisper l’ambiance politique pour plus d’efficacité. Cela passe inévitablement par le règlement de la crise au parlement. Une crise dont la résolution passera certainement par l’éjection de Mathurin Nago du perchoir de l’assemblée Nationale.
Dieu-Donné KATAKOULA

