
Qu’on s’en défende ou non, il y a un profond malaise au plan politique aujourd’hui au Bénin. Qu’on soit ‘changeur’, je veux dire acteur du changement, ou ‘changé’, entendez celui qui subit le changement, on convient ensemble que quelque chose ne va pas notamment au plan politique. Or, lorsque la situation politique évolue en decrescendo dans une démocratie aussi fragile que la nôtre, il faut tout de suite retrouver le chemin d’un dialogue franc et sincère pour que le liant ténu de l’unité et de la cohésion nationale ne se brise au grand jamais. Trop de problèmes agressent aujourd’hui le quotidien des Béninois, avec la crise alimentaire, le faible pouvoir d’achat, la flambée des prix de première consommation, les grèves perlées, bref la cherté de la vie, pour qu’ils aient encore à s’inquiéter de la paix chèrement acquise. Ils souhaitent donc que les politiques dépassent leurs divergences et les affrontements politiciens, pour concentrer leur énergie et leurs réflexions sur les moyens d’aider la population à faire face aux risques de précarité que la situation économique leur impose actuellement. Aujourd’hui, le béninois lambda souffre. Il ne mange pas à sa faim, la crise ralentit ses activités économiques mais il espère toujours en un lendemain meilleur. Pourquoi le politique devrait-il lui enlever cet espoir ? Notre pays traverse un moment difficile et les acteurs politiques sont invités à prendre la juste mesure de l’ambiance générale malsaine ainsi que de la morosité économique qui l’accompagne. Il faut y trouver des solutions conséquentes et durables, car toute propension à l’aveuglement, à l’autosatisfaction pourrait entraîner une remise en cause fondamentale du processus démocratique si cher au peuple béninois. Le rôle de chaque citoyen dès lors est d’aider les pouvoirs publics à se remettre en scelle pour la Victoire commune, celle de la réduction de la pauvreté, de la bonne gouvernance, de l’enracinement du processus démocratique, de l’accès à l’eau potable pour tous, du mieux-être et des meilleurs. Le gouvernement en tant qu’exécutif doit prendre le devant de ce dialogue en créant le cadre adéquat pour une expression libre et féconde de toutes les tendances politiques actuelles.
Toutes les organisations de la vie sociale de notre commune patrie sont conviées à une mobilisation et un engagement sérieux dans la réflexion et dans des actions pertinentes, en vue de contribuer effectivement aux efforts nécessaires pour consolidation de la démocratie, la sauvegarde de la paix sociale, la préservation de l’unité et de la cohésion nationales. La bassesse des débats politiques actuels ne favorise réellement pas la création d’une plate forme de discussion véridique. Il faudrait travailler à éviter les soulèvements que pourraient engendrer ces débats farfelus qui n’apportent aucune approche de solutions aux crispations et difficultés de vivre et qui accentuent la morosité de la tension politique. Le moment n’est donc pas propice à ces verbiages subsidiaires qui ne répondent pas aux préoccupations essentielles des béninois et béninoises. Il faut que chaque politique y mette du sien pour qu’un pont naisse entre les dissidents. Pour les masses laborieuses béninoises, pour des centaines et des milliers de cadres africains et internationaux, c’est simplement un spectacle désolant. Les politiciens béninois donnent l’impression d’être accroché à leur ego comme un enfant à son jouet qui refuse de lâcher du lest. Pourquoi tant de violences inutiles ? Le peuple a soif d’un gouvernement et d’un parlement qui défendent sa cause. Cette crise ne favorise donc pas le Bénin et a des impacts dangereusement négatifs sur le développement. Une partie de la nation semble ne pas être associée aux nobles taches de développement et sabotent par conséquent tous les efforts qui se font. On pourrait commencer à dire que la mafia insatisfaite donne le fringant pour qu’on lui attribue la part traditionnelle de gâteau qui lui revient et que Boni Yayi, dans son combat pour le mieux être du plus grand nombre, semble ignorer. Mais au-delà de ce postulat très plausible, il faut considérer la qualité de certains hommes politiques qui se sont battus par le passé pour le développement de ce pays et qui, aujourd’hui fustigent certaines actions du pouvoir. Même si on ignore certaines voix mesquines, il est des personnes qu’on écoute pour aller de l’avant.
Car, si la crise perdure, c’est le Bénin qui perd. L’enjeu est par conséquent de taille. Et il urge d’enterrer le moi, et tous ses avatars pour ramener la quiétude et la paix sociales, gages de tout développement. Que peut-on faire en dehors d’une paix pérenne ? Quel développement le peuple Béninois peut-il espérer lorsque le parlement est permanemment en crise et que des grèves perlées jalonnent l’année ? En vérité rien ne pourra changer sans les hommes, pionniers et architectes du progrès social et du développement économique. Il faut ouvrir un dialogue franc, consensuel et prospectif, capable de déboucher sur une conclusion constructive, dans le sens d’un retour inconditionnel de paix et de la quiétude sociale dangereusement mises à mal aujourd’hui.
Néanmoins nous avons des raisons d’espérer et nous devons espérer, nous devons croire en un lendemain meilleur. Nous devons unir nos forces pour soutenir le lourd fardeau de cette Nation. Nous devons unir nos efforts pour léguer un Bénin meilleur aux générations montantes, un Bénin où les richesses sont redistribuées à juste titre, où la prospérité est partagée, où l’accès à l’éducation et à la justice est une réalité. Un Bénin où l’eau de la prospérité coule en abondance comme la rosée de l’hermon qui descend sur les montagnes de Sion. Oui, le Bénin de nos rêves ! Alors et seulement alors, au soir de notre existence, nous pourrons dire comme l’apôtre que nous avons combattu le bon combat. Vivement que le dialogue de vérité arrive et colmate les brèches pour la construction du Bénin émergent.
Ulrich Vital AHOTONDJI


