Il sonnait 16H GMT, l’avion de sa Sainteté le Pape Benoît XVI atterrit à l’aéroport de Yaoundé. Des milliers d’autorités politiques et religieuses l’attendaient. Des laïcs aussi. Bref une foule immense. A sa descente, le Saint a laissé entendre une petite phrase, une toute petite phrase qui a parcouru le monde entier à la célérité : » Le préservatif aggrave le Sida « . Je voudrais bien croire qu’il s’agit plutôt d’une parabole – Comme Jésus Christ en a d’ailleurs l’habitude – utilisée par sa Sainteté pour parler à ses enfants. Telle la parabole des Vierges, ou la parabole des talents cachés etc…, le Saint Père a certainement parler en parabole, la parabole de sida. Le contraire m’étonnerait énormément Car, aujourd’hui, même si les recherches continuent pour la découverte du vaccin contre le Sida, le préservatifs reste et demeure l’unique moyen efficace de lutte contre le Vih/Sida. La prévention est quoiqu’on dise le fondement de la riposte contre le Sida. Les données les plus convaincantes sur l’efficacité des préservatifs pour la prévention de l’infection à VIH proviennent d’études prospectives entreprises sur des couples sérodiscordants, lorsqu’un partenaire est infecté par le VIH et que l’autre ne l’est pas. Ces études montrent que, si le préservatif est utilisé régulièrement, le taux d’infection à VIH chez les partenaires non infectés est inférieur à 1 % par an. En outre, dans les cas où un partenaire est manifestement infecté, l’utilisation irrégulière du préservatif peut être aussi risquée que la non-utilisation. Selon l’Onusida : » La promotion d’une utilisation correcte et régulière des préservatifs dans les programmes de traitement antirétroviral et dans les services de planning familial et de santé reproductive, est essentielle pour limiter les nouveaux risques de transmission du VIH. Il est nécessaire d’élargir et d’intensifier rapidement le conseil et le test du VIH pour répondre aux besoins de prévention de toutes les personnes, qu’elles soient séropositives ou séronégatives au VIH. » Si la lutte contre le Vih/Sida passe aujourd’hui, et ce indubitablement par l’utilisation des préservatifs, il faut reconnaître unanimement que l’Eglise a failli à son devoir. Le Saint Père et son gouvernement ont échoué devant ce mal appelé du siècle qui laisse derrière lui orphelins, veufs, veuves etc. Ce puissant mal ravageur auquel le Vatican reste impuissant a connu un ralentissement depuis que les instances en charge de lutte contre ce fléau ont commencé la promotion et la sensibilisation du préservatif. Mais le discours de sa Sainteté a donné un coup de massue aux efforts des Ong et Fondations sur le terrain. Le Pape a-t-il réellement parlé en parabole ? Si oui, que voulait-il signifier ? Autrement, je ne pourrai pas vous comprendre sa Sainteté.
7 commentaires
URL TrackBackje suis d’accord avec cet article. Il est clair que le discours du saint père decouragera les efforts faits en matière de lutte contre le Vih Sida. Le saint père doit revoir sa copie.
Bien que je comprenne vos révoltes, le mot est un peu fort, vos positions respectives, Moi je crois que les médias en font un peu trop. Pourquoi toute cette polémique malsaine? A mon humble avis, le Souverain Pontife voulait juste dire que avec toute cette propagande pour l’usage des préservatifs, toutes ces sensibilisations fortement médiatisées, la conséquence fâcheuse et malheureuse qui va avec est le nombre de plus en plus croissant de gens qui se laissent aller a la dépravation des mœurs.L’homo rationnel est dans son rôle lorsqu’il prône l’usage du préservatif pour se préserver du VIH Sida. J’aimerais que nous comprenions aussi que l’homo spirituel est également dans son rôle quand lui souhaite en lieu et place fidélité ou abstinence!
je vois une grande defaite de l’eglise catholique greco romaine. Meme s’il revient à la famille de jouer le role de l’education, il n’en demeure pas moins pour l’eglise. si la plus grande icone de l’eglise vient à livrer un message imcompris et incongru, il est de bon ton qu’on en parle. Accuser aujourd’hui le preservatif pendant qu’on est resté inactif face aux degats colateraux du Sida est tout simplement deplorable. Le souverain pontif doit d’abord faire le bilan des efforts faits par l’eglise avant de jeter l’opprobre sur les institutions en charge de lutte contre le sida. En un mot, avant d’accuser, il faut une solution, reussir à l’imposer et s’aassurer de son efficacité. pour le moment, le preservatif reste et demeure le moyen le plus efficace de lutte contre le Ist-Vih- sida
Nous n’entendons pas faire l’avocat du diable! et c’est un euphémisme que de le dire; après tout,il s’agit du Souverain Pontife alors…
Seulement, plutôt que de tirer sur le pape, il faut plutôt sensibiliser d’avantage nos populations sur l’importance de l’abstinence et de la fidélité avant de mettre l’accent sur le recours aux préservatifs. Parler du préservatif, c’est bien mais ne parler que du condom et ne pas insister plus sur les autres méthodes de prévention des ISTs et plus précieusement du VIH Sida que sont la fidélité et l’abstinence ne serait pas forcement bien.
Je pense pour ma part (c’est en cela que je rejoint l’ami Isidore Dossa)que l’éducation par l’église catholique doit faire preuve de plus de tolérance et de réalisme.
Merci!
Je vous propose de lire, à la page 27, le rapport de l’OMS : Prévention, traitement et soins du VIH/SIDA dans le secteur de la santé (Organisation Mondiale de la Santé – Département VIH/SIDA. Version 1.2 – avril 2009.
« L’utilisation correcte et systématique du préservatif masculin réduit le risque de transmission sexuelle
du VIH de 80-90%. D’après les données disponibles, le préservatif féminin offrirait des niveaux
semblables de protection. »
http://www.who.int/hiv/pub/priority_interventions_web_fr.pdf
« Les données les plus convaincantes sur l’efficacité des préservatifs pour la prévention de l’infection à VIH proviennent d’études prospectives entreprises sur des couples sérodiscordants, lorsqu’un partenaire est infecté par le VIH et que l’autre ne l’est pas. Ces études montrent que, si le préservatif est utilisé régulièrement, le taux d’infection à VIH chez les partenaires non infectés est inférieur à 1 % par an. » Votre document date de 2000. Celui que je vous cite date d’avril 2009, publié donc après la polémique. Merci.



le pape a gaffé