Les femmes de Djègbadji, dans la commune d’Ouidah au Bénin, vivent de la fabrication et de la commercialisation du sel familial. Sur ce lopin de terre de la ville historique de l’esclavage, à quelques kilomètres de la porte du Non Retour, les femmes choisissent de combattre la misère en s’adonnant passionnément à la fabrication du sel. Pleines de vie et d’espoir, confiantes en un lendemain meilleur, elles se dévouent entièrement à ce travail qui fait désormais partie de leur vie.
Munies de leur ‘Djèâgli’ -une espèce de houe dont la lame en forme de demi-cercle est ouverte de part et d’autre- , le corps incliné vers le sol, elles procèdent à l’amoncellement du sable salé par tas. C’est la première étape du processus de fabrication du sel familial. Elles identifient le sable salé grâce aux nombreuses années d’expérience dont elles jouissent dans le métier. Pour dame Lossinon Zinkpé, spécialiste de la fabrication du sel « lorsqu’un sol est salé, on le reconnaît aux petites particules brillantes qui l’émaillent «. Passée cette étape d’assemblage, les différents tas réunis sont vidés dans le ‘bou’, une sorte de tamis artisanal fait à base des branchages de palétuviers coupés dans la lagune de Ouidah, entremêlés et entrelacés sous forme de panier avec un linge fin à la base pour empêcher le sable d’infiltrer jusqu’au fond du panier. « Après ce linge de sécurité, on place un petit raccord de 10 cm environ qui part du panier vers une jarre posée juste à côté du ‘bou’ et fixée en profondeur dans le sol comme pour l’immobiliser «, explique dame Lossinon Zinkpé. Ensuite, les vaillantes dames munies d’un petit bol et d’une bassine se dirigent vers un puits très salé d’à peine 30cm de profondeur, creusé pour la circonstance afin d’y prélever de l’eau. Laquelle eau sera ensuite versée sur le sable du ‘bou’, elle traversera en prenant soin de prendre de sa salinité pour finir par échouer dans la jarre posée à côté en égouttant par le petit raccord placé dans le tamis.
« L’eau très salée recueillie dans la jarre sera enfin versée dans des marmites posées sur un foyer à quatre feux à l’intérieur d’une case de chaume. « poursuit dame Dèkon Françoise, une autre spécialiste présente sur les lieux. La construction intérieure de cette case est rectangulaire tandis que le dôme de chaume qui l’enveloppe descend jusqu’à terre. Sur le site de Djegbadji, ces cases se comptent par vingtaine. Ce foyer à quatre feux se chargera de transformer le liquide en solide par la force de la cuisson. Pendant des heures, la chaleur constante du foyer contribuera à assécher l’eau pour qu’elle devienne du sel. Le sel ainsi obtenu sera posé sur une bonne quantité de cendre dont le rôle est d’extraire l’eau encore contenue dans le produit. c’est seulement alors qu’intervient la commercialisation du sel. « Le kilo de sel est vendu aujourd’hui à 400Fcfa « affirme dame Lossinon Zinkpé alors qu’auparavant, sur ce même site, on pouvait l’acheter à moins de 100f. « Les temps ont changé et nous ne pouvons plus nous permettre de ne rien faire pour soutenir nos hommes. C’est notre manièe à nous d’aider nos maris et de contribuer à l’éducation de nos enfants. « Continue-t-elle. Et justement, Dossou Salomon président de l’ONG « Lac en danger « rencontré sur les lieux affirme être le produit humain et intellectuel de la vente de ce sel que sa grand mère a du faire pendant des années pour assurer son éducation. « Nous sommes un certain nombre de ma génération qui avons bénéficié d’une formation de qualité grâce aux revenus tirés de la vente du sel et de la pêche. Nous en sommes fiers. « a-t-il conclu.
PRODUCTION ARTISANALE DU SEL FAMILIAL A DJEGBADJI : Un combat inconditionnel des femmes contre la pauvreté
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16 mars, 2009
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Bravo aux femmes de Djegbadji! C’est aussi le combat des femmes du village Agbanzinkpota situe a trois kilometres de Pahou a l’interieur des terres et bien sur du cote de la mer, le dernier village avant la traversee pour atteindre Avlekete.
Nous aimerions ameliorer le statut economique de nos mamans a travers l’ameliorations des methodes de production et de stockage qui leur permettraientt de mieux gerer les saisons pluvieuses ou la production du sel est presque impossible, creant ainsi une periode difficile pour les familles dont la plupart survivent grace au sel.
merci de partager votre experience avec nous
Salutations cordiales
tel Cotonou +229 97 49 08 89
Tel Dakar + 221 77 716 61 71