Sur une émission télévisée de Canal3, on pouvait entendre le maire de Ouidah s’exprimer en ces termes : « Si Yayi Boni vient investir à Ouidah, je serai son ami, mais autrement, je suis son ennemi. » Ces propos, loin d’être considérés comme une déclaration de guerre sont pour tout analyste et pour ceux qui connaissent l’homme une manière implicite de quémander l’amitié du président Boni Yayi. Adjovi Séverin a toujours pensé mettre la pression sur des gens pour obtenir ce qu’il veut. Nous avons encore souvenance des élections municipales de 2002 où malheureusement, sa stratégie de pression sur les Soglo a échoué. Son égo l’a toujours empêché de voir les choses telles qu’elles sont mais telles qu’il les voit. C’est ce qui, justement, ne lui permet pas de se rendre compte que son chef hiérarchique n’est ni le Président de la République ni le Ministre de la décentralisation. C’est du moins un simple Préfet qui le commande, lui qui se croit dans une République à part. Est-il encore indispensable de lui rappeler que Ouidah n’est pas sa République encore moins son bastion ? Personne n’est contre lui. Mais en revanche, il est clair qu’il existe d’autres façons de gagner de la sympathie des gens sans publiquement et pudiquement leur mettre de la pression. Tout le monde sait ce que vaut Séverin Adjovi et ce qu’il a fait pour Boni Yayi entre les deux tours. Mais, pour l’honneur, il n’a pas besoin de quémander son amitié ; car n’a-t-on pas dit : « Ce qu’on mérite on ne le demande pas ».
Ken EGBIN


