Les ‘’Tous Puissants » militaires de la garde de l’Assemblée nationale brillent encore et toujours par leur méthode d’intimidation. A l’étape actuelle, il est bien difficile de trouver un seul journaliste parlementaire qui dise du bien de ces ‘’gros bras » toujours aptes à la violence (pour l’heure verbale) et Dieu sait qu’ils sont aussi prêts pour le pire.Les Faits
Dimanche 25 janvier 2009. Il sonnait 8heures passées de quelques 20 minutes. Les sportifs du Laata Club s’adonnaient allègrement à leurs exercices sur l’esplanade de l’Assemblée nationale. A l’entrée, un groupe de 4 gendarmes discutaient du côté droit de la grille d’entrée quand je passais. En bon garçon bien éduqué, et mû des valeurs indiscutables de courtoisie, je saluai les agents respectueusement. C’est à peine s’ils me répondirent ou du moins, ils ne faisaient point attention car tellement j’étais en importance au regard de ses ‘’forces de la république » bien majestueusement dressées sur leur piédestal. Je fis de même avec les deux autres assis à la table au poste de contrôle dont l’un me fit l’honneur de répondre avant que je ne me dirige vers le tableau d’affichage juste pour vérifier s’il y avait du nouveau par rapport à la programmation des séances plénières. Je ne fis pas encore deux pas, que l’un des agents à l’entrée m’interpellait. ‘’Toi, viens ici, tu vas où comme ça ? » marmonnait-il pour se donner de la consistance apparemment. Jusque là rien de grave, puisque nous n’avons pas tous le même sens du respect de l’autre encore. Je m’exécutai sans poser de question en ayant soin d’expliquer le but de ma présence comme énoncé plus haut. ‘’Et tu rentres sans saluer les chefs ? » comme si je venais de franchir le seuil du palais sans faire ne prosterner devant le souverain. Toutes mes explications données dans un français du peu modéré, c’est-à-dire dans le registre courant le mieux aisé afin de descendre au niveau de compréhension de l’agent s’avèrent vaines. Sa religion était désormais faite, il fallait me donner la leçon non pas pour n’avoir pas salué ‘’les chefs », mais surtout pour n’avoir pas faire la génuflexion peut-être, étant donné que je ne suis pas militaire pour lui donner sa ration. Il m’aura fallu tout mon sang froid et tout ce que j’ai de plus calme en moi pour ne pas tomber dans le piège de l’agent qui entre temps avait déjà alerté ses paires qui soutenaient presque à l’unanimité que je ne les avais pas salué assez respectueusement, à l’exception de celui qui était au poste de contrôle. Néanmoins, mon bourreau reconnaît-il sans sa confusion que je faisais mon jeu de tête depuis ma moto quand je passais. Comme je ne cédais pas à la violence qui était vraiment vivace dans le regard vipérin de l’agent, il conclut que c’était perdu pour cette fois, mais qu’il ne me ratera pas la prochaine fois. Pour matérialiser sa menace, il ramassa une pierre qu’il jeta devant moi : « tu viens de marquer ma première pierre. Je suis sûr que tu tomberas dans la deuxième et je t’enverrai rejoindre cette pierre assurément. », menaçait-il. Ils s’apprêtèrent déjà à ‘’me faire la fête », disaient-ils pour mon impolitesse. La grossièreté était déjà à son comble. Seul Dieu, aura guidé mes pas vers la sorti, sain et sauve devant cette violence gratuite qui s’apprêtait à s’abattre sur moi.
A l’analyse des faits
Les militaires ne sont pas à leur premier agissement de cette nature vis-à-vis des journalistes parlementaires du Bénin. On en voudrait pour preuves, les cas Jean Christophe Houngbo du matinal, Aimé Sodjinou de Djakpata, Hugues Kpatinvoh de l’Evénement précis pour ne citer que ceux-là. Pour le dernier exemple du confrère du quotidien ‘’l'événement précis », le jeune militaire en civile mettait déjà en garde le président de la république, car ses propos n’étaient pas destinés au journaliste en question, trop insignifiant devant le militaire en question : « moi j’ai serré la main à Guillaume Soro, je suis soldat de carrière et je sais bien manier mon arme. Quand nous allons reprendre le pouvoir dans ce pays, on va vous discipliner. Vous les petits journalistes mendiants. », ainsi s’exprimait-il avec fierté. Le confrère ferait un pas de plus qu’il lui aurait fauché la vie, car il était prêt à en payer le prix, disait-il. Il a fallu à un moment passer ces menaces sous silence afin de préserver la quiétude nationale et croyant que ce militaire ne mesurait pas la portée de ses propos. Mis les faits sont de plus en plus légions qui prouvent aujourd’hui qu’il faille faire beaucoup attention. C’est à croire que ces agents en uniforme à l’Assemblée forment une république à part avec des lois à part, une organisation unique en son genre frappée d’un mode de fonctionnement singulièrement orienté contre les journalistes parlementaires. D’aucun se demande ce que pense le commandant de cette troupe. La question reste posée de toute façon, car par le passé, les plaintes portées devant cette autorité ont débouché sur une confusion totale. C’est dire que le chef, tenu peut-être par on ne sait quelle pacte de fidélité auprès de ses subalternes ne s’entend pas prendre ses responsabilités. Et le mal persiste. Mais devrait-on attendre que ses militaires abattent froidement un journaliste avant de réagir ? Plus rave encore, puisqu’il s’agit de la nation, devrait-on regarder tranquillement ses agents qui menace de nous faire revivre les affres de la gouvernance, que dis-je, de la dictature militaire à la tête de ce pays ? Certainement pas, dicterait la fibre patriotique face à cette menace à la démocratie et à la paix.
En attendant de déposer une requête en bonne et due forme devant le commandant militaire de la garde de l’Assemblée nationale ; le chef d’Etat major des armées ; le président de l’institution parlementaire ; le chef suprême des armées, président de la république le docteur Boni Yayi, chacun doit prendre ses responsabilités dans cette affaire qui paraît d’autant plus sérieux que ce sont des vies humaines qui sont menacées. Ce sont des journalistes qui sont intimidés dans l’exercice de leur fonction et c’est la sécurité publique qui est mise à rude épreuve quand ce sont des militaires qui menacent ouvertement des civiles.
Des conclusions qui s’imposent
Il est clair qu’il y a quelque chose qui cloche dans l’attitude de ses agents en uniforme de l’Assemblée nationale. De l’avis d’un sociologue averti, leur comportement relève d’une certaine perte d’estime ou de confiance en soi qu’il recherche à restaurer en jaugeant de la sorte la confiance des autres. En somme, il ressort que c’est des gens qui ont envie qu’on parle d’eux. Puisque les journalistes s’intéressent peu à leurs personnes et qu’ils ne peuvent se faire entendre que par ses hommes de la presse, ces derniers deviennent donc leurs cibles privilégiées. Cela étant, si l’on n’y prend garde, le pire peut advenir. En somme, ces militaires ne seraient-ils plus fiers de leurs uniformes en agressant les pauvres journalistes qui ont choisi eux autres leur sacerdoce ? Au regard de l’allure que prend cette question le chef de l’Etat de commun accord avec le président de l’Assemblée nationale doit réfléchir à comment procéder à une restructuration systématique du détachement exerçant au parlement, même s’il y a des gens valables et très honorables dans leurs rangs. Il s’agit d’une question d’honneur pour la patrie et de l’intérêt supérieur de la nation dont les fils sont menacés. Par ailleurs, cela parait très urgent pour redorer l’image de ce pays, car l’on ne manquera jamais d’en parler tant que ces militaires ne tueront pas tous les journalistes parlementaires, pour informer au fur et à mesure les autorités compétentes et surtout l’opinion internationale afin que plus rien n’étonnent personne en son temps, même si ce n’est pas souhaitable.
Par Fidèle VODOUNON, journaliste parlementaire

