Le restaurant du palais des congrès de Cotonou a servi de cadre vendredi dernier à un dîner offert par le ministre de la Décentralisation, de la Gouvernance Locale, de l’Administration et de l’Aménagement du territoire, Allassane Séidou aux hommes des médias. Dîner au cours duquel le ministre a présenté ses vœux les meilleurs aux journalistes avant de les inviter à plus de collaboration entre son département ministériel et toute la presse nationale. « Il est indéniable que l’information est aussi un moyen d’éducation de la conscience citoyenne. Elle l’est davantage dans le secteur de la gouvernance locale et de l’aménagement du territoire où la promotion du développement durable à la base reste la trame et la finalité de toutes les initiatives » a -t-il déclaré en plantant le décor. Le programme qu’il compte exécuter en 2009s’articule autour de 7 points essentiels que sont : l’accélération du processus de transfert des ressources aux commues à travers le (FADEC) ; le démarrage du processus d’actualisation de la carte administrative, la formation des membres des conseils communaux aux concepts de la décentralisation et de la déconcentration et aux outils de gestions administratives ; la vulgarisation du document de politique nationale de décentralisation et de déconcentration ; l’accompagnement des communes dans la construction des marchés, l’élaboration de la loi cadre et des outils de gestion sur l’aménagement du territoire. Autant de chantier que le ministre compte mettre en œuvre en 2009 avec bien sûr l’étroite collaboration des médias.
Comme c’est à dîner que les uns et les autres sont conviés , le ministre a partagé les mets servis au cours de la soirée avec les journalistes. Mais le contexte délicat actuel dans lequel est organisé ce dîner a été l’occasion pour les hommes et femmes des médias invités de poser directement au ministre les questions concernant le ministère de la décentralisation qui jusque là sont restées sans réponses. Il s’agit des interrogations relatives à la crise au sein de l’Association Nationale des Communes de Bénin (ANCB), de la non installations des conseils communaux, du découpage territorial ; du transfert de compétence aux collectivités locales et l’épineux problèmes de braquage au marché international Dantokpa de Cotonou. Point par point le ministre a éclairé la lanterne des journalistes.Crise à l’ANCB
Il est un secret de polichinelle que l’Association Nationale des Communes du Bénin ANCB est en crise. Interpellé sur la question le ministre Allassane Séidou déclare œuvrer chaque jour que Dieu fait pour arriver à l’obtention d’un seul bureau. Et selon lui d’ici quelques jours l’ANCB aura un seul bureau au regard des résultats de la médiation que lui et ses collaborateurs ont engagé depuis le début de la crise.
Non installation des conseils communaux et locaux
Les résultats des élections communales dernières n’ont pas encore livré leur verdict final pour plusieurs localités. Pour justifier ce blocage le ministre s’exprimait en ces termes. « Il faut reconnaître quelque soit sa sensibilité politique et en tant que patriote que les élections municipales en matière organisationnelle ont été une catastrophe. Il y a des localités où le nombre de votant dépasse largement le nombre d’inscrits ou encore le nombre d’inscrits pour les élections locales dépasse celui des inscrits pour élections municipales ». Mais depuis sa prise de fonction, le ministre Alassane Seidou a fait des pieds et des mais pour que plusieurs des conseils non encore installés le soient. Et à ce jour le ministre peut se déclarer fier d’avoir œuvrer pour que la majorité le soit et n’attend que les résultats de la Cour Suprême pour jouer sa partition.
Découpage territorial
Plusieurs journalistes se sont intéressés à l’épineux problème de découpage territorial et poser plusieurs questions dans ce sens au cours de ce dîner de presse. Entre autres questions, le contenu du rapport, les protestations ; le financement de ce rapport et la capacité de l’Etat à faire face aux charges qu’engendrerait la création de nouveaux départements.
Le ministre Allassane Séidou dans un franc parlé extraordinaire, a expliqué que le rapport ADJAHO n’est qu’une proposition. Une proposition qui sera soumise à l’appréciation des populations, du gouvernement et ensuite du parlement. C’est donc selon le ministre le début d’un long processus qui recueillera au mieux l’assentiment et l’appréciation de tous les acteurs concernés avant de faire l’objet d’un projet de loi qui sera soumis à l’intention des députés. Quant au financement des travaux de la commission, le ministre assure que ADJAHO et ses collaborateurs ne sont pas salariés mais reçoivent simplement des frais de missions égaux à ce l’Etat à l’habitude de payer à ses cadres en mission à l’intérieur du pays.
Transfert de compétences
La suppression de la taxe sur la voirie perçue au niveau du cordon douanier et reversée aux collectivités locales a été la principale question posée au ministre à cet effet. Allassane Séidou explique cette décision du gouvernement par le fait que la perception d’une telle taxe au cordon douanier augmentait les taxes payées par les conducteurs de camion ce qui du coup ne rendait plus le port de Cotonou compétitif. Ceci selon le ministre est une demande des gouvernements des pays de l’hinterland auquel a accédé le gouvernement béninois pour ne pas que ces opérateurs économiques abandonnent le Port de Cotonou. Un Port qui subit une grande concurrence de la part des ports de Lomé, de Téma au Ghana et le port d’Abidjan qui offrent des taxes moindres au opérateurs. Mais le ministre rassure que le gouvernement est en pourparler avec les dirigeants de la Renaissance du Bénin et tous les autres communes à statut particuliers pour « trouver des solutions compensatrices au manque à gagner que provoque la suppression de cette taxe au communes concernées.
Des explications qui ont sans doute convaincu les hommes des médias qui, contrairement à ce qu’on a l’habitude d’observer ; on applaudit le ministre à la fin de son développement.
Dieu-Donné KATAKOULA

