Le samedi dernier à Abuja, les dirigeants de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se sont réunis en sommet et ont prononcé, malgré les divergences la suspension de la Guinée, dirigée par des putschistes depuis le coup d’Etat militaire du 23 décembre. Ils ont estimé que le pays ne devait plus participer aux réunions de la Cédéao au niveau des chefs d’Etat et des ministres. «Il en sera ainsi jusqu’au retour de l’ordre constitutionnel», a expliqué à l’AFP Abdel Fatau Musah, directeur des affaires politiques de la Cédéao. En dépit de cette injonction, la junte militaire, dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara a rendu public un gouvernement de 29 membres où se côtoient militaires et civiles. Un gouvernement qui luttera à en croire son Chef, contre la corruption et le pillage des ressources publiques. On est tenté de dire pour être vulgaire ‘corruption mon cul !’ pour un dictateur qui bafouent les libertés élémentaires de son peuple. Comment un Capitaine comme Dadis dont la conception du pouvoir reste autocratique peut-il respecter le bien public ? Et justement, en spectateur libre la CEDEAO après sa résolution du Samedi dernier se réfugie déjà comme à son habitude derrière ce mutisme coupable qui bénit les dictateurs et leur laisse le champs libre. Les militaires sont bel et bien présent au pouvoir et n’entendent pas démordre. Après Conté, la louche publique change de camp et va aux Camara. Que peut Yar’Adua tout seul pour rétablir l’ordre ? Rien. Les peuples africains ont d’ailleurs compris cette stratégie inefficace qui consiste à faire deux jours de tapage pour donner l’impression d’être préoccupé et ensuite renouer avec le même silence complice, coupable et corrompu sur les bords. On se souvient encore du ‘bouquant’ orchestré par Obasanjo après le coup d’Etat de Faure au Togo. Il aura suffi que le Fils de Eyadéma descende en territoire nigérian avec toute la considération due aux aînés en Afrique pour retrouver les bonnes grâces de ses pairs. En vérité, toutes ces institutions régionales, sous régionales et même internationales sont des goulots d’étranglement à la justice et l’équité dans le monde. Il nous faut trouver autre chose que ce silence ennuyeux et sommeillant de nos instances ; autre chose que cette inanité qui nous aliène.Vital AHOTONDJI
Suspension de la guinée par la cedeao : Et après… Le même mutisme ?
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16 janvier, 2009
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