« La cour n’a pas dit le droit », pouvait-on malheureusement apprendre de certains politiciens casés au Palais des Gouverneurs de Porto Novo, au lendemain de la publication de la décision de la cour constitutionnelle ayant cassé la désignation des représentants des députés à la haute cour de justice. Ce qui faire dire que l’Assemblée Nationale béninoise de la cinquième législature se prépare à vivre de nouveau et ce, pour la énième fois, une crise politique. Après le fameux projet de destitution du président de l’institution le professeur Mathurin Koffi Nago (finalement voué à l’échec), les remous qui ont caractérisé les plénières bloquant les activités parlementaires pendant plus de trois mois, et le rejet du budget remanié de l’Etat exercice 2008 pour ne citer que ces moments de turbulences parlementaires, les honorables députés semblent revenir à la charge si l’on s’en tient aux réactions qui ont suivi la décision de la cour constitutionnelle relative à la désignation des députés devant siéger à la haute cour de justice. La désignation aura permis aux députés du G4, G13 et Force Clé de faire passer les siens au détriment des honorables députés de la majorité présidentielle notamment de Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE). Une situation qui a été pour la partie présidentielle, en perpétuel malentendu avec le camp d’en face, une couleuvre difficile voire impossible à avaler. Le recours adressé à la cour constitutionnelle qui a jugé inconstitutionnelle cette opération de désignation a permis de remettre le chrono à zéro, mais semble constituer le sous bassement de la pomme de discorde qui enflammera l’hémicycle les tout prochains jours.
En effet, la cour a rendu son verdict, les FCBE se préparent à prendre leur revanche sur les députés du camp d’en face qui s’agitent et le peuple croise les doigts attendant le dénouement de la polémique qui entoure actuellement la décision de la cour de Me Robert Dossou. Certes le chien aboie et la caravane passe, au regard de l’autorité connue à la cour constitutionnelle, mais ici, le passage de la caravane risque d’être difficile à gérer si l’on ne prend pas garde déjà que des voix se lèvent pour fustiger le verdict rendu par les sept sages de la cour. Du point de vue démocratique, déclarer sans arrière pensée que « La cour n’a pas dit le droit » relève d’une pure myopie intellectuelle de la part des auteurs qui sans doute n’ignorent pas que les décisions de cette cour sont irréversibles et sans recours. Dans une démocratie comme le Bénin, cela s’appelle purement et simplement « l’anarchie ». Et c’est pour fuir l’autre anarchie que la crise citée plus haut pourrait engendrer que les différents leaders politiques doivent s’accorder en acceptant de : remettre la balle à terre, prendre de la hauteur, privilégier l’intérêt de la nation et accepter de négocier. Lorsque deux éléphants se battent, ce sont les herbes du milieu qui en souffrent dit-on. C’est dire qu’au finish, le peuple sortira perdant des tiraillements inutiles qui caractériseront cette crise pourtant évitable comme cela a été toujours d’ailleurs le cas dans le passé. Il faut donc en prendre garde. Et prendre garde, c’est apprendre que la présidente de la Renaissance du Bénin (RB) Rosine Vierra Soglo, le président du Parti du Renouveau Démocratique (PRD) Adrien Houngbédji, le président du Parti Social Démocrate (PSD) Bruno Amoussou, le président Antoine Kolawlé Idji du Mouvement Africain pour le Progrès et le Développement (MDEP), l’enfant terrible de Force Clé Lazare Sèhouéto, le président du G13 Issa Salifou et le coordinateur national des Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE), se sont retrouvés autour d’une même table pour mettre à plat les différents qui les opposent et trouver un terrain d’entente pour faire avancer le pays comme ce fut le cas à la conférence nationale des forces vives de la nation de février 1990. Ainsi la crise sera non seulement évitable mais en définitive évitée. La démocratie béninoise, le développement et la cohésion sociale en gagneraient grand.Comlan Paul ODAH
Polémique autour du rejet par la cour des députés désignés pour siéger à la cour suprême : Vers une nouvelle crise politique, évitable
Laisse un commentaire
16 janvier, 2009
Pas encore de commentaires
URL TrackBackLaissez une réponse
Page d'accueil N.B. Vos commenatires feront l'objet d'approbation avant toute publication éventuelle.Articles afferents
- Chronique de Roger Gbégnonvi: Non pas la paix mais justice et paix
- Campagne électorale précoce dans les médias : La HAAC incapable !
- Après avoir montré son incapacité à diriger la CPS-LEPI : EPIPHANE QUENUM N’A PLUS RIEN DE BON A DIRE
- 4ème gouvernement du changement : QUE PEUVENT CES NOUVEAUX MINISTRES POUR 2011 ?
- Évangélisation au Bénin : LE MINISTERE DE LA PISCINE DE DELIVRANCE FETE SES 10 ANS D’EXISTENCE
Connexion
Commentaires Récents
- dans Prostitution dans la sphère universitaire béninoise : Un mal qui se répand da…
- dans Philibert Cossi Dossou-Yovo : Le béninois qui guérit le Sida
- dans Prostitution au Bénin: « Un métier qui permet de manger, mais qui fait souff…
- dans Lancement officiel de la fortification des aliments en micronutriments : LE GOUV…
- dans Décrispation de l’atmosphère à la cnss : Guillaume Attingbé plaide pour le…
- dans Entretien avec Abakè Assogba, fondatrice de l’organisation « Abake’s Foun…
- dans Entretien avec Abakè Assogba, fondatrice de l’organisation « Abake’s Foun…
- dans La Rrévision de la constitution au Bénin


