Cela fait déjà plusieurs mois que le dossier d’emprunt obligataire monté par la commune de Parakou avec l’appui technique de l’administration a été bouclé après avis favorable du conseil régional de l’épargne public et des marchés financiers de l’UEMOA. Mais depuis ce temps, plus rien. Pas même des effets d’annonce. Et pourtant, juste après son élection et peu avant l’installation du conseil municipal, l’actuel locataire de l’hôtel de ville de Parakou avait au détour d’une conférence de presse en date du 25 avril 2008 annoncé la mobilisation de 5 milliards de nos francs pour la mise en œuvre d’importants projets de développement local durable. Malheureusement, plus de sept mois après c’est le statut quo. Les nombreux projets de développement inscrits dans ce cadre sont carrément mis en veilleuse. Des indiscrétions font état de ce que l’emprunt obligataire gagné par Parakou devant des villes comme Dakar et Abidjan dont les dossiers ont été ajournés serait bloqué au niveau du pouvoir central sous prétexte que le gouvernement attend que d’autres villes comme Porto-Novo et Cotonou puissent elles aussi soumissionnées pour bénéficier de cette opportunité avant de libérer celui de Parakou. Pendant ce temps, sur le terrain, la population s’impatiente pour la concrétisation de ce projet, le premier du genre monté par une commune dans l’espace UEMOA (Union Economique Monétaire Ouest Africaine). Les autorités municipales quant à elles battent des pieds et des mains pour qu’il devienne une réalité. Lundi 15 décembre dernier encore, à l’occasion du lancement officiel des travaux de construction de l’aéroport international, en présence du chef de l’état le Dr Boni Yayi, le maire Soulé Alagbé n’a pas manqué revenir sur cet emprunt qui semble n’avoir pas de beaux jours devant lui. Il en a profité au cours de son allocution pour souligner l’importance que revêt ce projet dans le contexte de la modernisation de la cité des Koburu. Selon lui, pour garantir le rayonnement de l’aéroport international qui sortira de terre d’ici dix huit mois, la réalisation de certaines installations dans la ville de Parakou est impérieuse pour renforcer sa position de grand carrefour du nord-Bénin. La plupart de ces installations a indiqué le maire Alagbé sont contenues dans le dossier d’emprunt obligataire. Il s’agit entre autres de la construction d’une gare routière moderne (avec auberge, infirmerie etc.), la construction d’un centre d’affaire, la construction d’un centre international des conférences, la construction d’un hôtel de référence (4 étoiles), la construction d’une chaîne alimentaire pour la transformation des produits agricoles. Et pour lui, l’aboutissement de ce projet permettra à la ville dont il a la charge de jouer le rôle de ville pilote au bénin et en Afrique avant d’ajouter que l’expérience de Parakou, si elle réussissait, aura rassuré le gouvernement et l’amènera à s’engager progressivement pour ouvrir d’autres sources de financement aux communes. Le maire a au nom des populations et du conseil municipal salué l’implication personnelle du président Boni yayi et les dispositions qui sont en train d’être prises pour que, en plus du port sec qui tient à cœur la haute autorité, ces différents projets puissent connaître un aboutissement heureux. Actuellement des séminaires se tiennent aussi bien qu’à Parakou qu’à Lokossa et Porto-Novo pour examiner les modalités de mise en place d’un cadre institutionnel chargé de gérer désormais les emprunts obligataires. L’expérience de Parakou est un cas d’école à ces assises. Rappelons que l’emprunt obligataire à l’international est une procédure boursière à laquelle a souscrit municipalité de Parakou afin d’agir comme une structure privée. Il permettra de renforcer considérablement la capacité d’autofinancement de la cité des Koburu. Et la rentabilité avérée de tous les projets qu’il prend en compte donnera un bénéfice net évalué à terme à 14.161.916.000 F CFA. Un bénéfice qui pourra propulser la troisième ville à statut particulier sur la voie de l’émergence car, il pourrait servir à financer d’autres projets connexes. Espérons que ce plaidoyer du maire Soulé Alagbé ne soit pas tombé dans des oreilles de sou. Mais l’espoir est encore permis surtout avec la mise en place bientôt d’un cadre institutionnel chargé de gérer ces questions.
Maurice FADEGNON


