Quand on a un ennemi commun on s’associe pour l’abattre à-t-on l’habitude d’entendre. Les forces politiques du Bénin réunies en séminaire le week-end dernier à Abomey et Bohicon ont unanimement décidé d’unir leurs forces et de parler désormais le même langage. Au sortir de ces assises, ces forces n’ont pu malgré le langage diplomatique, s’empêcher de dire à la face du monde que l’essentiel des griefs qu’ils portent contre le pouvoir est mu par leur volonté de lui arracher le pouvoir en 2001. Une option traduite par le point 3 des résolutions issues du rassemblement folklorique de Bohicon qui appelle clairement à ‘’constituer un front commun contre le pouvoir actuel pour une alternative en 2011. On comprend donc aisément que les causes des différentes agitations et déclarations ne sont rien d’autres que d’empêcher le changement de s’opérer au Bénin. A cette allure il est impérieux de se demander ce que cherche les béninois pour leur pays si tant est que ceux là même à l’exception de Houngbédji ont unanimement soutenu au second tour l’actuel locataire du palais de la Marina. Le paradoxe dans ce regroupement qui a pour crédo l’Union fait la Nation, est que l’on constate des alliances contre nature entre Houngbédji et Soglo ennemis jurés qui aujourd’hui pour des raisons de ventre se sont mis ensemble pour combattre celui qui a porté il y a deux ans l’espoir de plus de 75 % des béninois. Si aujourd’hui la triade G4, G13 et Forces Clés mettent en place un front commun pour abattre Yayi Boni et son changement alors se pose un véritable problème d’éthique politique. Quand on pousse un peu plus loin l’analyse l’on est en mesure de se demander s’il s’agit de la jalousie, de l’acharnement ou d’une cabale politique soigneusement orchestrée contre Yayi Boni. L’autre aspect très important de ce regroupement hétéroclite qui semble être soutenu de l’extérieur et qui présage de mauvais augure certainement est que la campagne d’assainissement des finances publiques et de lutte contre la corruption gène des intérêts.
La mémoire courte de Soglo
Lorsqu’en 1995 tous les caciques de la classe politique béninoise se sont ligués contre la gestion clanique de Nicéphore Soglo alors président du Bénin, ils ont réussi à le chasser du pouvoir. Mais, cette méchanceté gratuite qui leur a permis d’aller dénicher le vieux caméléon de sa tanière a eu des conséquences très néfastes sur le bien être socio- économiques de béninois. Ce que les institutions de Breton Wood ont regretté au regard des grands chantiers entamés par ce dernier. Aujourd’hui, le président Soglo, victime de cette cabale se met à combattre celui-là qu’il a contribué à fabriquer d’une part et qui a suivi le même parcours que lui d’autre part, il est important de demander au respectable et respecté président Soglo de jeter un regard dans le rétroviseur. Il comprendra clairement qu’il est dans la même posture que ses ennemis d’hier et l’histoire, la têtue histoire retiendra simplement que la nation béninoise s’était trompée sur l’homme en 1990.
Bohicon a accouché d’une petite souris
Annoncé à grand renfort médiatique, le séminaire des forces politiques anti-Yayi tenu le week-end dernier a accouché d’une petite souris. En effet, le peuple béninois s’attend à un nouveau développement de l’actualité politique nationale ; mais malheureusement, on a assisté ni plus ni moins à un véritable dilatoire. Lorsque de parfaits illettrés de la trempe de Séfou Fagbohoun se font applaudir, l’on n’a pas besoin d’aller à l’école de Molière avant de comprendre qu’il est question d’une pure distraction de l’opinion publique. C’est ce qui traduit naturellement le boycott fait par les rois et tètes couronnées à ces assises qui, du reste n’ont aucune envie de marcher avec des marchants d’illusion en perte de vitesse et en mal de popularité. C’est dire qu’en tout état de cause, la grande montagne de Bohicon a accouché d’une petite souris.
Bientôt la division
Lorsqu’il s’agira en 2011 de désigner un candidat pour la pseudo alliance anti-Yayi, des gens qui s’entendent aujourd’hui comme des larrons en foire vont tout simplement s’entredéchirer. En effet, il sera difficile à cette nouvelle alliance de désigner un seul candidat qui fera l’unanimité et qui portera l’étendard du front anti-Yayi. Alors, qui de Houngbédji, Soglo, Sèhouéto fera concession ? A l’analyse, la solution est difficile à trouver et il faut s’attendre dans les prochains jours à une division qui ne sera pas outre mesure étonnante.
Dieu-Donné KATAKOULA


