Sociologue de l’éducation, Spécialiste en communication pour l’éducation, Inspecteur de l’enseignement maternel et primaire Il a travaillé dans les domaines de l’Inspection pédagogique ; l’évaluation des apprentissages ; l’élaboration et l’analyse des programmes d’enseignement ; la conception et la mise en œuvre de modules de formation ; la rédaction de manuels scolaires ; la pédagogie de la communication sociale ; l’encadrement et la formation des personnels d’enseignement, de direction, d’encadrement et d’inspection ; l’enseignement spécifique des techniques de lecture et de correction des déficiences de l’acte lexiqu,la liste est longue. Dans cette entrevue, Monsieur DONGBEHOUNDE aborde deux questions esentielles de l’éducation au Bénin.
Monsieur Justin Dongbéhoundé
Après 30 ans de service dans l’éducation, quelle lecture faites-vous du système éducatif actuel en tant que professionnel du domaine ?
Je pense que la comparaison des événements n’est pas une chose aisée en ce sens que les données d’une époque à une autre ne sont pas les mêmes. C’est vrai, j’ai fait 30 ans dans l’enseignement formel au profit des enfants de mon pays. J’ai eu à accumuler des expériences qui me permettent aujourd’hui de parler de ce que je sais le mieux. Je fais allusion à l’enseignement maternel et primaire. Beaucoup de choses ont été déjà dites et beaucoup de choses ont été faites. Cependant, il est possible d’accompagner ce qui est fait pour son approfondissement et son amélioration progressive. Alfred Binet disait déjà que : « même si tout a été fait, tout reste à prouver ». Cela est valable dans le monde du savoir.
De mon point de vue, il y a un problème d’absence de partage de responsabilité entre l’Etat, les parents et les collectivités. Et cette absence de partage de responsabilité, même si elle est en train d’être comblée, il faut reconnaître qu’elle influence négativement la qualité de l’offre de services éducatifs et la pertinence des programmes qui sont dispensés dans les structures d’accueil des petits enfants. Il s’agit là d’un problème majeur et la question est de savoir : comment éviter le charlatanisme, les initiatives généreuses mais infructueuses, les pertes de temps, les dépenses inutiles pour construire les outils d’éducation et de stimulation de l’éveil des petits enfants ?
Que pensez-vous faire pour aider l’Etat sur ce plan ?
Si des structures autorisées de l’enseignement ont besoin de l’aide de mon Agence, je veux dire, AGEFOC (Agence d’Etudes, de Formation et de Communication) nous sommes en mesure de les accompagner dans la recherche de solutions idoines aux problèmes qu’elles seraient amenées à nous poser. Dans le domaine de la pédagogie, beaucoup de choses se disent et beaucoup de choses se font. Cependant, les parents restent toujours inquiets et les apprenants s’interrogent sur leur devenir. Face à cette situation, il s’agit de réfléchir beaucoup plus profondément à comment apprendre aux enseignants à développer des espaces de compétence dans lesquels pour toute didactique disciplinaire, le rapport au savoir, qui reste en fait le but fondamental de tout projet de formation, est reconnu comme un système complexe qu’une modélisation analytique ne peut épuiser.
Je vous révèle ceci : j’ai élaboré un projet sur l’incapacité de lire des enfants de notre pays. Je l’ai titré à dessein « Chaque enfant sait lire ». Avant d’en arriver là, je suis parti d’un certain nombre de constats que je me réserve le droit d’énoncer le moment venu. Cependant, une question reste fondamentale de mon point de vue : les questions pédagogiques sont-elles des questions neutres ? Autrement dit, est-ce qu’il y a une pédagogie neutre ? Cette question m’amène aux deux formes d’école qui existent chez nous, l’école de la ville et l’école de la campagne, pour vous demander si l’école rurale s’intègre-t-elle parfaitement dans la logique d’une politique de développement de notre pays, face à l’isolement et l’éloignement des ressources classiques scolaires qui la caractérisent ?
Propos recueillis par fidèle VODOUNON

