A peine le décret portant modalités d’application de la loi 2001-36 du 14 octobre 2002 portant statut de l’opposition a-t-il été examiné et adopté en conseil des ministres par le gouvernement du docteur Boni Yayi, que les principaux leaders des formations politiques critiquant les actions du pouvoir en place mènent de véritables combats autour des avantages prévus par cette disposition. Hier sur le plateau de Golfe Télévision, le Directeur de cabinet du président du Parti Renouveau Démocratique (Prd)Joël Aïvo
a, au cours de l’émission « question d’actualité » indiqué clairement que les discutions sont en cours pour la désignation du chef de l’opposition parmi les leaders politiques qui ont fait le déplacement de Bohicon et d’Abomey le week-end dernier. Ces assises organisées par le G4 le G13 et Force Clé et qui n’ont pas pu consacrer officiellement une déclaration d’appartenance à l’opposition de la part des barons de la politique nationale en déplacement dans ces lieux traduisent, sans nul doute, l’échec des discutions et la l’ampleur des tractations qui se mènent autour de la désignation du chef de l’opposition. « Lorsque nous avions voté le statut de l’opposition, nous n’étions pas dans l’opposition », a dit Me Adrien Houngbédji dans son allocution comme pour signifier qu’il est actuellement et officiellement de ce camp après l’adoption par le gouvernement du décret portant modalités d’application de ce statut. C’est dire donc qu’il aspire enfin à cette position de chef de l’opposition qu’il a tant évité. Or, ce dernier depuis le 6 avril 2006 où il perdait les présidentielles face au docteur Boni Yayi est considéré comme le premier opposant de l’ère du changement, même s’il ne se déclare pas. Aujourd’hui, la charpente est complète et prête, comme reconnu par un membre influent du Prd, mais visiblement, les avantages divisent les leaders. Amoussou Bruno du Psd a toujours dit qu’il ne ferait jamais l’opposition mais le langage semble changer depuis l’adoption de ce décret. Mieux, il se fait sage et se porte en conseiller de ses pairs au séminaire de Bohicon et d’Abomey. « Nous mêmes, les maladies que nous déplorons chez les autres, nous en portons le virus. Nous dévons faire attention, nous devons êtres vigilants et tolérants » a-t-il dit. Le président Nicéphore Soglo après dix ans d’opposition au régime du général Mathieu Kérékou semble ne pas assimiler la leçon et pactise de plus belle avec ce camp malgré ses relations avec le président Boni Yayi pour le développement de la ville de Cotonou dont il est maire. Veut-il aussi être chef de l’opposition ? En tout cas, Lazare Sèhouéto et ses sociétaires de Force Clé ne le laisseront pas se taper si facilement les avantages liés à la position de chef de l’opposition. Le président du G13 Issa Salifou alias Salé de son côté comme les leaders de Madep à savoir Antoine Idji Kolawolé et Séfou Fagbohoun se battront aussi longtemps que possible pour jouir des fruits de leur combat contre le gouvernement avant et après la prise de ce décret. Ce qui fait dire que « l’heure est grave » au sein du bloc constitué par le G4, le G13 et Force Clé lorsqu’il s’agit pour eux de désigner officiellement le chef de l’opposition en leur sein et de s’en déclarer publiquement membres. C’est donc encore la guerre des intérêts qui est malheureusement l’une des maladies que déplore Bruno Amoussou qui divisent ce bloc et finira par l’atomiser.
Comlan Paul ODAH

