La tension politique qui prévaut aujourd’hui entre Boni Yayi et ses alliés du G13 s’apparente à maintes égards à un conflit de foyer, une histoire de couple où les commérages vont bon train. Tantôt le pouvoir tasse le G13 de bandits qui tiennent plus à leurs intérêts partisans et égoïstes qu’à ceux de la Nation, tantôt le G13 parle de non respect d’accord politique mais précise qu’il reste dans la mouvance présidentielle, bref, un méli-mélo indescriptible dans lequel des deux parties s’insultent et refusent de se séparer. Rien n’oblige Boni Yayi à vouloir rester coller au G13. De même, rien n’oblige le G13 à revendiquer son appartenance à une certaine mouvance présidentielle plurielle. Pourquoi les deux se lancent-ils des pics empoisonnés publiquement et s’asseyent en privé autour d’une même table de négociation ? C’est la belle preuve du « Jacques où es- tu ? » que ces deux entités politiques jouent à la face de la Nation. Les histoires de couple se règlent à la maison ou dans le lit conjugal et c’est à cela qu’ils sont conviés. Si le G13 est vraiment bandit comme on nous le fait croire, pourquoi avoir choisi de collaborer avec lui ? Boni Yayi savait en son âme et conscience la nature des membres du G13 avant de s’allier à eux à travers des clauses politiques. Pourquoi se surprend-il aujourd’hui de leur chantage ? Les deux camps sont donc invités à s’entendre car, en leur sein réside la solution à tous leurs problèmes. Aucun étranger, médiateur ou pacificateur ne peut trouver une solution durable à cette tension si ce n’est des entrailles du couple Yayi-G13. Mais Boni Yayi doit constamment se rappeler que la politique est basée sur un rapport de force et dans ce rapport, seul le respect des engagements contractuels consolide le pouvoir et l’électorat.
Vital HOTONDJI


