Suite à la fusillade enregistrée lundi dernier au campus d’Abomey-Calavi à la faculté des sciences économiques et de gestion (FASEG), votre journal s’est rapproché de certains étudiants de ce département, témoins vivants de l’incident. Il s’agit de Pierre TCHOUI, président des étudiants de la FASEG et de Mongni Elie KOKO, trésorier général du bureau d’entité FASEG, en maîtrise d’économie. Ils relatent ici, la substance des évènements ayant marqué ce lundi noir de l’Université Nationale du Bénin.
Le Pays Emergent : Présentez-vous aux lecteurs
- Je suis Elie Mongni KOKO, étudiant en maîtrise d’économie, actuel trésorier général du bureau d’entité FASEG.
- Que s’est-il réellement passé lundi dernier au Campus d’Abomey Calavi, dans votre département ?
- J’étais effectivement sur les lieux ce lundi du début jusqu’à la fin. Il faut dire qu’au niveau de la faculté des Sciences Economiques et de Gestion, nous avons pour habitude de faire la cérémonie de monter du drapeau, chaque lundi matin. Nous étions donc à notre cinquième lundi depuis le début de la rentrée. Le doyen a donc pris part à cette cérémonie ce qui a été chose effective. Au moment où on était en train d’exécuter l’hymne nationale, il y avait un groupuscule d’étudiants ceux de l’UNSEB, qui sont arrivés avec des coups de sifflets et des gourdins en mains. Pendant même le chant ils étaient en train de siffler de chanter et de crier ‘’Géro Amoussouga voleur, tu as détourné les fonds de l’université, tu as volé les ordinateurs remis aux étudiants…..’’Mais ayant une sécurité interne au niveau de la FASEG, la sécurité a essayé de maîtriser la masse estudiantine ou tout au moins de les calmer afin que nous puissions finir l’exécution de l’hymne nationale. Après cela, on devait passer à la phase d’information. C’est ainsi que le doyen a pris la parole et voulait placer un mot à l’endroit de ses étudiants. Mais nos amis de l’UNSEB n’ont pas permis au doyen de s’exprimer sur le champ. C’est ainsi que le doyen a demandé aux camarades étudiants et aux responsables à divers niveaux de faire entrer les étudiants dans les amphi, et que lui-même fera une tournée d’amphi en amphi pour passer son message qui portait sur les tenants et les aboutissants des réformes engagées au sein de la faculté car il y avait un peu de bourdonnement autour. Ce qui a été fait. Il est d’abord passé au niveau des étudiants qui étaient dans les rangs pour déposer leurs dossiers d’inscription et après il est passé par la SE2, la SE3 et la SE4. C’est ainsi qu’il a fini et il se rendait au niveau de la scolarité FASEG. Arrivé dans l’enceinte de la scolarité, il a dit aux dames de prendre des dispositions afin de pouvoir accélérer le processus de dépôt des dossiers. Après ça il a demandé à partir. Il sortait de l’université lorsque les étudiants de l’UNSEB en l’occurrence monsieur Assè Landry, président du syndicat et monsieur Makponsè Landry vice président sont arrivés avec leur bande devant la scolarité et criaient : « voilà le voleur. Lapider le. Voilà celui qui a bouffé les fonds de l’université. Voilà celui qui est en train de voler vos 5000 FCFA. Ne le laisser pas partir, tuez-le ». C’est ainsi que la sécurité interne de la FSEG essayait d’empêcher les gens d’approcher le doyen. Mais comme ils étaient trop chauds, ils ont réussi à vaincre certaines personnes au niveau de notre sécurité interne. Maintenant, ils sont arrivés vers le garde du corps du doyen. Quelqu’un qu’ils voulaient aussi neutraliser pour pouvoir atteindre le doyen. C’est ainsi qu’il y a un gars qui a essayé de discuter l’arme avec le garde de corps jusqu’à enlever le béret que le garde corps avait sur la tête. Comme ils étaient en train de discuter l’arme certains étudiants s’en sont mêlés car si les syndicats prenaient l’arme ce serait la débandade. C’est ainsi que le garde corps étant vraiment brutalisé voulait se relever. C’est donc dans ce geste qu’il a tiré. C’est ainsi qu’il y a eu des victimes.
- Certains syndicalistes acteurs et auteurs de l’évènement ont affirmé que c’est le professeur Amoussouga même qui a tiré. Etes-vous de cet avis ?
- J’affirme et je confirme que c’est archi faux et c’est très faux. Le doyen n’avait pas d’arme sur lui. Il était simplement là et c’est seulement son garde de corps qui était armé.
- Quel est l’état de santé actuel de vos camarades blessés qui sont admis dans les centres de santé de la place ?
Jusqu ‘à présent nous n’avons pas encore enregistré de décès. Le lundi au niveau du camp Guézo où nous nous sommes rendu, il y avait trois blessés dont deux étudiants de la FASEG et un étudiant de la FLASH. Après nous sommes allés du côté du CNHU où on nous parlait de 5 blessés. Parmi les 5 il y a un qui est déjà rentré parce que lui, la balle l’effleuré simplement la joue. Le reste, par la grâce de Dieu tout va bien pour eux. Tous sont hors de danger. Il n’y a donc pas de mort.
- En tant que responsable d’entité de la FASEG, quelle est votre position par rapport à cette situation ?
C’est regrettable parce que ce qu’on pouvait éviter ce qui s’est passé si les camarades étaient guidés par le bon sens. Ils pouvaient toutefois manifester sans pour autant toucher le doyen. ce qui a vraiment choqué les étudiants de la FASEG c’est que la réforme en question ne concerne exclusivement que les étudiants de la FASEG. Tous les étudiants de la FASEG c’est-à-dire ceux de la 2ème année jusqu’en 4éme année et même les nouveaux ont approuvé la chose. Les concernés sont d’accord mais les personnes extérieures, je n’ai pas compris ce qui a suscité leurs agissements. Ils balancent les pierres, ils chassent les étudiants. Au niveau de l’amphi 1000 les vitres sont cassées, de plus ils ont fait arrêter les cours. Ce qui est regrettable et déplorable. Nous, étudiants de la FASEG n’acceptons pas cet état de chose. Nous demandons aux différents syndicats de rester à l’écart ou de revoir leurs stratégies de lutte. Si c’est ainsi qu’ils vont lutter pour les étudiants, nous les étudiants de la FASEG on a pas besoin de leur soutien en ce sens.
- Présentez-vous aux lecteurs
- Pierre TCHOUI : Je me nomme Pierre TCHOUI, président des étudiants de la faculté des sciences économiques et de gestion (FASEG)
Etiez-vous témoin de l’incident malheureux du lundi dernier sur le campus ? Si oui, quelles sont vos appréciations ?
- J’étais témoin oculaire, parce que j’ai suivi la scène du début jusqu’à la fin. Et j’ai déploré le comportement des différents syndicats à divers niveaux y compris la Fédération Nationale des Etudiants du Bénin de même que l’UNSEB. Leur soutien tel quel, nous n’en avons pas besoin. Parce que vous ne pouvez pas défendre l’intérêt de quelqu’un sans son consentement. Nous, étudiants de la faculté nous n’avons pas refuser la réforme. Ce n’est donc pas à eux de refuser la réforme. si c’est ainsi qu’ils vont nous défendre, il faut leur dire qu’à partir de l’instant, le président du bureau d’entité de la FASEG n’a plus besoin du soutien de qui que ce soi. C’est une situation qui n’arrange pas l’étudiant béninois. Parce que hier j’avais vraiment honte. Mon titre d’étudiant ne vaut plus rien. Ce que je m’en vais dire à l’endroit des parents des victimes, est que le doyen a pris les soins en charge et qu’il n’y a pas de perte en vies humaines. Les blessés se portent bien et il n’y a pas de problème.
Interview réalisé par Dieudonné Katakoula et Ulrich Vital AHOTONDJI


